François-Joseph Navez et la fin honorable du néoclassicisme

Depuis ce week-end, le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds accueille des œuvres du Belge François-Joseph Navez. L’occasion, aussi, de documenter le travail d’autres peintres de la première moitié du 19e siècle, dont le Suisse Léopold Robert.

Ce contenu a été publié le 21 mars 2000 - 16:57

Depuis ce week-end, le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds accueille des œuvres du Belge François-Joseph Navez. L’occasion, aussi, de documenter le travail d’autres peintres de la première moitié du 19e siècle, dont le Suisse Léopold Robert.

La peinture très statique et assez belle de François-Joseph Navez marque le terme de la «grande peinture» davidienne; elle témoigne aussi de diverses tentatives destinées à rattraper le train de l’histoire de l’art, qui se dirigeait déjà vers le romantisme et le naturalisme.

L’exposition, qui occupe les salles d’expositions temporaires au Musée des beaux-arts, comprend uniquement des œuvres du Belge François-Joseph Navez, mais elle documente le travail d’autres acteurs de la peinture dans la première moitié du 19e siècle.

Navez lui-même (1787-1869), le Suisse Léopold Robert (né à La Chaux-de-Fonds en 1794, mort à Rome en 1835) et le Français d’origine helvétique Victor Schnetz formèrent un trio d’amis, élèves de David à Paris, par la suite jeunes peintres à Rome, attirés par l’ingrisme et réceptacles du romantisme naissant.

A La Chaux-de-Fonds, cette exposition montée à Charleroi, ville natale de Navez, autorise une confrontation avec les peintures de Léopold Robert appartenant à la collection permanente du musée. Comparons brièvement les manières des deux amis.

Le néoclassicisme de Léopold Robert se tempère rapidement de la grâce et de la sentimentalité découvertes dans le Sud, dont ses scènes de brigands, en particulier, portent la limpidité atmosphérique. Navez, lui, conserve dans sa peinture des teintes très nordiques, il bifurque vers la pureté formelle d’Ingres, développe un sentiment de nostalgie vis-à-vis de l’Italie, qu’il a quittée pour retourner en Belgique et «se ranger».

Navez devient un portraitiste de renom, et ses portraits, qui incluent souvent des enfants dotés d’une présence très vivante, représentent peut-être le meilleur de sa production. Mais son ambition restait celle de David, dont il fut un intime durant son exil à Bruxelles: la grande peinture, à savoir la peinture d’histoire.

Laurence Chauvy

Musée des beaux-arts (rue des Musées 33, La Chaux-de-Fonds, tél. 032/ 913 61 93). Jusqu’au 21 mai.

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