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Un sondage politique grandeur nature

Depuis leurs bureaux de Zurich, les experts de Vimentis comptent exclusivement sur Internet pour connaître l'opinion des Suisses.

(Ex-press)

Les politiciens ne sont pas toujours au diapason de l’opinion de la population. Pour mieux leur faire connaître le pouls du pays, l’association Vimentis propose un sondage sur Internet. Bien que non représentatif, il suscite l'intérêt des politiques.

Dans certains pays, on pense par exemple à la France, les sondages sont devenus un élément important de la vie politique nationale. En Suisse, ce phénomène est beaucoup plus modeste.

De grands sondages ne sont organisés qu’à la veille d’élections ou de votations fédérales. Bon nombre de journaux, principalement dominicaux, usent également de ce procédé, mais leurs sondages se bornent généralement à une question ou à un thème bien particulier.

Un instrument pour le politique

L’association Vimentis a un objectif plus ambitieux. Elle entend proposer au monde politique un instrument lui permettant de mieux prendre conscience de l’opinion de la population suisse par rapport aux grands thèmes du moment.

«Le sondage en ligne est né de la constatation qu’une grande partie des objets soumis au vote ont été rejetés durant les années passés, écrit l’association sur son site Internet. Cela démontre que la majorité de l’opinion publique n’était pas prise en considération lors de l’élaboration des projets.»

«Le but est d’améliorer la discussion entre le peuple et la politique, ajoute Valériane Moser, sa porte-parole pour la Suisse romande. Pour atteindre ce but, nous avons créé un sondage, afin de voir ce que le peuple pense et le dire aux politiciens.»

L’association collabore avec un comité de patronage composé des présidents des principaux partis politiques. «La collaboration avec le monde politique est très importante, relève Valériane Moser. Le but, pour nous, est que le sondage soit neutre. Ainsi, lorsque nous créons les questions, celles-ci sont examinées par les partis et le patronage. Nous les conservons une fois que tous les partis sont d’accord.»

Une banque de données

Comme président des Verts, Ueli Leuenberger fait partie de ce patronage. Il reconnaît que cette prise de température peut être utile. «Sur certaines questions, il est possible que les politiques n’écoutent pas assez l’opinion de la population, dit-il. Par exemple, dans les sondages sur les préoccupations de la population, l’environnement et les changements climatiques figurent en haut de la liste. Mais pour les dirigeants, aussi bien politiques qu’économiques, c’est une question qui a peu d’importance.»

Président du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droit), Christophe Darbellay salue également la démarche. «Je pense que l’intention de Vimentis est assez positive, déclare-t-il. Elle entend nous éclairer sur un certain nombre de grands sujets. C’est toujours un sujet qui colle de très près à l’actualité et je trouve intéressant de voir ce que les internautes en pensent.»

«J’ai toujours regardé assez attentivement les résultats, parce que cela donne des grandes tendances sur l’atmosphère et l’ambiance à un moment donné dans le paysage politique suisse, poursuit-il. Pour moi, comme président de parti, il est très intéressant de savoir un peu comment la population ressent des thèmes.»

Le sondage est organisé une fois par année, à l’automne. Il s’agit chaque fois de thèmes qui marquent l’actualité politique du moment. C’est ainsi que pour cette 7e édition, les questions portent sur l’éducation, la taxation des hauts revenus, le système de santé publique, la réforme du gouvernement et le système des retraites.

Les résultats sont conservés dans une sorte de banque de données en ligne qui s’étoffe au fil des ans. Ainsi, après sept ans d’activité, Vimentis est en mesure de proposer une vision de l’opinion des Suisses sur une palette de différents sujets qui vont de la politique des transports à la politique familiale en passant par la politique de sécurité.

Problème de représentativité

Le sondage de Vimentis souffre toutefois d’un handicap: il n’est pas effectué de manière scientifique. Normalement, pour refléter fidèlement l’opinion de la population, un sondage doit toucher toutes les composantes de la société, notamment en fonction du sexe, de l’âge, du revenu, du niveau de formation, etc.

Mais Vimentis n’a pas les moyens logistiques et financiers de procéder à une telle étude. Son baromètre de l’opinion ne repose donc que sur les personnes qui sont disposées à répondre aux questions en ligne, ce qui pose un problème de représentativité.

«Ce que l’on peut retirer de ce sondage est très relatif, constate Ueli Leuenberger. C’est l’expression d’une opinion des gens qui voulaient bien répondre à un moment donné. Ce sondage nous donne quelques indications, mais les résultats sont à prendre avec précaution. Tout comme d’ailleurs ceux des sondages qui prétendent être scientifiques.»

«Même s’il y a beaucoup de gens qui participent, il faut reconnaître les limites de l’exercice, confirme Christophe Darbellay. L’échantillon n’est pas forcément représentatif; ce sont des gens qui surfent en permanence sur Internet qui participent en priorité à ce sondage, mais pas forcément l’entier de la population.»

Du côté de Vimentis, on est conscient de ce problème de représentativité. Mais le sondage peut être rendu plus robuste, tout d’abord par le nombre de participants. «Jusqu’à présent, nous avons toujours eu de 20'000 à 25'000 participants et nous essayons d’en avoir 30'000 cette année», indique Valériane Moser.

«Nous essayons par ailleurs d’atteindre le mieux possible les différentes catégories de population, poursuit-elle. Par exemple, l’an dernier, nous avions pour partenaire seniorweb, afin de mieux toucher les personnes âgées, qui sont moins présentes sur Internet.»

De plus les réponses sont pondérées selon les critères d’âge, de sexe, de canton et de formation, sur la base des données fournies par le dernier recensement fédéral de la population.

Vimentis

Vimentis est une association dirigée est développée par une vingtaine d’étudiants. Ceux-ci sont suivis et coachés par un comité formé d’ancien membre de Vimentis.

Fondée en 2003, elle a succédé à «Perspective Suisse».

Son but est d’améliorer les décisions politiques ainsi que le futur de la Suisse.

L’association se finance exclusivement par des dons privés.

Elle compte cependant deux sponsors principaux qui sont Axpo (production d’électricité) et Steg (vente d’ordinateurs et de matériel électronique). «Ce ne sont que des partenaires» qui n’influent pas sur le sondage, précise Valériane Moser, porte-parole de Vimentis pour la Suisse romande.

Le sondage 2010 a débuté le 4 octobre et se poursuivra jusqu’à la fin du mois de novembre.

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