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L'incroyable témoignage d'une secrétaire d'Hitler

Dans le film, Traudl Junge affirme n'avoir jamais pu se pardonner son aveuglement. (Visions du Réel)

Un film défraye la chronique aux Visions du Réel. Celui qui retrace la vie d'une secrétaire d'Hitler durant la Seconde Guerre mondiale.

Incroyable mais vrai? «Je n'avais pas vraiment compris ce qui s'était réellement passé durant la Seconde Guerre mondiale», tels sont les derniers propos tenus par l'une des secrétaires d'Hitler, dans le film «Im toten Winkel».

Et Traudl Junge (c'est son nom) de conclure ce long métrage: «mais un jour, (après la guerre), j'ai réalisé que la jeune fille qui s'était opposée au régime nazi et qui avait été exécutée la même année (1942) que j'étais entrée au service d'Hitler, avait le même âge que moi. A ce moment-là, j'ai compris ne pouvoir faire valoir aucune excuse».

En 1942, Traudl Junge a 22 ans lorsqu'elle débute comme secrétaire dans les bureaux d'Adolf Hitler. A son service jusqu'en 1945, elle n'a jamais soupçonné le massacre des millions de Juifs dans les chambres à gaz.

Naïve à souhait

Innocente et naïve comme pouvaient l'être les jeunes Allemandes de l'époque, Traudl Junge décrit son dévouement et son admiration pour le Führer. Elle retrace aussi les trois derniers jours dans le bunker, avant qu'Hitler ne se donne la mort en présence de sa compagne Eva Braun. C'est encore elle, Traudl Junge, qui écrira le testament du Führer.

Dans le film, Traudl Junge affirme n'avoir jamais pu se pardonner son aveuglement. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle meurt, soulagée, la nuit même où le film «Im toten Winkel» est présenté au public à Berlin, en février 2002.

Car, jusque là, Traudl Junge avait gardé le silence sur ces années-là. Elle avait certes écrit ses souvenirs en 1947/48. Mais sans les publier.

La folie d'un homme

Ce n'est que récemment, avec l'aide de la journaliste Melissa Müller, à qui Traudl Junge avait envoyé ses manuscrits, que l'artiste multimédia André Heller et le réalisateur Othmar Schmiderer parviennent à convaincre l'ancienne secrétaire d'Hitler d'immortaliser ses souvenirs.

Ce long témoignage filmé laisse entendre qu'un être humain, fût-il le plus détestable, ne peut être «le Mal» incarné. Hitler était un homme prisonnier de ses ambitions démesurées et surtout d'un certain nombre de «concepts très théoriques», malheureusement mis en pratique (grandeur de la nation, purification ethnique).

Sa secrétaire Traudl Junge raconte d'ailleurs combien Adolf Hitler pouvait se montrer protecteur et bienveillant avec elle. Il lui arrivait de concevoir la pitié pour telle ou telle situation humaine. Mais, disait-il toujours, «la grandeur du IIIe Reich justifie les moyens employés».

Sentiment de culpabilité

Seule devant la caméra durant 90 minutes, Traudl Junge raconte, assise dans un fauteuil, les années de guerre 1942-45 qui ont marqué le 20e siècle. Elle est vêtue d'un pull orange, d'un foulard et s'aide de la main pour accompagner sa parole, quand elle ne fume pas.

Sur l'écran, la jeune secrétaire naïve a fait place à une belle dame de 80 ans. Les cheveux blancs coiffés en arrière, le regard vif et intelligent, elle raconte avec aisance et précision ce qui fut son chemin de croix: une conscience torturée par la mise en lumière progressive du nazisme.

Il est à préciser que Traudl Junge n'a jamais été membre du parti nazi. Ce qui n'empêcha pas les Russes, puis les Américains, de la constituer prisonnière. Lavée de toutes charges, Traudl Junge a ensuite travaillé pour le magazine «Quick» et comme conseillère pour le film qui parle des derniers jours d'Hitler «The last Act».

swissinfo/Emmanuel Manzi

«Im toten Winkel»: vendredi 14 h, samedi 20h

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