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Ce Bernois qui n'était pas suisse

Paul et Felix Klee sur le balcon du Kistlerweg 6, Berne, 1934.

(ZPK/Donation fam. Klee/Franz Aichinger)

De nationalité allemande, Paul Klee est mort avant d’avoir pu devenir citoyen bernois.

On peut peut-être s’en féliciter puisque c’est pour cette raison que son héritage est resté à Berne et a permis de constituer le Centre Paul Klee.

On reproche encore à Berne d’avoir trop tardé à accorder sa naturalisation à Paul Klee: elle est intervenue après son décès. L’ouverture du Centre Paul Klee, le 20 juin 2005, est, selon les mots de l’ancien président de la ville Klaus Baumgartner, «une chance unique de faire amende honorable auprès de Paul Klee et de sa famille». Et pourtant, la réalisation de cette institution n’aurait pas été possible si Paul Klee avait été naturalisé de son vivant.

Indésirable dans l’Allemagne nazie

Dès leur arrivée au pouvoir en Allemagne en 1933, les nazis s’en prirent aussi aux représentants de l’art moderne. L’appartement de Paul Klee à Dessau fut perquisitionné par la police.

Bientôt, les artistes «dégénérés» furent interdits et Klee suspendu de son poste de professeur à l’Académie de Düsseldorf. Le 23 décembre 1933, celui-ci vint s’exiler à Berne avec sa femme Lily.

En exil dans sa patrie

Paul Klee était né à Berne, il y avait suivi sa scolarité et il y a été enterré. Mais son père, un Allemand, n’avait jamais demandé sa naturalisation. C’est donc en tant qu’étranger que l’artiste retourna dans sa ville natale.

Dès le printemps 1934, Klee présenta une demande de naturalisation, rejetée en vertu de l’Accord de Berlin du 4 mai 1933. Cet accord stipulait que les ressortissants allemands ne pouvaient obtenir la citoyenneté que s’ils séjournaient en Suisse depuis cinq ans sans interruption.

En avril 1939, Klee fit une deuxième tentative. Sa demande fut minutieusement examinée par la police. Car, comme dans l’Allemagne nazie, la confrontation entre l’art traditionnel et l’art moderne s’était durcie. Dans l’opinion publique, les modernes étaient taxés de gauchisme.

Mort avant la naturalisation

Un policier adressa au chef de la police cantonale bernoise un dossier contenant une mise en garde sur la mauvaise influence que l’art de Klee, assimilable à une maladie mentale, pouvait exercer sur la culture locale. Un autre rapport mettait en cause la profondeur des liens que Klee entretenait avec la Suisse.

Malgré cela, le 19 décembre 1939, la demande de Klee obtint l’aval des autorités fédérales. Il pouvait donc demander la citoyenneté bernoise. Après de nouvelles auditions, le Conseil municipal se prononça le 5 juillet 1940. Mais Paul Klee devait mourir une semaine avant la séance. Son cas ne fut donc pas tranché.

Bien que toujours citoyenne allemande, la veuve de Klee, Lily, est restée à Berne pour s’occuper de la succession de son mari. En septembre 1946, elle tomba gravement malade. Son fils et unique héritier, Felix, venait de d’évader d’un camp russe de prisonniers pour retourner en Allemagne.

Empêcher la dispersion

A la mort de Lily, l’ensemble de la succession, et donc l’héritage artistique de Paul Klee, devait revenir à Felix. Mais l’accord de Washington conclu par les Alliés et la Suisse, exigeait la liquidation de tous les avoirs allemands en Suisse.

Afin d’empêcher la vente de la succession, un groupe de collectionneurs bernois amis du couple Klee racheta le tout deux jours avant la mort de Lily, le 20 septembre 1946. C’est ainsi que Hans Meyer-Benteli, Hermann Rupf, Rolf Bürgi et Werner Allenbach furent à l’origine de la Société Klee, dans laquelle ils transférèrent la collection.

Nouvelle réunion après 52 ans

En 1948, Felix Klee et sa famille s’installèrent à leur tour à Berne. L’unique héritier fit valoir ses droits sur la succession. Après une bataille juridique de quatre ans entre Felix et la Société Klee, un accord extrajudiciaire fut finalement conclu en 1952. La succession serait partagée et les deux collections restaient à Berne.

Grâce à l’initiative des héritiers de Felix Klee, la Fondation Paul Klee et les autorités bernoises ont été en mesure de réunir à nouveau ces deux collections dans le Centre Paul Klee.

swissinfo, Nicole Aeby
(Traduction de l'allemand: Isabelle Eichenberger)

Faits

Le Centre Paul Klee, à Berne, ouvre ses portes le 20 juin 2005.
Cette nouvelle institution, dont le bâtiment constitué de trois ’collines’ a été dessiné par l’architecte italien Renzo Piano, est entièrement dédiée à la personne, à la vie et à l’œuvre de Paul Klee (1879–1940).
4.000 tableaux, aquarelles et dessins, ainsi que du matériel d’archives et des documents biographiques, y sont rassemblés.
Le Centre ne se limitera pas à la présentation des oeuvres, mais deviendra une plate-forme touchant de nombreux domaines et formes d’expression artistique.

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En bref

- A la mort de Paul Klee, le 29 juin 1940, sa veuve, Lily Klee, assuma son héritage artistique.

- En 1946, elle tomba malade. Les collectionneurs bernois Hans Meyer-Benteli, Hermann Rupf, Rolf Bürgi et Werner Allenbach rachetèrent les œuvres et la bibliothèque de Klee pour 120'000 francs.

- Ils créèrent la Société Klee, qui devint dépositaire de son œuvre. La Fondation Paul Klee naquit en 1947, dotée de quelque 3000 œuvres.

- La Fondation devint peu à peu un centre de compétence international. En novembre 2004, elle s’est installée dans les locaux de la Fondation du Centre Paul Klee.

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