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Le père de wikileaks tance les Etats-Unis à Genève

Selon Julian Assange, il y a des centaines d'allégations d'abus sur les détenus commis durant la guerre en Irak.

(Reuters)

Julian Assange, fondateur du site internet wikileaks – qui vient de publier 400'000 documents sur la guerre en Irak – était à Genève jeudi. Il y a dénoncé le refus des autorités américaines d’enquêter sur les allégations de torture en Irak et en Afghanistan.

«Si les Etats-Unis veulent être crédibles dans leur rôle de pays qui défend les règles pour lesquelles ils se sont engagés, ils doivent mener des investigations en cas de violations plausible de ces règles», a dit l’Australien de 39 ans à la presse genevoise.

Les documents militaires publiés le mois dernier, qui couvrent la période allant de janvier 2004 à décembre 2009, contiennent des centaines d’allégations d’abus sur des détenus. Cela va d’agressions relativement mineures lors d'arrestations sous la torture dans les postes de police et les bases irakiennes, à des cas plus graves. Dans certains cas, les forces américaines sont intervenues. Mais généralement l’armée US a continué à remettre régulièrement des détenus aux autorités irakiennes.

De plus, selon wikileaks, ces documents, rédigés pour la plupart par des soldats sur le terrain, permettent de décompter 15'000 morts civils irakiens de plus que les chiffres officiels de l’armée américaine.

En juillet, le site internet avait déjà publié 77'000 documents secrets sur le conflit afghan. Julian Assange, qui est venu à Genève flanqué de deux gardes du corps, en a appelé à la publication de davantage de documents cette année, et pas seulement sur les Américains, mais aussi sur d’autres pays, comme la Russie et le Liban.

Le fondateur de wikileaks se trouvait dans la Cité de Calvin pour assister à la session du Conseil des droits de l’homme. Vendredi, l’organe onusien procèdera au premier examen périodique universel des Etats-Unis, qui n’en sont membre que depuis cette année.

La délégation américaine s’est dite ouverte aux critiques loyales sur le bilan du pays en matière de droits de l’homme, y compris s’agissant de discrimination raciale et de politique anti-terroriste. Le débat de ce vendredi s’annonce animé. Les pays musulmans ne manqueront pas de soulever la question des abus sur les prisonniers.

Pas d’enquête

Selon Julian Assange, les révélations de wikileaks n’ont pas suscité la moindre investigation de la part des Américains, alors même que d’autres pays, comme la Grande Bretagne et le Danemark, devraient s’y mettre.

Le 24 octobre, le vice-premier ministre britannique Nick Clegg a dit que les allégations de tueries, de torture et d’abus en Irak contenues dans les documents «nécessitaient d’être examinées».

Navi Pillay, haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, a également enjoint les Américains et les Irakiens à mener des enquêtes.

Selon la haut commissaire, les forces armées américaines ont continué de livrer des prisonniers aux Irakiens malgré les preuves que ces gens étaient torturés.

Selon un rapport récent d’Amnesty International, les Américains détenaient 23'000 prisonniers en Irak à la mi 2007. Aujourd’hui, à l’exception de quelque 200 personnes, ils ont tous été soit relâchés, soit remis aux forces de sécurité irakiennes.

Ainsi, selon Julian Assange, les abus ne seraient pas le seul fait des années Bush. Depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Américains auraient continué à livrer des prisonniers à des groupes dont ils savent qu’ils pratiquent la torture.

Les Etats-Unis ont pourtant signé la Convention des Nations Unies contre la torture, qui prohibe clairement ces pratiques.

En écho aux paroles de Julian Assange, Thor Windham-Wright, porte-parole d’Amnesty International voit là clairement une violation de la Convention onusienne. Et ajoute que les documents publiés par wikileaks ont fourni «de nouvelles informations importantes» sur la guerre en Irak.

Haute surveillance

Le Pentagone, de son côté rejette l’accusation d’avoir fermé les yeux. L’armée américaine maintient qu’elle a agi dans le respect des règles internationales, que tous les soldats ont été informés de leur obligation de rapporter toute allégation d’abus et que les rapports ont été transmis aux supérieurs et – au niveau approprié – aux Irakiens.

Les officiels américains ont également insisté sur le fait que les documents ne révélaient rien de nouveau et démenti l’accusation d’avoir sous-évalué le nombre de morts parmi les civils.

Le Pentagone a demandé à plusieurs reprises à wikileaks de lui rendre les fichiers, arguant que leur divulgation avait mis en danger la vie de soldats et de civils.

Selon Julian Assange, l’état-major américain s’est doté d’une «salle de guerre wikileaks», d’où 120 militaires, agents du FBI et de renseignements ont conduit des «investigations agressives» sur son site.

«Je me trouve, et notre organisation se trouve, dans la situation plutôt inhabituelle d’être à la fois les témoins de violations des droits de l’homme commises par le gouvernement des Etats-Unis et nous-mêmes les victimes de certains de ces abus», a résumé Julian Assange.

Wikileaks et la guerre en Irak

Le 22 octobre, le site Internet Wkileaks a publié près de 400'000 documents de l’armée américaine sur la guerre en Irak. La plupart de ces documents ont été réalisés par des soldats sur le terrain. Ils couvrent la période s’étendant entre janvier 2004 et décembre 2009.

Ils comprennent les allégations d’atrocités commises par les forces irakiennes sur leurs propres citoyens, comme des exécutions sommaires, des attaques à l’acide ou des tortures à l’électricité.

Les documents révèlent le fait que les forces américaines ramenaient les prisonniers irakiens aux forces locales pour des interrogatoires, même si ceux-ci montraient des stigmates de torture ou de mauvais traitements.

Les dossiers montrent que l’armée américaine détient le record de civils tués. Le nombre de victimes s’élève à 109'000, parmi celles-ci on compte 66'081 civils.

Ces nouvelles déclarations semblent confirmer les éléments du rapport d’Amnesty International sur les détentions illégales et la torture en Irak, «News Order, Same Abuses : Unlawful Detentions and Torture in Iraq». Publié en septembre 2010, le rapport détaille la large utilisation de la torture et d’autres mauvais traitements pratiquée en toute impunité par les forces irakiennes sur des détenus.

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Traduction et adaptation de l'anglais: Marc-André Miserez, swissinfo.ch

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