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Les pacifistes une nouvelle fois au tapis

Le ministre de la Défense Samuel Schmid avec la députée Gabi Vermot.

(Keystone)

Le Conseil national a refusé mardi une nouvelle initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Les pacifistes demandaient la création d'un service civil volontaire pour la paix. La majorité bourgeoise de la Chambre du peuple a jugé la proposition superfue et confuse.

L'initiative populaire «la solidarité crée la sécurité: pour un service civil volontaire pour la paix» demande la création d'un service pour lutter contre les situations de violence en Suisse et à l'étranger. Les volontaires qui voudraient y participer, des hommes comme des femmes, serait formés gratuitement par la Confédération.

L'ensemble de la gauche s'est mobilisée en faveur de ce projet. Ses représentants ont souligné que plusieurs pays d'Europe, et en premier lieu l'Allemagne, se sont déjà lancés dans cette voie.

La gauche s'est également voulu rassurante. Plusieurs de ses représentants ont rappelé que cette initiative ne demande en aucun cas l'abolition de l'armée.

Pour Stéphane Rossini (PS/VS), ce projet présente en outre l'avantage d'offrir un vrai service civil. Selon lui, la Suisse a jusqu'à présent une vision «étriquée» du service civil et le réserve uniquement aux objecteurs de conscience.

La majorité bourgeoise est toutefois restée très sceptique face à ce projet. Plusieurs de ses représentants ont en premier lieu souligné que la Suisse est déjà très active dans la promotion de la paix. Introduire un nouveau service ne pourrait donc que créer des doublons et par conséquent des dépenses inutiles.

Le ministre de la Défense Samuel Schmid a d'ailleurs rappelé au passage que la Suisse est entreprenante. Elle a ainsi créé un pool de quelque 100 experts pour la promotion civile de la paix et un nouveau centre de compétences pour la promotion de la paix à Genève.

La distinction entre services militaire et civil ne sera pas claire a, en outre, souligné Edi Engelberger (PRD/NW). Autre problème: la Confédération n'aura pas le contrôle du travail effectué pour le compte de diverses institutions.

Mais surtout, les représentants de la droite n'apprécient pas vraiment le GSsA. Ainsi, pour Barbara Polla (Lib/GE), le problème «ce n'est pas cette initiative, mais toutes les autres initiatives du GSsA».

Or, pour la Genevoise, il n'est pas crédible de vouloir faire croire que ce nouveau projet ne s'inscrit pas dans une volonté de suppresion de l'armée.

Lors du vote final, les représentants de la droite ont réussi à emporter la décision contre une gauche groupée. L'initiative a été rejetée par 99 voix contre 64. Le Conseil des Etats avait déjà exprimé son refus sur cet objet.

Philosophe, Franco Cavalli (PS/TI) en a conclu que rien ne change sous la coupole: si une bonne proposition vient du «mauvais camp», on ne prend pas la peine d'en discuter.

Olivier Pauchard, Palais fédéral


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