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Un pape idolâtré et critiqué

Impossible d'échapper au pape dans la presse suisse ce matin.

(swissinfo.ch)

Physiquement très affaibli, mais encore capable de mouvoir les foules comme une «superstar», Jean-Paul II fait ce matin la une de toute la presse suisse.

Au-delà du succès populaire, les commentateurs s’interrogent sur le sens de cette visite pastorale, au cours de laquelle on n’a pas évoqué les problèmes actuels de l’Eglise catholique.

«Affaibli, inaudible, mais superstar». A l’image du quotidien vaudois 24heures, les journaux suisses y vont tous d’une ou plusieurs pages spéciales consacrées à la visite de Jean-Paul II.

Tous mettent en avant l’impressionnant bilan chiffré de ces deux jours: 14'000 jeunes samedi soir à la BernArena et 70'000 personnes dimanche sur la plaine de l’Allmend, pour la plus grande messe de ces 50 dernières années en Suisse.

Exception notable: la Neue Zürcher Zeitung, qui accroche très discrètement le sujet, sans photo en première page et qui rappelle en page intérieure que ce week-end de liesse à Berne était aussi marqué par une interdiction totale de manifester.

«L’idole des jeunes»

«Sa voix saccadée délivre un message quasiment inaudible. Mais veut-on vraiment l’entendre? N’a-t-il pas déjà tout dit?», interroge La Liberté.

Pour le quotidien fribourgeois, les jeunes venus à la rencontre de Jean-Paul II «ne veulent pas aborder de sujets qui fâchent dans cette ultime fête avec grand-papa». Ils préfèrent poser sur lui «le regard des fans et des groupies».

La Tribune de Genève met elle aussi en avant cet aspect de «show à l’américaine», orchestré par un pape promu «idole des jeunes». Mais la rencontre «manque terriblement de contenu», estime le sociologue interrogé par le quotidien du bout du lac.

Dans le même registre, le théologien Leo Karrer rappelle dans la Berner Zeitung que «les stars et les idoles peuvent aussi fonctionner indépendamment du contenu».

Et le dialogue?

«Les adolescents en admiration devant le pape ne connaissent pas tous son conservatisme. Chanter et danser, c’est bien pour donner une image moderne d’une Eglise qui ne l’est pas», écrit Le Matin.

Et le quotidien romand de poser la question: «Le pape écoute-t-il les jeunes?» Aucune allusion au mariage, au préservatif, à l’eucharistie refusée aux protestants, cela traduit avant tout l’attitude d’un pape «obnubilé par l’unité au sein de sa propre Eglise».

Mais finalement, se demande le Blick, ces problèmes en sont-ils vraiment pour les jeunes «qui vivent leur religion comme un sentiment et non comme une institution»?

Reste le «culte triomphant de la personnalité», comme le relève le théologien Hans Küng dans la Basler Zeitung. Un culte qui peut même engendrer des «comportement hystériques», écrit la Südostschweiz.

«Mise en scène de la souffrance»

Au final, et peut-être grâce à cette manière de ne pas aborder les problèmes «des catholiques frondeurs et des protestants fâchés», le bilan de ces deux jours est «presque providentiel», écrit 24heures.

«La faiblesse du pape est maintenant sa force, note le quotidien. C’est le socle même du christianisme, avec Jésus-Christ battu, crucifié, mais ensuite ressuscité».

Un point de vue qui est également celui du sociologue interrogé par Le Temps. Pour lui, «la grande force de Jean-Paul II est qu’il colle très bien avec le star-système, jusque dans la mise en scène de la souffrance».

swissinfo, Marc-André Miserez


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