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A la Bâtie, tapis rouge pour le Canada

Une scène «Peepshow» de Marie Brassard.

Le festival pluridisciplinaire genevois accorde une place de choix aux comédiens, chorégraphes et musiciens venus du Québec.

Dans leurs bagages, beaucoup de talent et un grand sens de la communication observé notamment chez l'actrice Marie Brassard.

Elle dit: «J'appartiens à une génération qui, il y a dix ans, a commencé à exporter le Canada». L'œil pétillant, le sourire charmant, Marie Brassard ajoute: «Le rayonnement de la culture québécoise à l'étranger, c'est à une poignée d'artistes qu'on le doit».

Cette poignée est, depuis, devenue firmament. Aujourd'hui, les Canadiens éclairent de leur présence les festivals européens. Et la Bâtie n'est pas en reste, qui les leur accorde une place d'honneur pour sa 30e édition. Laquelle se tient à Genève jusqu'au 15 septembre.

Hormis Marie Brassard, comédienne et metteuse en scène de ses propres spectacles, il y a à la Bâtie Louise Lecavalier, chorégraphe fascinée par l'étude du mouvement. Il y a également le très attendu Mutek, un label de réputation internationale qui fait les riches heures de la musique électronique. Il est à l'affiche avec ses nombreux compositeurs dont notamment le DJ Akufen et le très inspiré percussionniste Guillaume Coutu-Dumont.

Faire voyager le Québec



Marie Brassard connaît tout ce beau monde. «Entre nous existe une complicité de longue date, lâche-t-elle. Peut-être parce que nous avons fait voyager le Québec dans le monde et avons contribué, chacun dans son domaine, à la création d'un nouvel art scénique qui réinvente la performance à partir des nouvelles technologies.»

Assemblage savant de musiques chez les compositeurs du Mutek donc. Et mixage de voix tout aussi savant chez Marie Brassard. Dans son solo «Jimmy créature de rêve», un processeur de sons lui permet de jouer sur la transsexualité. Homme et femme en même temps, elle efface les frontières entre les identités.

Même démarche dans «Peepshow», son second spectacle présenté à la Bâtie. Là aussi, l'actrice interprète plusieurs personnages, entremêlant les genres et les sexes.

Le flou est nécessaire



«Entretenir le flou est nécessaire dans un monde miné par l'intégrisme, où chacun semble détenir une vérité absolue, posséder une opinion immuable, confie-t-elle. La voix des artistes est à cet égard importante parce qu'elle propose une réalité rêvée.»

Voici donc Marie Brassard rêvant une planète sans frontières, à l'image de l'Europe. «Je suis Américaine, mais je me sens beaucoup européenne, lance-t-elle. L'autre jour en débarquant à Genève tout me semblait tellement clair, tellement simple. Un sentiment de confort humain très grand! Peut-être parce que Genève est précisément une ville internationale où la notion d'identité s'efface au profit d'une riche mixité».

swissinfo, Ghania Adamo

Programme canadien

La Bâtie-Festival de Genève, jusqu'au 15 septembre.

«Peepshow», de et par Marie Brassard, les 8 et 9 septembre à 21 h, à la Comédie.

«Carte blanche Mutek», le 6 septembre à 21h, au Casino Théâtre, le 7 septembre à 21h au Casino Théâtre et à 23h, au Palladium.

«Lone Epic», «Lula and Sailor» et «I Is Memory» de Louise Lecavalier, les 12 et 13 septembre à 20h30, à L'Esplanade du Lac, à Divonne-les-Bains (France)

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Marie Brassard

Comédienne et metteuse en scène québécoise de 48 ans, elle travaille d'abord avec Robert Lepage, cinéaste et metteur en scène montréalais de renom. Sous sa direction, elle interprète plusieurs créations au théâtre comme à l'écran.

Dans le cadre du Festival des Amériques, à Montréal en 2001, elle amorce ses premières explorations technologiques sur le son avec sa pièce "Jimmy créature de rêve".

C'est en 2001 également qu'elle fonde sa compagnie Infrarouge dont elle assume aujourd'hui la direction artistique.

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