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«Eléments moins performants» ou l'échiquier de la vie

Le comédien Laurent Sandoz figure dans la distribution (SP)

A Genève, Sylvie Chaintrier met en scène la pièce de l'Autrichien Peter Turrini. Et s'attaque à l'actualité du chômage.

Sous son aile protectrice, Shakespeare a pris les «Eléments moins performants». Pas le Shakespeare de «Hamlet». Mais celui qu'invente l'Autrichien Peter Turrini dans sa pièce que met en scène, à Genève, Sylvie Chaintrier.

Bibliothécaire de son état, Shakespeare espère procurer aux sidérurgistes de l'entreprise où il travaille les rêves que les livres portent. Avec lui s'ouvre et se ferme la pièce dont le cœur battant est le licenciement et son corollaire le chômage.

Depuis une trentaine d'années, certains auteurs de théâtre tentent de recomposer l'image d'un étau qui se resserre autour des ouvriers. Parmi ces auteurs, Peter Turrini, chez qui l'aliénation sociale revêt les oripeaux d'une violence à laquelle Sylvie Chaintrier donne l'impulsion d'une fatalité.

La metteur en scène imagine la vie des ouvriers comme un jeu de l'oie animé par des coups de dés. Sur le plateau, elle fait coulisser des panneaux blancs, chaque panneau donnant à chaque séquence la forme d'une case.

Les acteurs (Sylvie Chaintrier, Thierry Jorand, Alex Pandev, Laurent Sandoz, Roland Sassi...) bougent ainsi de case en case, comme s'ils étaient poussés par des coups du sort. Sur cet échiquier théâtral, ils avancent avec plus ou moins de réussite.

Si certains d'entre eux parviennent à bien cerner la démesure de leurs personnages, d'autres ont du mal à se soumettre au rythme de Turrini. L'auteur multiplie, en effet, les ruptures de ton, faisant passer ses ouvriers de l'humour à l'horreur, de l'horreur à la poésie, de la poésie à la farce. A charge pour les interprètes de trouver le juste équilibre entre fragilité et infaillibilité.

Ghania Adamo

«Eléments moins performants». Genève, Théâtre du Loup; jusqu'au 17 juin. Tel: 022/301 31 00

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