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Les visages du Tibet

Elégance de l’emballage et beauté du contenu.

(swissinfo.ch)

Le photographe romand Jean-Pierre Grandjean publie «Rencontres au pays de l'Océan de sagesse», beau recueil de photographies sur le peuple tibétain.

La chose se présente sous la forme d'un petit coffret bordeaux, où le texte en caractères orangé saute à nos yeux: nom du photographe, titre, mais aussi une spirale de paroles du VIe Dalaï-Lama. A l'intérieur, un DVD («Carnet de voyage au Tibet, 1998»). Et un petit ouvrage, orangé lui aussi, dont le motif sacré ornant la couverture est élégamment gaufré.

L'impression des photos (en trois «couleurs»: deux noirs et un gris) est parfaite. Il faut dire que Jean-Pierre Grandjean a un passé de graphiste et de publicitaire.

Bref, ce n'est pas pour rien que l'Office fédéral de la Culture vient de retenir «Rencontres au Pays de l'Océan de sagesse», tiré à 800 exemplaires, parmi sa sélection des «plus beaux livres suisses 2001» (qui sera présentée cette année dans le cadre de deux expositions, l'une à Zurich, l'autre à Lausanne).

Le choix de la confiance

Le livre de Jean-Pierre Grandjean n'inclut pas les habituelles photos du Tibet, temples et fabuleux paysages, fabuleux mais mille fois vus depuis que la mode s'en est emparée. Le photographe affirme d'ailleurs préférer les gens aux lieux, avoir besoin au minimum de «traces humaines». Au fil des pages s'égrènent donc des visages, saisis dans leur environnement.

Saisis, mais pas volés: «Je ne pense pas être un voleur d'images, précise Jean-Pierre Grandjean. Quand je vois des gens qui m'intéressent, je vais vers eux, je leur demande de pouvoir faire une photo. Si on m'adresse un refus, je ne vais pas commencer une chasse-poursuite pour avoir ce personnage: les images ne seraient pas bonnes.»

Et d'ajouter: «Par contre, s'il est d'accord, il y a une connivence entre lui et moi. Et là, c'est à moi, en 2 ou 3 déclics d'un 125e ou d'un 250e de seconde, d'avoir la bonne lumière dans les yeux, la bonne approche de ce personnage. Mais le portrait n'est en tout cas pas volé».

Sur les traces de Jonathan

Jean-Pierre Grandjean voyage parfois aux côtés du dessinateur Cosey, père de la série «Jonathan», un autre tibetophile notoire. Comment les deux artistes se déplacent-ils, comment travaillent-ils chacun à leurs projets? «On a préparé ces voyages ensemble, mais on les vit chacun à sa manière. On ne va pas voir les choses ensemble, main dans la main! On se raconte le soir ce qu'on a vu, on partage nos émotions de la journée, comme des voyageurs», répond le photographe.

Car ce ne sont pas les mêmes images que chacun va glaner: «Lui, par exemple, va chercher l'endroit où vit un moine, il va faire ses propres photographies. Il va voir comment est la chambre, le lit, où sont les livres, comment est la rue devant chez lui, de manière à restituer une ambiance de manière la plus authentique possible dans ses dessins».

«Moi, je vais chercher un événement, un endroit où il se passe quelque chose, où c'est plein de pèlerins, je vais faire des gros-plans de mains, avec des bagues ou des moulins à prière, chercher des expressions... Ce n'est pas du tout la même démarche».

Magnétisme de l'Orient

«L'Océan de Sagesse» (Editions Beau-Cèdre), c'est, pour Jean-Pierre Grandjean, une métaphore du Tibet. Mais c'est aussi, comme il le précise, une traduction mongole du nom «Dalaï-Lama».

Sans adhérer à l'aspect furieusement tendance du bouddhisme tel que le pratiquent certains Occidentaux en mal de spiritualité, le photographe reconnaît un intérêt certain pour la façon dont il est vécu là-bas: avec naturel, humanisme et humour.

Son prochain coffret sera peut-être consacré à la Birmanie, d'où il revient, après y avoir effectué un quatrième voyage. Orient, quand tu nous tiens...

Bernard Léchot

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