Moins de demandes d'asile...plus de chômage

Le nombre de demandeurs d'asile pourrait baisser de quelque 30% cette année. Keystone

Le recul du nombre de demandeurs d'asile entraîne la fermeture de nombreux centres de transit et d'hébergement dans toute la Suisse.

Ce contenu a été publié le 28 mars 2005 - 15:31

Conséquence: quelque 300 postes de travail ont déjà été ou seront supprimés à la Confédération et dans les cantons.

Selon le chef du Département fédéral de justice et police Christoph Blocher, le nombre de demandes d'asile pourrait passer cette année de 14’000 à environ 10’000.

Cette évolution entraîne des réductions d'effectifs à la Confédération, où 20 employés au bénéfice d'un contrat à durée limitée doivent notamment quitter l'Office fédéral des migrations (ODM). Elle va également toucher la majorité des cantons.

Selon une enquête réalisée par l'ats, il reste pour l’heure difficile d'obtenir une vue d'ensemble précise en raison des différentes compétences et du manque d'appréciation globale de la situation dans les communes.

Une partie des personnes concernées n'avaient aussi que des contrats à durée déterminée. Certaines ont pu être embauchées ailleurs dans l'administration ou sont parties d'elles-mêmes. Mais un grand nombre se retrouvent sans emploi.

Zurich et la Suisse romande

Le canton de Zurich, par exemple, a fermé l'an dernier une quinzaine de centres. Ce canton accueille le plus grand nombre de requérants, 17% du total, à titre de canton le plus peuplé de Suisse.

Conséquence, le canton de Zurich a dû licencier de manière indirecte plus de 120 personnes. Elles ont en fait été limogées par des organisations mandatées par le canton dans le secteur de l'asile.

En Suisse romande, le canton de Vaud a dû fermer cinq centres entre la fin 2004 et février 2005. Et près de 300 appartements seront remis sur le marché. Ces fermetures ont impliqué le licenciement de 11 personnes.

A Genève, une bonne centaine de places d'accueil vont disparaître d'ici le mois de juin. Si le nombre de demandeurs d'asile continue à baisser, entre 350 et 400 autres places pourraient connaître le même sort.

A Neuchâtel, 6,1 postes de travail ont été supprimés et un centre fermé. Le taux d'occupation des deux centres en fonction, qui peuvent accueillir 200 personnes, se monte actuellement à 70%.

En Valais, la réduction des places d'accueil ne concerne pas les centres, mais les appartements. Comme souvent dans ce secteur, la plupart des personnes employées sont au bénéfice d'un contrat de droit privé ou d'un contrat à durée déterminée. L'an dernier, entre sept et huit postes ont été supprimés. Une bonne dizaine devrait suivre cette année.

Dans le canton de Saint-Gall, la fermeture de quatre centres a provoqué le licenciement de 37 personnes. Les réductions d'effectifs touchent aussi les cantons d'Argovie (28 postes), Lucerne (25), Soleure (16), Tessin (9), Bâle-Ville (3,5), Thurgovie (3,3), Schaffhouse (2,4) et Glaris (1 à 2). Le canton de Berne n'a pour l'heure pas voulu donner de chiffres.

swissinfo et les agences

Faits

Il y a peu, les sénateurs suisses ont décidé de supprimer l’aide sociale aux requérants frappés d’une décision de non-entrée en matière et aux déboutés, de supprimer l’admission pour raisons humanitaires et de doubler la durée de détention en vue d’un renvoi.

End of insertion

En bref

- Un grand flou règne quant à la situation des demandeurs d'asile frappés de non-entrée en matière (NEM) depuis le 1er avril 2004, date de leur exclusion de l'aide sociale. Plusieurs cantons ont perdu la trace de centaines de personnes.

- Pour Christoph Blocher, seuls les requérants déboutés d'office qui coopèrent avec les autorités doivent pouvoir bénéficier de l’aide d’urgence. Il souhaite une modification de la constitution en ce sens.

- Pour le président du Tribunal Fédéral Giusep Nay un tel changement n’est pas possible. L'aide d'urgence est un droit fondamental.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article