Les enfants garderont leur siège auto jusqu'à 12 ans

Le Touring Club Suisse conseille d'emmener les enfants avec soi lors de l'achat d'un siège enfant. Keystone

Début octobre, un petit Zurichois de 3 ans se détache de son siège, tombe sur la route et se fait écraser. Quelques jours plus tard, le gouvernement adopte un renforcement des règles de sécurité pour les enfants en voiture, qui mettra la Suisse à l'heure européenne.

Ce contenu a été publié le 31 octobre 2009 - 13:59

Les deux événements ne sont toutefois pas liés. Une telle modification législative ne se décide pas en une semaine et le Touring Club Suisse (TCS) par exemple, la demandait depuis des années.

Dès le 1er avril 2010, les enfants jusqu'à 12 ans devront être assis dans des sièges homologués. La limite actuelle est à 7 ans. Les enfants de plus de 150 centimètres sont toutefois dispensés de ces mesures de protection, quel que soit leur âge.

La sécurité des enfants sera également améliorée dans les bus scolaires. Dès août 2012, les nouveaux véhicules devront être équipés de sièges d'enfants homologués fixes ou amovibles. En revanche, les bus déjà en circulation ne devront pas être adaptés.

Le gouvernement a décidé ce renforcement de la sécurité routière le 14 octobre, en réponse à différentes études du Bureau de prévention des accidents et du TCS. Mais aussi à une mise en conformité avec les normes européennes en la matière.

Concours de circonstances

Le TCS commente la mort de cet enfant de trois ans et explique que c'est «un évènement bien triste» mais qu'il résulte d'un concours de circonstances plutôt inhabituel. Selon la police, l'enfant a détaché la ceinture de son siège, a grimpé par-dessus ses deux frères et sœurs assis sur le siège arrière, a ouvert la portière de la voiture, est tombé sur la chaussée et a été percuté par un autre véhicule.

«Je n'ai jamais entendu parler d'un tel accident auparavant. La probabilité que cela se répète est vraiment infime, une chance sur un million, explique à swissinfo.ch Arthur Keller, expert pour la sécurité des enfants au TCS. Mais c'est une erreur que de prétendre que les sièges pour les enfants garantissent une sécurité absolue.»

Selon une commission économique des Nations Unies régissant l'Europe, les sièges pour enfants doivent être conçus de façon à ce qu'un enfant de deux ans puisse défaire sa ceinture seul, en cas d'accident ou d'incendie. Les boucles des ceintures doivent pouvoir être détachées d'un seul mouvement. Par conséquent, la Suisse ne peut pas vendre des sièges que seuls les adultes pourraient ouvrir. Il en va de la responsabilité des adultes de s'assurer que les enfants gardent leur ceinture attachée, ajoute Arthur Keller.

«Il est clair que la responsabilité en incombe au chauffeur ou au parent. C'est le devoir des parents que de dire, 'arrête ça, attache ta ceinture!'. Si l'enfant ne réagit pas, il faut alors arrêter la voiture en toute sécurité», commente Arthur Keller.

Impliquer les enfants

Le TCS constate que le problème majeur reste l'usage incorrect des sièges. Un enfant sur trois n'est pas correctement attaché dans son siège, ou le siège n'est pas correctement fixé dans le véhicule.

En sachant que la plupart des enfants n'aiment pas qu'on les mette dans leur siège, le TCS recommande d'impliquer les enfants lors du choix du siège, en les laissant choisir la couleur par exemple. Pour améliorer encore la sécurité des enfants, il faut aussi utiliser le blocage des portières arrière.

La proposition de l'Office fédéral des routes (OFROU) de rendre le siège enfant obligatoire jusqu'à l'âge de 12 ans (à moins de mesurer plus de 150 cm) a donc été approuvée par le gouvernement. Les nouvelles mesures entreront en vigueur au 1er avril 2010.

Antonello Laveglea de l'OFROU explique que la proposition a été faite pour être en accord avec le reste de l'Europe. Les tests effectués par le TCS ont aussi montré qu'un siège enfant est plus sûr qu'une ceinture de sécurité conventionnelle pour un enfant de moins de 12 ans. L'initiative avait le soutien du TCS qui, depuis 30 ans, conseille vivement aux parents de mettre les enfants jusqu'à 12 ans dans un siège ad hoc.

Le Bureau Suisse de la Prévention des Accidents explique que la mort de cet enfant de trois ans à Zurich montre une fois encore l'importance d'être attaché correctement. La campagne sur les ceintures de sécurité, «Attaché à la vie», met en avant la sécurité des enfants et souligne le fait que les conducteurs «ne font pas tout leur possible pour la sécurité des enfants».

Selon les statistiques 2007, un enfant sur six n'est pas attaché du tout.

Jessica Dacey, swissinfo.ch
(Traduction de l'anglais: Philippe Varrin)

COMPARAISONS internationales

Suisse: Actuellement les enfants de moins de 7 ans doivent voyager dans un siège pour enfants. Entre 7 et 12 ans, ils doivent seulement être attachés. Dès le 1er avril 2010, les sièges pour enfants seront obligatoires jusqu'à 12 ans.

Allemagne : Les sièges pour enfants sont obligatoires pour les enfants de moins de 12 ans ou de moins de 150 cm.

Autriche: Les enfants âgés de moins de 14 ans et de moins de 150 cm doivent voyager dans un siège pour enfants. Les enfants de plus de 135 cm peuvent utiliser une ceinture de sécurité pour autant qu'elle ne touche pas le cou.

France: Les sièges pour enfants sont obligatoires jusqu'à l'âge de 10 ans.

End of insertion

Statistiques

En Suisse, 108 enfants de moins de 4 ans ont été blessés dans un accident de la circulation en 2008, ainsi que 163 enfants âgés entre 5 et 9 ans et 190 âgés entre 10 et 14 ans. Dans cette dernière tranche d'âge, on déplore également un mort.

Tous âges confondus, les routes suisses ont tué 357 personnes en 2008. C'est le chiffre le plus bas enregistré depuis que les statistiques existent.

Le port de la ceinture à l'arrière a passé de 32% en 1995 à 68% en 2009. Le port de la ceinture pour les chauffeurs a passé de 35% en 1980 à 87% en 2009.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article