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Congrès de l’UASF La vague verte atteint aussi les Suisses de France

Les quatre principaux partis de Suisse ont présenté leurs positions sur plusieurs thèmes d’actualité en vue des élections fédérales d’octobre, au cours d’un débat animé par Ariane Rustichelli, la directrice de l’OSE (deuxième depuis la droite). 

(swissinfo.ch)

Climat, coûts de la santé et vote électronique: les représentants de la diaspora helvétique en France ont pu approfondir les positions des quatre principaux partis de Suisse sur ces trois grands thèmes. Le 61e Congrès de l’Union des Associations Suisses de France à Ajaccio s’est ouvert vendredi par un débat politique, durant lequel les préoccupations climatiques ont tenu le haut de l’affiche.  

Les jeunes marcheurs pour le climat, qui ont défilé dans les villes de Suisse faisant écho au mouvement écologique planétaire, interpellent les Suisses établis en France. La thématique s’est invitée au débat en vue des élections fédérales, qui a marqué l’ouverture du 61 Congrès de l’Union des Associations Suisses de France (UASF), vendredi sur l’Ile de Beauté. La table ronde, animée par le directrice de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) Ariane Rustichelli, réunissait des élus des quatre principaux partis helvétiques, venus courtiser les délégués de la «5e Suisse» dans l’Hexagone.  

«Nous ne pouvons pas accepter une loi sur l’énergie sans introduction d’une taxe sur le kérosène ou les billets d’avion»

Margret Kiener-Nellen, PS

Fin de la citation

Si aucun parti ne conteste l’objectif de la Suisse de diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, les solutions pour y parvenir divergent fortement. Le député du Parti libéral radical (PLR / droite) Laurent Wehrli regrette le rejet par le Conseil national (Chambre basse du Parlement) de la loi sur le CO2, en décembre dernier. «Les travaux du Parlement avaient édulcoré le texte pour éviter que la charge pour l’économie ne représente une marche d’escalier trop importante à franchir en une seule fois», a-t-il reconnu. Il a promis que son parti, qui n’a pas une tradition écologique, allait désormais placer le climat au rang de ses priorités.

Le parti socialiste (PS / gauche) avait en effet refusé le texte, estimant que les propositions formulées par le PLR et l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) l’avaient vidé de sa substance. «Nous ne pouvons pas accepter une loi sur l’énergie sans introduction d’une taxe sur le kérosène ou les billets d’avion, qui sont devenus trop bon marché par rapport au train», a précisé la députée socialiste Margret Kiener-Nellen.

Le représentant de l’UDC à Ajaccio Michaël Buffat a au contraire estimé qu’avoir des billets d’avion peu coûteux représente «une chance». Il a souligné que, pour son parti, «un environnement intact est indispensable à une bonne qualité de vie». «La solution réside néanmoins essentiellement dans la responsabilité individuelle. Nous sommes contre l’introduction de toute nouvelle taxe qui pèserait encore davantage sur le pauvre citoyen, qui doit toujours passer davantage à la caisse», a expliqué le député.

L'Union des associations suisses de France a été reçue vendredi à la mairie d'Ajaccio en présence de l'ambassadrice de Suisse en France, Livia Leu. 

(swissinfo.ch)

Le Parti démocrate-chrétien (PDC / centre droit), lui, estime que l’Etat a un rôle à jouer dans la sauvegarde de l’environnement, notamment à travers l’introduction de taxes et d’incitations à développer les énergies renouvelables. «L’énergie n’est pas assez chère pour qu’on fasse le raisonnement d’en consommer moins», a commenté le sénateur du parti Filippo Lombardi.

«Nous sommes contre l’introduction de toute nouvelle taxe qui pèserait encore davantage sur le pauvre citoyen»

Michaël Buffat, UDC

Fin de la citation

Quel remède à l’explosion des coûts de la santé?

L’explosion des coûts de la santé en Suisse est aussi source d’inquiétude pour les Helvètes émigrés dans l’Hexagone. Les quatre partis ont exprimé leur volonté d’endiguer les dépenses en la matière mais, sur cette thématique aussi, l’antidote varie selon la couleur politique.

Les socialistes préconisent un plafonnement des primes de l’assurance-maladie de base à 10% du revenu disponible des ménages et ont lancé en février une initiative en ce sens. «Le modèle de primes par tête est la maladie de notre système. Que je sois millionnaire ou dans le besoin, mes dépenses pour l’assurance-maladie seront identiques», a déploré Margret Kiener-Nellen, en soulignant que son parti ne permettra pas l’émergence d’une médecine à deux vitesses.

«Le seul but de l’initiative du Parti socialiste est de faire payer les frais de santé par les autres», a rétorqué le représentant de l’UDC Michaël Buffat. Comme dans le dossier du climat, il plaide pour davantage de responsabilité individuelle. «Nous devons instaurer un système plus libéral que celui que nous avons actuellement», a-t-il martelé. 

Le PLR a également mis en garde contre le risque de surconsommation de prestations médicales. «Il y a une tendance, plus marquée en Suisse romande, à demander l’avis d’un deuxième voire d’une troisième médecin. Il faut exiger davantage de responsabilité personnelle sur ce plan», a affirmé Laurent Wehrli. A l’image du troisième pilier de la prévoyance vieillesse (prévoyance privée pour les besoins supplémentaires), il imagine aussi l’introduction d’un pilier volontariste pour la santé.

Les représentants des quatre principaux partis de Suisse ont fait le voyage en Corse. De gauche à droite: Filippo Lombardi (PDC), Margret Kiener-Nellen (Parti socialiste), Ariane Rustichelli (directrice de l'OSE), Michaël Buffat (UDC) et Laurent Wehrli (PLR). 

(swissinfo.ch)

Miser sur la responsabilité individuelle des patients n’est pas suffisant aux yeux du sénateur PDC Filippo Lombardi. «En France, un médicament coûte parfois le quart de son prix en Suisse. C’est absurde», a-t-il commenté. Différentes solutions sont envisagées par le parti centriste, notamment revoir le système des coûts des médicaments, introduire le dossier électronique du patient et favoriser les prises en charge ambulatoires.

Attaque contre le vote électronique

En année électorale, la question du vote électronique, dont la généralisation est une revendication centrale et de longue date de la Cinquième Suisse, se fait évidemment brûlante. «Je vais me faire détester ici en disant cela mais je suis totalement opposé au vote électronique», n’a pas hésité à lancer l’UDC Michaël Buffat, suscitant effectivement des réactions de désapprobation dans la salle. Il se dit convaincu que le risque de manipulation est trop élevé. «Sur une feuille de papier, tout le monde peut constater qu’un nom est écrit dix fois, alors que personne ne comprend les algorithmes qui régissent le e-voting», a argumenté le député de la droite conservatrice.

Après l’abandon par le canton de Genève de son système de vote électronique et les failles de celui de La Poste pointées du doigt des hackers, le e-voting n’est pas en odeur de sainteté sous la Coupole fédérale. A Ajaccio, les élus des trois autres partis ont toutefois défendu fermement son introduction pour faciliter la participation des Suisses de l’étranger aux votations et élections dans leur pays d’origine.

A gauche, Margret Kiener-Nellen s’est montrée optimiste: «Je regrette la décision prise par le canton de Genève mais je constate que six des sept cantons qui utilisaient ce système ont annoncé vouloir continuer avec celui de La Poste. Ça va continuer.»

Certains membres de l’UASF, dont les cantons d’origine le permettent, ont d’ailleurs déjà testé et approuvé le vote électronique. Originaire du canton de Thurgovie, le président de l’Amicale des Suisses de Corse, Anthony Schadegg, qui accueille le 61e Congrès de l’UASF, a pris l’habitude de voter de manière électronique. «Peut-être que la sécurité pourrait encore être améliorée mais je fais confiance. C’est 100% positif», a-t-il estimé.

Les Suisses en France

En 2018, 760'200 Suisses vivaient à l’étranger. La France héberge la plus grande communauté d’expatriés avec 197'400 personnes, soit quelque 26% du total, devant l’Allemagne (90’400 personnes) et les Etats-Unis (80’400 personnes).

La présence des Suisses en France est très ancienne. Ainsi, certains clubs, amicales ou associations ont dépassé l'âge vénérable de 200 ans. En 1958, au 36ème congrès de l'Organisation des Suisses de l'étranger à Baden, l'impulsion a été donnée en faveur du regroupement de ces organisations sur le modèle de ce qui se passait alors en Allemagne ou en Italie.

L'Union des Suisses de France, devenue par la suite Union des Associations suisses de France (UASF), a vu le jour officiellement en 1959 à l'Abbaye de Royaumont (Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris).

L'UASF rassemble aujourd'hui près de 60 organisations. A la fin du mois d'avril, chaque année, l'UASF organise un congrès de trois jours au cours duquel a lieu son assemblée générale.

Les Suisses en Corse

L’Ile de Beauté plaît aux Helvètes, amateurs de randonnées et de nature. Quelque 460 Suisses sont installés en Corse. L’Amicale des Suisses de Corse, qui a organisé le Congrès marquant les 60 ans de l’Union des Associations Suisses de France, compte 25 familles adhérentes.

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