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Religion à l'école La presse suisse salue la décision de Strasbourg



Selon les juges européens et suisses, tous les élèves doivent apprendre à nager à l'école, indépendamment de leur religion. 

Selon les juges européens et suisses, tous les élèves doivent apprendre à nager à l'école, indépendamment de leur religion. 

(Keystone)

Les parents musulmans ne peuvent, au nom de leur religion, prétendre que leurs filles soient exemptées de cours de natation mixtes à l'école, a jugé la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). Les juges européens donnent tort à la famille turco-suisse qui l'avait saisie. La presse suisse est satisfaite.

La fermeté des pouvoirs publics pour contraindre les filles à participer aux cours de natation est, certes, une «ingérence dans la liberté de religion» des familles concernées, mais cette ingérence est justifiée au nom de «l'intérêt des enfants à une scolarisation complète, permettant une intégration sociale réussie selon les mœurs et coutumes locales», ce qui «prime» sur la volonté des parents, a tranché la CEDH. 

La Cour avait été saisie par un couple résidant à Bâle et possédant la double nationalité turque et suisse. Ces parents avaient écopé d'une amende pour avoir refusé, au nom de leurs convictions religieuses, d'autoriser leurs deux filles, alors âgées de 7 et 9 ans, à aller à la piscine dans le cadre de leur scolarité. Le cadre réglementaire applicable prévoyait de possibles exemptions pour des raisons religieuses, mais seulement à partir de la puberté. 

Les parents avaient contesté cette sanction, en vain, devant les tribunaux suisses, puis s'étaient tournés devant les juges européens en arguant d'une violation de leur liberté de conscience et de religion. La CEDH leur a donné tort, en relevant que les pouvoirs publics helvétiques avaient pour objectif la «protection des élèves étrangers contre tout phénomène d'exclusion sociale». 

«L'intérêt de l’enseignement de la natation ne se limite pas à apprendre à nager, mais réside surtout dans le fait de pratiquer cette activité en commun avec tous les autres élèves, en dehors de toute exception tirée de l'origine des enfants ou des convictions religieuses ou philosophiques de leurs parents», a argumenté la cour basée à Strasbourg. 

En outre, «des aménagements significatifs ont été offerts» à la famille, «notamment la possibilité (pour les filles) de porter le burkini» (tenue de bain intégrale), ont observé les magistrats européens. 

Presse satisfaite 

Ce jugement a été favorablement accueilli par la presse suisse. «En affirmant ainsi la valeur supérieure de l’intégration, la Cour rassure aussi les défenseurs de l’égalité des chances et des sexes, comme les partisans de la laïcité à l’école», affirme par exemple le quotidien romand «Le Temps». 

«Le verdict clair de Strasbourg est aussi important parce qu’il renforce les cantons qui ne veulent pas céder à des désirs particuliers motivés par la religion, mais insistent sur l’intégration scolaire des enfants», souligne la «Neue Zürcher Zeitung». Outre la satisfaction, le quotidien zurichois se montre également soulagé par ce verdict. «C’est un jugement qui ne surprend pas, mais s’il avait été différent, le signal aurait été fatal.» 

Différents journaux en profitent aussi pour décrocher quelques piques en direction de l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure) qui entre régulièrement en campagne contre l’islamisation de la Suisse et les juges étrangers. «C’est volontiers oublié, mais ce sont aussi nos droits de l’homme. C’est pourquoi les juges étrangers et suisses sont très souvent du même avis», note le  quotidien zurichois «Tages Anzeiger». 

«Au regard de futurs débats, cet arrêt montre aussi que les ‘juges étrangers’ ne sont pas toujours des moutons noirs et qu'ils sont capables de soutenir les décisions des autorités nationales», ajoute «Le Temps». 

Et le «Tages Anzeiger» de conclure: «Nous sommes au milieu de débats difficiles sur la manière dont les démocraties européennes peuvent se protéger contre la terreur du radicalisme islamique, sans pour autant menacer la liberté qu’elles entendent protéger. Les suspects doivent-ils être emprisonnés préventivement, les sympathisants du djihad doivent-ils être déchus de la nationalité? Cela va occuper les juges pendant longtemps. Ah si seulement tout était aussi clair que dans le cas de la natation à l’école.»

swissinfo.ch avec la agences/OP

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