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Pas de preuves contre Joseph Ackermann

Joseph Ackermann clame son innocence depuis le début de l'affaire.

(Keystone)

Prévenus dans le «procès du siècle» en Allemagne, le Suisse Joseph Ackermann, patron de la Deutsche Bank, et ses cinq co-inculpés pourraient être relaxé.

La présidente du Tribunal de Düsseldorf indique en effet n'avoir jusqu'ici trouvé aucune preuve de leur culpabilité.

Au bout de 11 semaines d'audience, et après l'audition des témoins les plus importants, aucun élément ne soutient les accusations d'abus de confiance et de complicité qui pèsent sur les six prévenus.

C’est ce que déclare mercredi la présidente du Tribunal de grande instance de Düsseldorf, Brigitte Koppenhoefer.

Le parquet a cependant décidé de maintenir ses accusations. Le procès devrait donc se prolonger comme prévu jusqu'en juin, à raison de deux audiences par semaine.

60 millions d’euros de primes



Le Tribunal doit se prononcer sur l'attribution controversée en 2000 de généreuses primes (quelque 60 millions d'euros) aux dirigeants de l'opérateur de téléphonie allemand Mannesmann, qui venaient pourtant de rendre les armes face à un raid hostile du géant britannique Vodafone.

Au terme d'une bataille boursière épique, Vodafone a enlevé Mannesmann pour quelque 180 milliards d'euros. Ce qui reste à ce jour l'OPA la plus chère jamais réalisée.

Le Suisse Joseph Ackermann, patron de la Deutsche Bank, la première banque allemande, était à l'époque membre du conseil de surveillance de Mannesmann, qui a approuvé le versement de ces «parachutes dorés».

C'est à ce titre qu'il est poursuivi, pour abus de confiance aggravé, tout comme l'ancien patron du puissant syndicat IG Metall, Klaus Zwickel.

Sur le banc des prévenus se trouve aussi l'ancien patron de Mannesmann, Klaus Esser, soupçonné de complicité d'abus de confiance. Il a touché à lui seul quelque 15 millions d'euros.

Soulagement

Si elle n'a trouvé aucune preuve d'abus de confiance, la présidente du Tribunal n'en a pas pour autant complètement blanchi les protagonistes.

Brigitte Koppenhoeffer estime en effet que le versement des primes était en partie «illicite au regard de la loi sur les sociétés par actions», autrement dit qu'il était contraire aux intérêts de l'entreprise.

Klaus Esser n'a cependant pas caché son soulagement. La prise de position de la présidente du Tribunal «va dans la bonne direction», a déclaré l'ancien patron de Mannesmann».

«Je pars du principe que le Tribunal arrivera à la même conclusion (soit la relaxe) à l'issue du procès», a commenté son avocat.

Les propos de la présidente sont aussi un soulagement pour Joseph Ackermann, qui clame son innocence depuis le début. Le patron de la Deutsche Bank, n'a fait aucun commentaire mercredi en quittant le Tribunal.

L'autorité de régulation financière allemande avait récemment laissé entendre qu'en cas de condamnation pénale, un patron de banque ne «jouit plus de la crédibilité suffisante» pour rester en place.

Une affaire symbolique

L'affaire Mannesmann a pris une dimension symbolique en Allemagne, où la polémique enfle depuis plusieurs mois sur les rémunérations des grands patrons.

D'un côté, les promoteurs d'une approche anglo-saxonne de la gestion d'entreprise défendent, à l'image de Joseph Ackermann ou de l'ancien patron de Vodafone Chris Gent, le principe de salaires attractifs.

Le banquier, qui distribue des centaines de millions d'euros de primes à ses employés chaque année, est lui-même le patron le mieux payé d'Allemagne. Chris Gent est quant à lui venu à la barre pour défendre le bonus accordé à Klaus Esser, qui a «créé une richesse immense pour ses actionnaires» en résistant à son OPA.

De l'autre côté, des syndicalistes et certains hommes politiques dénoncent des excès nés au temps de l'euphorie boursière et de la bulle technologique.

swissinfo et les agences

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