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«Space Tourists», une semaine dans les étoiles

Le grand rêve de l'Espace...

(SP)

Amusant et émouvant, le documentaire du cinéaste alémanique Christian Frei raconte le voyage de la première touriste américaine dans l’espace. Une odyssée qui fait un pied de nez à la science fiction, montrant que même les rêves les plus fous se réalisent.

Une naissance pas vraiment comme les autres, car elle a lieu en plein air et en pleine steppe, au cœur du Kazakhstan. Les intervenants ne sont pas des médecins, mais des soldats de l’armée russe. Le nouveau né qu’ils ont entre les mains a 35 ans environ, ils viennent de le sortir délicatement du ventre d’une bulle qui ressemble à un météorite calciné.

L’accouchement ne s’est pas fait dans la douleur, mais dans le bonheur, lisible sur le visage rayonnant du nouveau né qui, à peine sorti de sa bulle, mange déjà une pomme. Normal, ce nouveau né est une Eve au joli sourire, qui répond au nom d’Anousheh Ansari.

Une auberge en plein ciel

C’est elle l’héroïne de «Space Tourists», documentaire du réalisateur alémanique Christian Frei. Un film conçu comme une fusée à trois étages, avec trois odyssées qui s’imbriquent: celle de l’ex-URSS, grand conquérant de l’Espace, celle des ferrailleurs kazakhs, et celle enfin d’Anousheh, femme d’affaires américaine, d’origine iranienne, ingénieur de formation, riche au point de s’offrir un voyage (à 20 millions de dollars) là-haut, au milieu de ces étoiles dont elle a tant rêvé, dit-elle, lorsqu’elle était toute petite.

C’est donc de là-haut qu’Anousheh débarque quand le film commence. Elle, la première touriste spatiale, réintègre le Vieux monde qu’elle avait quitté quelques jours auparavant à bord de la fusée Soyouz et en compagnie de deux cosmonautes russes. Décollage émouvant de la base de Baïkonour (Kazakhstan) pour un séjour d’une semaine sur l’ISS (International Space Station), vécu comme un temps hors du temps. Et retour sur la planète bleue, avec un atterrissage dans la steppe qui marque une renaissance.

Le film se nourrit d’un va et vient palpitant entre ciel et terre. Ascension et chute, accompagnées d’une réflexion métaphysique sur le Cosmos: grandeur de l’univers, petitesse de l’homme.

Mais Christian Frei a aussi le goût de l’anecdote. Son documentaire fourmille de détails amusants sur la «Cité des étoiles», centre d’entraînement pour le tourisme spatial, et sur l’ISS, station orbitale, occasionnellement «auberge pour 6 touristes de l’Espace».

Comme une créature de Chagall

Visite guidée, assurée par Anousheh Ansari filmée (par qui? on ne le saura pas) lors de son séjour (une semaine) à l’ISS. Dans les boyaux de l’immense engin, elle flotte telle une créature de Chagall, emmenant au cœur de cet univers en apesanteur les rêves de milliers d’hommes et de femmes. A la suite de son voyage «céleste», elle créera d’ailleurs l’Ansari X-Prize pour encourager le tourisme spatial.


Hormis son odyssée à elle, il y a celle des ferrailleurs, que le cinéaste suit ici à travers le regard de Jonas Bendiksen. Reporter-photographe russo-norvégien, ce dernier raconte l’épopée des hommes de la steppe qui, non loin de Baïkonour, guettent, après chaque décollage de fusée, la chute sur terre des propulseurs de lancement.

Un travail exténuant et dangereux qui consiste à rassembler la ferraille (semblable à des sculptures de Tinguely) pour la vendre ensuite à la Chine. Recyclés, ces débris servent à fabriquer des feuilles d’aluminium. On peut voir dans cette pratique une déchéance commerciale, un peu à l’image de l’ex-URSS, géant de la recherche spatiale, aujourd’hui Russie affaiblie, obligée d’alimenter sa recherche avec l’argent du tourisme américain.

A sa manière, le film apporte une vision désenchantée et attendrie d’un pays au décor vétuste. Telles que filmées, les bourgades autour de Baïkonour, ou ce qui en reste, ont quelque chose de théâtral. Elles évoquent curieusement l’atmosphère des romans de Fedor Abramov, cet écrivain russe qui dressa de l’ex-URSS une fresque douloureuse mais souriante, tissée avec une prose rurale.

Infos pratiques

«Space Tourists», documentaire de Christian Frei (Suisse, 2009). A l’affiche des salles romandes.

Du 10 au 21 novembre, il sera en compétition aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal.

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Christian Frei

Soleure. Cinéaste suisse, né en 1959 à Schönenwerd, dans le canton de Soleure.

Fribourg. Il étudie l’audiovisuel au Département du journalisme et de la communication de l’Université de Fribourg.

Indépendant. En 1981, il réalise son premier film documentaire et, depuis 1984, travaille comme cinéaste et producteur indépendant.

Docus. Parmi ses documentaires, citons «Ricardo, Miriam y Fidel», «War Photographer» et «The Giant Buddhas».

OFC. De 2006 à 2009, il préside le Comité documentaire à l’Office fédéral de la Culture.

Zurich / St Gall. Aujourd’hui, il est chargé de cours à L’Université de Saint-Gall. Il vit à Zurich

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swissinfo.ch


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