Eloge de la durée

Jenny (Yvette Théraulaz) sous l'il du camarade Joseph. Xavier Voirol

A la Chaux-de-Fonds, Gino Zampieri crée «Jenny-tout-court», pièce de Michel Beretti.

Ce contenu a été publié le 24 octobre 2002 - 19:41

Dans le rôle d'une militante suisse, Yvette Théraulaz. Entretien.

Il y a des destinées qui suscitent la curiosité, l'enthousiasme, l'admiration et même la peur. A tel point que l'envie vous prend d'en fabriquer une fiction.

C'est en tout cas ce qu'a fait la comédienne Yvette Théraulaz en confiant à l'auteur romand Michel Beretti le soin d'écrire une pièce sur Jenny Humbert-Droz. Il en a résulté «Jenny-tout-court» que le metteur en scène Gino Zampieri crée dans son TPR - Théâtre populaire romand - de la Chaux-de-Fonds.

Yvette Théraulaz, qui interprète donc le rôle-titre, avait envie de rendre hommage à Jenny la courageuse, la téméraire, l'indépendante, qui a longtemps défrayé la chronique en son pays neuchâtelois.

Cette militante communiste et féministe acharnée, décédée en l'an 2000 à l'âge de 107 ans, a vécu avec Jules Humbert Droz, pasteur de son état, communiste lui aussi, avec lequel elle avait, en 1916, convolé en justes noces, au grand dam de la bourgeoisie locale.

Un parfum de scandale avait entouré leur vie de battants qui luttaient pour la liberté individuelle, le maintien de la justice sociale et de l'idéologie communiste; avec toute la passion et les erreurs que cette lutte comporte.

Une femme moderne avant l'heure

C'est cette passion-là qu'Yvette Théraulaz a voulu rendre sur scène. «J'ai rencontré, explique la comédienne, beaucoup de femmes à la Chaux-de-Fonds qui ont connu Jenny. Toutes avouent qu'elle fut moderne avant l'heure. Même très vieille, elle était restée dans le coup, suivant de très près ce qui se passait dans le monde. Sa volonté de ne jamais décrocher m'épate».

A travers elle, Théraulaz a voulu faire l'éloge de la durée. «Durée de l'engagement politique et social, durée de l'amour conjugal et durée de l'existence».

La vie de l'héroïne a touché trois siècles. «Elle en a profité, poursuit la comédienne, pour transformer son expérience en pensée».

Michel Beretti n'a pas pour autant essayé d'écrire un témoignage sur Jenny. «De celle-ci, il a fait un vrai personnage de fiction, précise Théraulaz. L'auteur lui prête, par exemple, des doutes et des angoisses qu'elle a peut-être connus mais qu'elle n'a pas forcément montrés. Il braque sur elle des projecteurs qui illuminent sa conscience».

swissinfo/Ghania Adamo

«Jenny-tout-court». La Chaux-de-Fonds, Théâtre populaire romand, Beau-Site; du 22 octobre au 1er novembre. Tel: 032/913 15 10. La Neuveville, le 4 novembre. Le Locle, le 5 novembre. Delémont, le 7 novembre. Moutier, le 8 novembre. Cormoret, le 14 novembre. Bienne, le 15 novembre.

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