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Anja Wyden Guelpa La chancelière qui a su parler aux jeunes


Elle est une des personnes les plus actives en Suisse pour intéresser les jeunes à la politique. En huit ans comme chancelière de Genève, cette touche-à-tout a multiplié avec bonheur les actions innovantes. Bien qu'elle quitte ses fonctions de chancelière à fin mai, elle conserve sa passion pour la participation démocratique.

Anja Wyden Guelpa

Haut valaisanne (donc de langue maternelle allemande), femme et socialiste: à 36 ans, elle n’avait pas typiquement le profil pour devenir en 2009 la première chancelière de l’histoire de la République et Canton de Genève. Avant cela, elle avait décroché un bachelor en droit et un master en management public, travaillé comme cheffe de projet au secrétariat d'État à l'économie (SECO) et comme consultante pour le géant informatique IBM. Dès 2003, elle entre à la Direction genevoise de l’action sociale, dont elle prend la tête en 2007, deux ans avant d’accéder à la Chancellerie.

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A l’été 2017, à la veille de la Semaine de la DémocratieLien externe, un des événements qu’elle a lancé dans son canton d’adoption, elle avait reçu swissinfo.ch. Non contente d’être cheffe de l’administration, cheffe de cabinet et grande organisatrice des élections et votations, Anja Wyden Guelpa n’a en effet cessé d’imaginer de nouveaux moyens de booster la participation des jeunes à Genève.

Son credo: si les jeunes ne votent pas (70% d’abstention chez les 18-25 ans), ce n’est pas parce qu’ils ne savent pas, mais parce qu’ils ne se sentent pas concernés. Elle imagine donc Institutions 3DLien externe, un programme pour les classes dès 10 ans, avec des jeux de rôle sur les scènes même où se tient le «vrai» théâtre politique. «Ils viennent à l'Hôtel de Ville, on leur montre les lieux, ces salons magnifiques, l’escalier tellement large que les magistrats d’autrefois pouvaient y monter à cheval, et on leur explique ce qui s'y passe aujourd'hui».

«Ensuite, ils s’assoient dans les sièges des ministres et des parlementaires et débattent de projets de loi qu’on a préparé pour eux, en se donnant du ‘Madame la présidente’, et du ‘Monsieur le député’. Et là, c’est incroyable de voir ces enfants se mettre à développer des arguments. Avec cela, on espère avoir semé une petite graine, si bien que la prochaine fois qu’ils entendront parler de politique, ils feront le lien».

Le déclic

La politique, Anja Wyden Guelpa en entend parler, en famille, depuis aussi loin qu’elle se souvienne. Mais le déclic vient lorsqu’elle a dix ans. Elle s’apprête à suivre en classe l’élection de la socialiste Lilian Uchtenhagen, première femme au gouvernement fédéral. Et là, coup de théâtre, c’est un homme que le parlement lui préfère: Otto Stich, socialiste lui aussi, mais la gifle n’en est pas moins rude.

Retour à Genève: une autre initiative marquante de la future ex-chancelière, c’est le concours CinéCivicLien externe. Ici, il s’agit de laisser les 10-25 ans réaliser une vidéo ou une affiche qui incite les jeunes à voter. Partie de Genève, l’initiative réunit désormais les six cantons francophones et donne un petit côté glamour à la vie civique, avec une remise de prix façons cérémonie des Oscars. La créativité qu’y déploient ces cinéastes et acteurs en herbe est étonnante.

«L’idée, explique cette mère de deux grands enfants, c’est de demander aux jeunes eux-mêmes quelles sont les histoires, les images, les codes qui leur parlent. C’est beaucoup plus crédible que si un adulte s’adresse à eux. Donc, plutôt que de donner des centaines de milliers de francs (qu'en plus je n'avais pas), à une agence de publicité, nous avons lancé ce concours. Et en quatre ans, il a déjà touché 40'000 jeunes Romands».

Nouveaux horizons

+ Anja Wyden Guelpa annonce son départ au micro et devant les caméras de la RTSLien externe

Anja Wyden Guelpa a donc quitté son poste en mai, après les élections cantonales. Pour quels horizons? Dans son message officiel, elle indique vouloir s'investir dans ce qui «l'obsède», soit l'innovation, la démocratie, la participation, la digitalisation et la philanthropie, et ceci de manière «plus entrepreneuriale». On n’en saura pas plus pour l’instant, si ce n’est qu’elle n’envisage pas de carrière politique. Ni maintenant, ni plus tard.

Restent les souvenirs, bons et mauvais.


Cet article fait partie de #DearDemocracyLien externe, la plateforme de swissinfo.ch pour la démocratie directe. En plus de celles de la rédaction, elle accueille aussi des contributions d’auteurs extérieurs. Leurs positions ne correspondent pas forcément à celles de swissinfo.ch.

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