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Les marchands du temple n'ont pas (encore) récupéré Pâques

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oeufs peints ou lapins-chocolat, cabri au four ou fêtes du poisson, pleureuses de la Passion ou chants de la Résurrection, crécelles du vendredi ou cloches du dimanche, les jours de Pâques sont riches en traditions de toutes sortes. Reste à savoir si ces rites disent encore l'essentiel.

Ce contenu a été publié le 14 avril 2001 - 15:01

Que n'a-t-on déjà écrit sur les innombrables expressions populaires qui, à travers les âges et en tous lieux, disent la victoire de la vie sur la mort ou du moins l'espoir qu'il en sera ainsi en dépit de tous les signes qui semblent parfois annoncer le contraire?

Les peuples, ceux de l'hémisphère nord en tout cas, n'ont pas attendu le christianisme et ses certitudes sur la résurrection finale pour célébrer le renouveau cyclique de la terre, la transfiguration d'une nature passant de la léthargie hivernale à la tonicité printanière.

L'homme n'a rien trouvé de plus puissant que la symbolique de l'œuf pour traduire ce qui est à la fois simple et complexe, toutes les potentialités de la vie en devenir mais aussi son extrême fragilité, la préparation patiente de tout être à l'abri du monde mais aussi la nécessité de briser sa coquille pour enfin trouver sa vraie plénitude.

Mais l'œuf ne doit pas cacher la fête et les traditions n'ont plus sens si elles camouflent les rituels dont les ethnologues, anthropologues, sociologues, psychologues et autres spécialistes des sciences humaines ne cessent de nous rappeler le caractère indispensable.

Nous avons tous besoin de marquer des points de repères dans le temps qui tourne, de les commémorer ensemble parce qu'ils nous relient les uns aux autres. Pâques est, sans aucun doute, le vrai moment-clé de l'année que les marchands du temple n'ont pas (encore) réussi à faire basculer dans les registres du commerce.

Allusion, bien sûr, aux fêtes de Noël ou autres, et à un premier janvier qui n'a finalement d'importance que pour les administrations. Alors que dans le calendrier chrétien, Pâques survient le premier dimanche après la première lune qui suit l'équinoxe du printemps. D'où sa mobilité naturelle et conviviale sur l'échelle du temps.

Les rites, dit-on, meurent lorsque les croyances qui les ont fait naître cessent d'exister. De toute évidence, les œufs, lapins et autres coutumes pascales ne disent plus d'elles-mêmes le sens et les enjeux de ce qui faisait ces rituels festifs de la vie renaissante.

On entend dire aussi qu'ici et là des idées surgissent pour de nouveaux rites de passage, personnels ou sociaux, mieux adaptés aux modes d'expression d'aujourd'hui. Tout le contraire donc de cette locution se riant de ceux qui veulent «se faire poissonniers la veille de Pâques», c'est-à-dire s'engager dans une affaire quand il n'y a plus rien à y gagner.

Bernard Weissbrodt

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