Quel sera l'après Kyoto?

«Kyoto couvre seulement 25% des émissions. La prochaine étape devrait porter sur les 75% restants.» Keystone Archive

Entré en vigueur ce mercredi, le Protocole de Kyoto se termine en 2012. Et déjà on parle de son successeur.

Ce contenu a été publié le 15 février 2005 - 11:03

Mais les discussions débutent à peine. Officiellement, l’héritier de Kyoto n’est même pas encore à l’agenda des prochaines rencontres officielles sur le climat.

Le processus promet d’être long pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto. Pourtant issu d’un compromis, ce dernier n’était pas parvenu à rallier les Etats-Unis et l’Australie.

Malgré cela, Kyoto est considéré comme un important pas en avant par Beat Nobs, responsable du secteur international à l’Office fédéral de l’environnement.

«Si nous n’étions pas parvenus à cet accord, nous aurions assisté à une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre, souligne-t-il. De plus, la question a été mise sur le devant de la scène et fait désormais partie des préoccupations politiques des Etats.»

Vers une stabilisation

Les spécialistes du climat confirment: Kyoto apportera un important changement, si ses objectifs sont atteints.

«Ce serait alors la première fois depuis des années que les gaz à effet de serre n’augmenteraient pas et, encore mieux, qu’ils diminueraient dans les pays industrialisés qui ont ratifié le traité», se réjouit Fortunat Joos, chercheur à l’Université de Berne.

Cela dit, le scientifique souligne que Kyoto n’est qu’une étape. Pour atteindre les objectifs de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, des mesures politiques contraignantes doivent être négociées.

La Convention de 1992 vise une stabilisation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. «Si l’on veut y parvenir, il faut réduire d’environ deux tiers le niveau des émissions de CO2 par rapport au niveau actuel d’ici la fin du siècle prochain», explique Fortunat Joos à swissinfo.

Le dioxyde de carbone a tendance à s’accumuler dans le système climatique. «Pour stabiliser le niveau de CO2, il faudrait donc réduire les émissions davantage que ce que prévoit le Protocole de Kyoto, selon le professeur. Ce qui signifie impliquer aussi les pays en voie de développement»

Convaincre les Américains

«Kyoto couvre seulement 25% des émissions, ajoute Beat Nobs. La prochaine étape devrait porter sur les 75% restants.»

Le plus important défi sera de convaincre les Américains. Les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le Protocole de Kyoto, émettent à eux seuls près d’un quart des gaz à effet de serre.

En décembre dernier, la conférence de l'ONU sur le climat de Buenos Aires a obtenu comme seul résultat que les négociations ne soient pas totalement rompues.

Une rencontre informelle est prévue en mai en Allemagne pour discuter de l’après-Kyoto. Mais, pour l’heure, la stratégie à adopter après 2012 est encore floue.

swissinfo, Scott Capper
(Traduction et adaptation de l’anglais: Alexandra Richard)

Faits

Pour remplir les exigences du Protocole de Kyoto, la Suisse a adopté une loi sur le CO2 en 1999.
Elle prévoit une diminution de 10% du CO2 par rapport au niveau de 1999.
En Suisse, le CO2 représente 80% des émissions de gaz à effet de serre.
En 2002, la Suisse a produit 7,3 tonnes de CO2 par habitant. Les Etats-Unis 19,8 tonnes et la Grande-Bretagne 9,6.

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En bref

- Le Protocole de Kyoto de 1997 est un traité additionnel à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques de 1992.

- La Suisse a ratifié le Protocole de Kyoto en 2003.

- Le Protocole vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays industriels de 5,2% d'ici 2012.

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