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Un ministre argentin relance l'affaire Menem

La ministre suisse de la Justice, Ruth Metzler et son homologue argentin, Gustavo Beliz.

(Keystone)

Gustavo Beliz, ministre argentin de la Justice, a rencontré mardi à Zurich son homologue Ruth Metzler ainsi que la cheffe de la diplomatie, Micheline Calmy-Rey. L’affaire Menem était au centre des discussions.

L’Argentine a choisi l’avocat Paolo Bernasconi pour établir la vérité dans une grosse affaire de corruption.

«Jamais notre pays ne s’est montré aussi déterminé à rechercher la vérité et consolider la lutte contre l’impunité et la corruption. Ma visite en Suisse en est la preuve. Nous venons d’ailleurs de nommer un avocat, Paolo Bernasconi, pour accélérer les procédures».

C’est en ces termes très diplomatiques que le ministre argentin de la Justice, Gustavo Beliz, nous a répondu mardi à l’issue de son entretien avec Micheline Calmy-Rey puis Ruth Metzler.

Il a ajouté avoir rencontré une «excellente disposition de la part des représentantes suisses».

Un «grand pas» a été franchi dans le règlement de l'affaire Menem, qui oppose l'Argentine à la Suisse, a par ailleurs déclaré Gustavo Beliz à l'AFP.

Ce dernier a précisé que l’Argentine et la Suisse avaient convenu d'accélérer la mise au point d'un nouveau traité de coopération en matière de criminalité, corruption et trafic d'armes.

Un contentieux compliqué

Il faut dire que les relations entre les deux pays étaient tendues.

Depuis deux ans, en effet, l'Argentine attend que lui soient notifiés les deux comptes suisses où sommeillent près de 7 millions de dollars appartenant à l'ex-président argentin Carlos Menem.

Les juges argentins ont aussi demandé que soit convoqué à Genève un témoin clef, Abolghassem Mesbahi. Cet ancien agent iranien, aujourd'hui réfugié en Allemagne, opérait en Suisse dans les années 1990. Mais, étrangement selon l’Argentine, le dossier - confié à la juge genevoise Christine Junod - n’a fait que s’enliser.

En septembre dernier, l'ambassadeur Guillermo Gonzalez est intervenu au niveau diplomatique. Le mois suivant, l’avocat genevois Christian Grobet a déposé une interpellation devant la Chambre du peuple (Conseil national). En vain.

Des résultats concrets

Cette fois, le ministre argentin de la Justice s'est déplacé en personne de Buenos Aires. Avec à la clef des résultats concrets.

Ainsi, une réunion entre magistrats suisses et argentins est prévue en février ou mars 2004 pour résoudre tous «les problèmes techniques qui entravent encore l’entraide judiciaire». En d’autres termes pour améliorer la rédaction des demandes d'entraide judiciaire.

Il faut dire que «l’affaire Menem» - une histoire est à tiroirs multiples - a passablement parasité les relations entre les deux pays.

Suite à plusieurs procédures ouvertes à Buenos Aires en lien avec Menem, l'Argentine a fait depuis 2001 des demandes successives d'entraide judiciaire à la Suisse, dont deux requêtes claires: la notification des deux comptes communiqués par les banques à la justice suisse et la convocation à Genève de Mesbahi, un témoin iranien, surnommé le «témoin C».

Fiabilité des témoignages de Mesbahi

Ce dernier, qui a prouvé sa fiabilité lors d’autres affaires, a affirmé aux juges argentins que 10 millions de dollars versés comme pots-de-vin par les services iraniens à l'ex-président argentin auraient transité par une banque genevoise située «au centre de Genève, à 200 mètres de l'Hôtel du Rhône. Le nom Luxembourg figurait à son entrée».

Cette somme aurait permis d’«acheter» l'arrêt de l'enquête à Buenos Aires sur les commanditaires de l'attentat contre le centre juif AMIA en 1994. Cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire du pays, a fait 85 morts.

Mais, Mesbahi va plus loin dans ses révélations. Selon lui, un compte de 200 millions de dollars se trouvant dans cette même banque a financé près de 400 opérations terroristes menées en Europe dans les années 90. Le témoin se dit prêt à venir identifier la banque à Genève. Ce que la Suisse lui refuse.

Pourquoi un tel refus? Des ordres auraient-ils été donnés de l'administration fédérale pour que l'affaire soit étouffée? «Impossible. Il n'est pas question que Berne intervienne dans une procédure cantonale. Cela irait à l'encontre du principe fondamental d'un Etat de droit», répond Folco Galli, porte-parole de l'Office fédéral de justice.

Aucun compte en Suisse

Aucun compte appartenant à l'ex-président Carlos Menem ni à d'autres personnes visées par une demande d'entraide judiciaire argentine n'a été découvert à Genève.

C'est ce qu'affirme de son côté le Département fédéral de justice et police (DFJP).

swissinfo, InfoSud/Carole Vann et Juan Gasparini

En bref

- Carlos Menem est accusé d’avoir dirigé en 1991 et 1995 un trafic d’armes vers la Croatie et l’Equateur.
- Les armes auraient dû rapporter 100 millions de dollars à l’Argentine, mais le pays n’en a encaissé que quarante.
- En octobre 2002, la justice genevoise a bloqué deux comptes liés à des proches de l’ancien président argentin. En tout, un montant inférieur à 10 millions de dollars.
- Selon un ancien agent iranien, un compte de 200 millions de dollars se trouve dans une banque genevoise. Il aurait permis de financer près de 400 opérations terroristes menées en Europe dans les années 90.

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