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L’explosion des «petits» Des festivals comme des fêtes au village



Val Lumnezia, dans les Grisons, en 2002. Quatre ans plus tard, le festival «victime de son succès» a du émigrer vers un site plus vaste, plus bas dans la vallée.

Val Lumnezia, dans les Grisons, en 2002. Quatre ans plus tard, le festival «victime de son succès» a du émigrer vers un site plus vaste, plus bas dans la vallée.

(Keystone)

Lumnezia, For Noise, B-Sides, Cholererock, Natural Sound, Krach am Bach, Woodrock ou Hors Tribu: c’est qui? des groupes? Non, des festivals, comme il y en a des centaines chaque été en Suisse. A l’ombre des géants. Qui d’ailleurs ne leur font pas (trop) d’ombre.

Ils seraient presque 300 et vous ne pourriez en nommer qu’une douzaine… voire deux si vous êtes fan éclairé ou animateur de radio? Pas grave, et même normal. Pour espérer voir ne serait-ce qu’un bout de tous les festivals de musique de Suisse, il faudrait de toute façon maîtriser la téléportation. La fête bat son plein depuis mi-juin et va durer au moins jusqu’à mi-août. Donc, 300 festivals sur 9 semaines font plus de 30 chaque week-end. Ouf !

A côté des mastodontes que sont Paléo, Frauenfeld, St-Gall ou le Gurten, des petits qui ont bien grandi comme Rock Oz’Arènes (d’Avenches) ou Caribana («l’autre festival» de Nyon), qui comptent leurs spectateurs en dizaines de milliers, fleurit la ribambelle des petits festivals, organisés le plus souvent pour le fun, pour promouvoir un style, une idée, ou pour offrir un tremplin aux groupes du coin, qui viendront y jouer pour quelques centaines à quelques milliers de personnes, dans une ambiance plus intime - plus authentique diront les puristes. Parfois même, l’entrée est gratuite.

Quand la musique est bonne

«Aujourd’hui, pratiquement chaque village veut organiser son propre festival, note le journaliste et animateur Jodok Kobelt, ancien de la chaîne musicale alémanique DRS 3. Ce besoin de se retrouver, qui se manifestait autrefois à la soirée de la société de gymnastique ou de la fanfare, se reporte désormais sur l’open air local».

Chef de la programmation de Couleur 3, la station musicale romande, Willy Dezelu explique d’abord cette explosion des petits festivals par la qualité des groupes d’ici: «Il y a une vraie valorisation de la musique suisse, qui fait que ce n’est plus ringard de programmer des groupes suisses».

Mais il y a aussi «cette envie qu’ont les gens de participer, de faire des choses. Même si c’est la crise économique pour elle aussi, la musique fait encore rêver, note le programmateur. Les gens sont bénévoles, ils participent à monter les scènes, accueillir les artistes, faire la cuisine… cela contribue aussi à ce qu’il y ait de plus en plus de festivals».

Enfin, il y a le fait que les artistes, «qui ne vendent plus de disques, tournent de plus en plus. Petits et grands, tout le monde tourne en été», remarque Willy Dezelu.

Plus cool, plus «roots»

Et tout le monde, ça fait beaucoup de monde. Il n’est qu’à jeter un œil sur les affiches pour constater combien la scène musicale est vaste… parfois autant que l’ignorance qu’en a le spectateur lambda.

Certains petits festivals misent sur une couleur bien précise, qui déterminera les choix musicaux et le public. Ce sera le rendez-vous des branchés électro, des zélateurs des dieux du métal, des alternatifs-écolos qui carburent au reggae ou à la world, des blueseux ou des folkeux (si, si, il y en a encore). Mais la plupart se contentent d’être généralistes, en rameutant dans la région ou à l’étranger les groupes qui tournent à cette époque et qui ne coûtent pas trop cher.

Souvent, ceux-ci sont de parfaits inconnus, mais tous ne sont pas destinés à le rester. En ce sens, un passage sur une petite scène peut constituer un tremplin vers une plus grande. Mais en fait, ce ne sont pas essentiellement les noms sur l’affiche qui attirent le public. Ici comme dans les grands festivals, il vient d’abord pour l’ambiance.

«C’est vraiment l’environnement, le fait de se réunir dans un cadre un peu festif, un peu communautaire, où les codes ne sont pas les mêmes que quand on se croise au supermarché ou à la poste», confirme Willy Dezelu».

Et le public saute allègrement de l’un à l’autre. Après quelques soirées au pied de la grande scène du Paléo à applaudir des stars mondiales, beaucoup se retrouvent la semaine suivante «pour se faire un plan plus cool, plus ‘roots’ au pied d’une toute petite estrade, où l’on peut vraiment voir l’artiste de près…».

A warm welcome!

Mais financièrement, ces petits festivals marchent toujours sur la ligne rouge. Bien sûr, leurs budgets n’ont rien à voir avec ceux des gros, mais leurs réserves non plus. En cas de coup dur, pas moyen de se retourner. «Il suffit qu’il pleuve, et l’organisateur se retrouve avec quelques dizaines de milliers de francs de dettes. Et en plus, il doit remettre le site en état», rappelle Jodok Kobelt.

Plus encore que les grands, les petits festivals comptent donc sur le bénévolat. Et ne s’en sortent jamais sans aide extérieure. «Sauf qu’ici, note l’animateur, le sponsor ne sera pas Coca Cola, mais Ramseier, et plutôt Landi que Migros. Mais qu’importe: chaque petite somme est bienvenue, pour faire baisser les frais fixes».

Cet équilibrisme financier explique que les petits festivals meurent aussi facilement et aussi vite qu’ils naissent. Pour autant, Willy Dezelu ne voit pas leur avenir globalement menacé. Pour lui, «faire la fête l’été, autour d’un barbecue ou d’un festival, où on peut écouter de la musique et rencontrer d’autres gens, ça ne lassera jamais».

Mais encore faut-il faire les choses bien. «Il ne faut pas se moquer des gens, ne pas mettre une scène mal sonorisée, avec une toilette pour 500 personnes, note le programmateur. Je crois que l’avenir des festivals, et Paléo l’avait compris très très tôt, c’est de ne pas miser uniquement sur la musique, mais aussi sur l’accueil, sur le fait d’être surpris…»

Pour Willy Dezelu, c’est là la clé du succès: «être créatif, organiser des happenings, des expos photo, soigner la nourriture et l’aménagement des espaces, ou alors, je ne sais pas moi… mettre une piscine au pied de la scène. Parce qu’entre les concerts, les gens n’ont pas envie de piétiner devant une scène où il ne se passe rien».

Par exemple…

Ceci n’est pas un agenda. Pour planifier votre été, suivez plutôt les liens ci-dessous. Voici juste cinq exemples qui montrent la diversité de l’offre.

Uhuru (ou liberté en swahili), rendez-vous des musiques du monde sur une montagne soleuroise. Avec des ateliers de danse et de musique pour faire du spectateur un acteur. Ecolo, baba cool et solidaire. Weissenstein, 29 juillet au 4 août.

Zamba Loca. Né en 2010 pour faire bouger un peu le bourg argovien de Wohlen. Sur deux jours, la «zamba folle» se décline en 16 heures de musique live, 16 heures de musique électro mixée par des DJs et même la possibilité de s’essayer aux platines. 24-25 août.

Irish Openair Toggenburg. Au pied des Alpes saint-galloises, cadre enchanteur, programmation 100% irlandaise, soleil pas forcément garanti, mais atmosphère chauffée au biniou, à la harpe, au violon, à la guitare sèche et à la Guinness. 7 et 8 septembre.

 

Le Chant du Gros. Sur une prairie du Noirmont, dans le Jura. Petit devenu grand, il accueille des têtes d’affiche (Deep Purple, Johnny Clegg, Bénabar y sont notamment passés) dans une ambiance qui reste très festive pour la saison. 6,7 et 8 septembre.

Metal Assault. Cuirs, crinières au vent et grosses pintes de bière: les métallos s’éclatent deux soirs en salle à Lausanne. Affiche suisse et européenne, avec du heavy-, du trash-, du power-, du doom-, du brutal-, de l’extreme- et du death metal. 28 et 29 septembre.

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Collaboration: Renat Künzi, swissinfo.ch


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