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Toujours plus de «superbactéries» à l'hôpital

Il y a davantage de risques d'infections dans les hôpitaux qui pratiquent un grand nombre d'opérations.

(Keystone)

Les cas de décès dus aux MRSA –bactéries résistantes à la plupart des antibiotiques – sont en hausse dans les hôpitaux suisses.

Les spécialistes de la santé estiment que la Suisse a du retard dans le contrôle des infections. Ils réclament des mesures plus efficaces.

Une étude publiée dans le dernier numéro de Swiss-NOSO – une revue médicale suisse consacrée à l’hygiène hospitalière – montre que le nombre de cas de MRSA a doublé entre 2002 et 2003.

«En Suisse, le taux d’infection est assez bas, mais il est en train de monter», déclare de Dr Hugo Sax, l’un des auteurs du rapport. Cette évolution pourrait être très inquiétante si nous ne prenons pas des mesures appropriées.»

Hugo Sax rappelle que le problème est déjà important dans certains pays proches de la Suisse.

C’est ainsi que les scientifiques britanniques ont lancé un avertissement début juin. Selon eux, les cas de décès dus aux MRSA pourraient doubler ces cinq prochaines années. Or quelque 5000 Britanniques meurent déjà chaque année suite à des infections contractées à l’hôpital.

Un problème de santé publique

Les MRSA (staphylococcus aureus résistants à la méticiline) sont généralement présents sur la peau et dans la salive. Mais ils ne sont dangereux que lorsqu’ils pénètrent dans les tissus. C’est pourquoi ils sont surtout répandus dans des hôpitaux pratiquant un grand nombre d’opérations.

Les infections dues aux MSRA conduisent souvent à des séjours prolongés à l’hôpital. Elles peuvent même être fatales pour des patients affaiblis.

Le taux moyen de mortalité suite à ces infections est de 35%. Cela constitue un vrai problème de santé publique. Un exemple pour s’en convaincre: on estime que le nombre de décès ainsi provoqués est de 80'000 par an aux seuls Etats-Unis.

C’est la raison pour laquelle Hugo Sax, qui travaille dans une unité de contrôle des infections aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), en appelle à un plan de lutte national.

Plus de risques dans les grands hôpitaux



L’étude, qui s’est basée sur 8500 patients dans 57 hôpitaux du pays, a révélé que 7,7% des patients en moyenne ont contracté une infection pendant leur séjour hospitalier.

Ce chiffre monte à 25% pour les patients traités en soins intensifs et même à 33% dans les soins intensifs des grands centres hospitaliers.

Au total, les MRSA ont été trouvés dans 45% des hôpitaux surveillés lors de l’étude et ont infecté 176 patients. Il faut cependant remarquer que les cas sont plus fréquents dans les grands hôpitaux.

Le taux d’infection est ainsi de 10,3% dans les établissements comptant plus de 500 lits, mais tombe à 4,9% dans ceux qui en comptent moins de 200.

Pour Hugo Sax, cette situation s’explique aisément. En effet, les grands centres comptent davantage de patients très gravement malades et très affaiblis.

«Il y a quatre principales sortes d’infections: les infections du sang, les pneumonies, les infections post-opératoires et les infections urinaires, qui sont les plus courantes», explique encore Hugo Sax.

Le médecin précise que ces infections sont surtout causées par la chirurgie invasive, par exemple lors de la pause de cathéters urinaires ou veineux. Or, vu le vieillissement de la population, ce type de chirurgie est de plus en plus pratiquée.

Une surveillance nationale



L’étude arrive à la conclusion que de nombreuses infections surviennent parce que le personnel soignant omet de se laver les mains correctement. Swiss-NOSO lancera donc une campagne de sensibilisation l’an prochain.

Selon Hugo Sax, ces campagnes d’information à l’intérieur des hôpitaux permettraient de réduire le 30% le nombre des infections.

«En Suisse, nous ne disposons d’aucune norme légale sur le contrôle des infections, ajoute-t-il. Ce n’est que récemment que nous avons développé une stratégie de surveillance nationale.»

En collaboration avec les hôpitaux et les autorités sanitaires, Swiss-NOSO travaille en effet à la mise sur pied d’un programme national de prévention et de récolte des données.

«Un tel outil existe déjà en Allemagne. Chaque hôpital est obligé d’enregistrer chaque cas d’infection. En Suisse, il y a encore un long chemin à parcourir», conclut Hugo Sax.

swissinfo, Isobel Leybold
(traduction: Olivier Pauchard)

Faits

L’étude a surveillé 57 hôpitaux du pays.
7,7% des patients ont contracté une infection (176 cas).
Le risque est plus élevé dans les grands hôpitaux (10,3%) que dans les petits (4,9%).
Le nombre d’infections a doublé de 2002 à 2003.

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