Les patois romands se meurent mais ne se rendent pas

Sur plus d'un million de Romands de souche, seuls quelques dizaines de milliers les parlent ou les comprennent encore. La 14e rencontre fribourgeoise des amis du patois rassemble dimanche une centaine de personnes à Vounetz.

Ce contenu a été publié le 12 août 2000 - 11:34

Le «romand», descendant du bas-latin, est un des parlers «franco-provençaux» communs à tout le bassin rhodanien, explique Anne-Marie Yerli, écrivaine-patoisante à Treyvaux (FR), place-forte du patois.

Chaque idiome a ses caractéristiques et ses nuances mais les patoisants de Suisse romande, de Provence, de Savoie, du Haut-Piémont et du Val d'Aoste se comprennent largement.

Le parler fribourgeois a phagocyté des mots allemands. En Valais, les patoisants ont adopté des mots italiens et le débit de leur parler est plus vif que le fribourgeois. «Lorsqu'ils parlent lentement, nous les comprenons», dit Joseph Comba, président des patoisants de la Gruyère.

Sa société réunit 600 membres cotisants. Ce qui n'est pas peu pour une petite région. Le patois romand est surtout associé à la génération des plus de 50 ans. Mme Yerli note cependant un renouveau d'intérêt chez certains jeunes, pour qui l'étude du patois est un hobby.

Joseph Comba craint toutefois que la nouvelle génération ne parlera plus patois car elle ne l'entend plus. Alors que tous les moyens d'apprentissage existent. Selon lui, près de 90 pour cent des plus de 40 ans comprennent le patois, mais n'osent plus le parler.

Les amateurs disposent depuis le début des années nonante d'un dictionnaire de 25 000 mots. Tiré à 4000 exemplaires en 1992, il en reste 200 à la préfecture de la Gruyère, dont le titulaire est vice-président de la société des patoisants de la Gruyère.

Les patoisants ont divers moyens de garder vivaces leur langue, rencontres, sorties récréatives, pièces de théâtre ou messes, telle celle de dimanche à Vounetz, sur les hauts de Charmey, ou celle du souvenir à Bulle, tous les deuxièmes samedis de novembre.

La prochaine rencontre de la Fédération romande et inter-régionale des patoisants, en août 2001 à Saignelégier (JU), constituera un moment fort. Cette association qui regroupent Suisses, Français et Italiens se réunit tous les quatre ans.

Si les Jurassiens reçoivent, ils ne parlent pas la même langue. leur patois dépend de la langue d'oïl alors que ceux des Fribourgeois, Valaisans, Savoyards, Valdôtains et Piémontais se rattachent comme les Provençaux à la langue d'oc.

En dépit de l'enthousiasme des patoisants, les patois romands sont moribonds. Selon le dernier recensement fédéral de la population, seuls 2,1 pour cent des francophones disent parler exclusivement un patois romand.

Côté alémanique, les choses sont différentes. Plus de 90 pour cent parlent le dialecte dans leur vie quotidienne et quelque 65 pour cent d'entre eux disent même ne jamais parler le «bon allemand».

swissinfo avec les agences

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