Les relations suisso-russes sont au beau fixe

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avec la ministre suisse Micheline Calmy-Rey. Keystone

Vendredi à Moscou, la cheffe de la diplomatie helvétique Micheline Calmy-Rey s'est entretenue avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Ce contenu a été publié le 26 novembre 2004 - 19:29

Une certitude: les conséquences du crash d’Überlingen ne pèsent plus sur les relations suisso-russes.

Les épais flocons de neige et la température glaciale caractéristique de l’hiver russe n’ont pas refroidi la bonne humeur de la ministre suisse des Affaires étrangères.

«Les relations suisso-russes sont excellentes», s’est-elle réjouie au terme de sa rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Le crash d’Überlingen n’est plus d’actualité

Durant leur entretien, les deux ministres ont brièvement évoqué la catastrophe aérienne d’Überlingen. Les difficultés entre Berne et Moscou sont effacées même si les Russes estiment eux que la Suisse a trop tardé à indemniser les familles des victimes.

Micheline Calmy-Rey a remercié le gouvernement russe et celui du Baschkortostan pour leur collaboration positive.

Les discussions se sont donc presque exclusivement concentrées sur la question des relations bilatérales entre les deux pays et notamment sur la possibilité de les développer au mieux.

Economie et justice

La ministre suisse des Affaires étrangères a notamment mis l’accent sur la nécessité d’intensifier les relations économiques.

«Les échanges commerciaux entre les deux pays sont en croissance et 150 entreprises suisses travaillent déjà en Russie. Mais le potentiel n’est de loin pas épuisé», a déclaré Micheline Calmy-Rey.

A ce titre, une visite en Russie du ministre suisse de l’Economie Joseph Deiss est d’ailleurs programmée pour l’an prochain.

La Suisse et la Russie ont également examiné la possibilité de renforcer leur coopération policière et judiciaire.

«Nous sommes intéressés à une collaboration plus étroite avec les organes policiers et judiciaires suisses. Nous avons d’ailleurs la même approche de la lutte à mener contre le blanchiment d'argent, les fonds d'origine criminelle et le financement du terrorisme», a constaté Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a précisé que les discussions avaient principalement porté sur des questions d’ordre général et que les détails n’avaient pas été abordés. Ainsi, l'affaire Ioukos n'a pas été évoquée à cette occasion.

Pour mémoire, le Tribunal fédéral avait autorisé en été la levée du séquestre de deux milliards de francs suisses bloqué en mars sur ordre du Ministère public dans le cadre de l’affaire du géant pétrolier russe.

La Suisse réaffirme sa position sur la Tchétchénie



Micheline Calmy-Rey a en revanche longuement évoqué le cas de la Tchétchénie. Elle a rappelé la position suisse consistant à promouvoir le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire auprès des deux parties.

«La Russie considère le conflit en Tchétchénie comme un conflit interne. Nous espérons qu’il pourra être résolu par un dialogue pacifique. Mais une négociation ne sera possible qu'avec la médiation d’une tierce partie. Pour l’instant les deux fronts refusent cette idée. C’est pourquoi la Suisse n’a pas offert ses bons offices», a expliqué la conseillère fédérale.

Accords signés

Deux accords ont par ailleurs été signés en présence des deux ministres pour des projets de désarmement dans le domaine des armes chimiques, financés par la Suisse.

La Russie abrite près des deux-tiers des installations d'armement chimiques au monde. Berne la soutient dans le processus de désarmement.

A noter que cette visite de travail est la première que Micheline Calmy-Rey effectue en Russie depuis son entrée en fonctions il y a près de deux ans.

Au terme de son entretien avec Sergei Lavrov, cette dernière a également rencontré le vice-président de la commission de politique extérieure de la Douma.

swissinfo et les agencees

En bref

- Le but de la visite de Micheline Calmy-Rey en Russie était de renforcer les relations suisso-russes.

- La ministre suisse des Affaires étrangères a décrit les relations bilatérales comme excellentes.

- La catastrophe aérienne d’Überlingen ne grève plus les rapports entre les deux pays.

- Deux accords ont été signés pour des projets de désarmement dans le domaine des armes chimiques.

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