«La Servante brillantissime» tonifie le corps et oublie l'esprit

Carlo Goldoni (1707 – 1793) (image tirée du site digilander.iol.it) swissinfo.ch

Edmond Vullioud crée au Théâtre de Carouge, à Genève, la pièce de Carlo Goldoni. Fade.

Ce contenu a été publié le 21 février 2002 - 10:25

On les appelait les entremetteuses, ces femmes qui autrefois concoctaient des mariages et favorisaient des rencontres entre hommes et femmes que le célibat a rendus capricieux.

Aujourd'hui, les entremetteuses n'existent plus sous le ciel d'Occident qui les a remplacées par «les petites annonces». Celles que relaient sur un ton souvent voyeur quelques magazines spécialisés.

Alors, on sourit un peu à la lecture de la «Cameriera brillante », pièce de Carlo Goldoni, colorée dans sa forme, ringarde par sa thématique, que Monique Lachère traduit en français (Ed. L'Age d'Homme) sous le titre «La Servante brillantissime».

Soit donc une soubrette rouée qui réussit, grâce à une ruse illustrée par une scène carnavalesque, à arranger le mariage des deux filles de son patron avec deux hurluberlus: l'un mondain et narcissique, l'autre rustre et rêveur.

Une énergie mal exploitée

Brandissant masques et truculence, Goldoni écrit là une pièce dans la tradition de la commedia dell'arte. Edmond Vullioud, acteur et metteur en scène genevois, la monte dans la petite salle du Théâtre de Carouge. Il s'entoure de jeunes comédiens fraîchement sortis du Conservatoire de Genève.

Ceux-ci sont pleins d'allant. Mais leur énergie est mal exploitée par le metteur en scène qui rate avec cette «Servante» une belle occasion d'exercer ses acteurs au jeu de rôles dont use avec bonheur Goldoni.

Là où on s'attendait donc à une rupture constante de ton, faisant passer (comme le suggère l'auteur) les personnages de la comédie à la farce, de la farce au mime, du mime aux larmes, on découvre une simple illustration de texte affadie par la redondance.

Ainsi, une gestuelle convenue redouble sans cesse les mots: lever les bras au ciel pour invoquer Dieu, bouger le popotin pour séduire son partenaire, donner un coup de pied dans une colonne pour marquer sa colère...

Bref, des exercices physiques qui tonifient le corps en abdiquant toute finesse d'analyse sur la comédie de l'amour.

Ghania Adamo

«La Servante brillantissime», Théâtre de Carouge, (GE); jusqu'au 24 mars. Tel: 022/343 43 43

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