Navigation

Skiplink navigation

Cinquième Suisse

Aujourd'hui en Suisse

Chers abonnés,

Malgré la promesse de vaccins, la Covid pèse indéfiniment sur nos vies et nos emplois. Chez les réfugiés palestiniens, elle bouche un peu plus un avenir déjà désespérant, comme nous le dit Philippe Lazzarini, le nouveau commissaire général de l’UNRWA.

Pour changer d’horizon, je vous propose deux ouvrages: l’un présente l’expérience de personnes en quête de genre, l’autre ausculte le monde qui vient, celui du capitalisme de surveillance. Spoiler: il n’est pas trop tard pour échapper à ce trou noir.

Bonne lecture

Ce contenu a été publié le 20 novembre 2020 - 17:00
Keystone / Mohammed Saber, dans le camp d'al Shateaa à Gaza

C’est une visite fructueuse que le Suisse Philippe Lazzarini a effectuée mercredi et jeudi dans la capitale helvétique. Cette première rencontre entre le nouveau dirigeant de l’UNRWA et Ignazio Cassis arrive à point.

Après une crise de confiance intervenue en 2018, le ministère suisse des Affaires étrangères réaffirme son soutien sonnant et trébuchant à l’agence onusienne en charge des réfugiés palestiniens. Un soutien bienvenu pour l’UNRWA qui n’est toujours pas assurée de pouvoir verser les salaires de cette fin d’année à ses 30'000 employés. De quoi mettre en péril les écoles, les centres de santé et les services sociaux que l’UNRWA entretient dans les camps à sa charge.

«Nous sommes dans une situation exceptionnelle et dangereuse que l’agence n’a jamais connue de toute son histoire. C’est comparable à un avion qui va devoir bientôt opérer un atterrissage d’urgence pour éviter le crash», s'inquiète Philippe Lazzarini. Quoi que l'on pense des revendications palestiniennes pour un État indépendant, une cause d’ailleurs largement marginalisée aujourd’hui, l’UNRWA agit au niveau social et humanitaire.

«Je reste convaincu que ce n’est dans l’intérêt de personne dans cette région de voir l’instabilité surgir dans les camps palestiniens. Si l’UNRWA devait être perçue comme incapable d’accomplir son mandat par manque de ressources, cela ne pourra qu’alimenter chez les réfugiés palestiniens le sentiment d’avoir été abandonnés par la communauté internationale. Dans une région aussi volatile, c’est un désespoir supplémentaire qu’il faut à tout prix éviter.»

© Keystone / Christian Beutler

La Covid-19 perd du terrain en Suisse, mais la 2e vague est loin d'être passée, constate la RTS.

Le nombre de nouvelles infections au coronavirus diminue. La baisse est même plus rapide dans les cantons francophones, durement frappés par la pandémie.

Le pic de la deuxième vague de Covid-19 est-il passé en Suisse? Les experts restent prudents. Le taux de tests positifs très élevé, environ 25%, laisse craindre qu'un nombre important de cas ne soit pas détecté. D'autres indicateurs, comme la stabilisation du nombre d'hospitalisations, confirment toutefois qu'une amélioration se dessine en Suisse.

Cet été, le Conseil fédéral avait fixé la limite de la «zone à risque» à partir de 60 cas sur 14 jours pour 100'000 habitants. Or pour l'heure, tous les cantons du pays se situent largement au-dessus des 60 cas sur 14 jours pour 100'000 habitants.

L'épidémiologiste Antoine Flahault reste, lui aussi, prudent: «Je serais assez optimiste pour que, au moment des fêtes de Noël, on soit dans une zone de sécurité, c'est-à-dire dans une zone de circulation minimale du virus, avec le danger extrême que tout cela redémarre, notamment à cause des fêtes de Noël. Il faudra donc qu'on soit très prudent.» En maintenant les gestes barrières bien connus de toutes et de tous.

ÉPICÈNE

TRANS* raconte les parcours souvent douloureux d’hommes et de femmes, nés dans un corps qui ne leur appartient pas.

Ma consœur Katy Romy rend compte de cet ouvrage et des 46 personnes  présentées «qui ont pris le long et sinueux chemin de la transition, passant d’un genre à l’autre». Cela alors que tous les 20 novembre, lors de la Journée internationale du souvenir trans, de nouvelles données rappellent combien la transphobie continue à faire des ravages.

«J’étais arrivé à un stade où pour moi, il n’y avait plus d’autre solution. Soit j’entamais ma transition, soit j’allais mettre fin à ma vie, parce que j’étais vraiment trop mal», raconte Ryan dans l’ouvrage.

«Au fil du temps, la société a évolué vers davantage de tolérance, mais l’acceptation fait encore défaut», constate Lynn Bertholet, présidente de l’association ÉPICÈNE qui a publié l’ouvrage. Lynn Bertholet a fait sienne la citation de l’auteur mexicain Don Miguel Ruiz: «La véritable liberté est d’être libre d’être qui nous sommes vraiment.» Tout le monde peut s’y retrouver.

Keystone / La salle (Surveillance II) de l'artiste Leandro Erlich, exposée au CAFA Art Museum (Pékin, 2019)

L’Age du capitalisme de surveillance est de très loin l’ouvrage le plus important sur la société numérique à ce jour, souligne Le Temps.

Son auteure, l’Américaine Shoshana Zuboff, s’y «distingue remarquablement par sa volonté de vouloir non seulement décrire les symptômes, impacts ou conséquences du numérique, mais également de décrypter les lois de fonctionnement de ce qu’elle appelle le capitalisme de surveillance», écrit Mark Hunyadi.

«Capitalisme de surveillance» désigne cette nouvelle forme de capitalisme qui monétise un actif gratuit, l’expérience humaine, dont il s’approprie, par une extraction tous azimuts, les données, pour en faire des produits commerciaux.

Et mon confrère d’en conclure: «Il faut lire, intégrer et méditer les 800 pages de Shoshana Zuboff pour comprendre pourquoi la partie n’est pas déjà perdue, malgré les apparences.» Une lecture idéale en ces temps confinés.

Partager cet article