James Healer chez Raspoutine

De gauche à droite, Yves et Sophie Swolfs, James Healer, Giulio De Vita swissinfo.ch

La librairie-galerie Raspoutine, à Lausanne, accueille une exposition consacrée à une nouvelle série BD: «James Healer», signée Swolfs & De Vita. Rencontre.

Ce contenu a été publié le 31 mars 2002 - 10:33

«Quand je dessine, j'ai l'envie ou l'illusion de faire des œuvres d'art... J'ai d'ailleurs toujours souhaité qu'en Italie, la bande dessinée soit aussi considérée en tant qu'art, comme ici ou en France. Alors, quand je vois mes planches sur les murs, j'ai un peu plus cette illusion!»

Ainsi s'exprime Giulio De Vita, jeune et brillant représentant de l'italian's touch! De Vita qui, après avoir frayé avec la publicité, la vidéo et les fumetti, s'est fait remarquer en dessinant «La Fatwa», 2e tome de la remarquable série «Le Décalogue». Maintenant, comme il dit, il a sa série à lui: «James Healer».

Plus précisément à lui et au scénariste belge Yves Swolfs, également dessinateur sur d'autres projets, notamment «Le Prince de la Nuit». Et c'est grâce au festival BD de Sierre que la jonction s'est faite.

«C'est le hasard, constate Yves Swolfs. On était avec des amis communs, on a commencé à discuter. Je cherchais à l'époque un dessinateur qui aime le dessin contemporain. Je me trimballais avec le scénario depuis un certain temps. On s'est découvert des goûts communs, notamment pour un certain cinéma. Un très beau hasard, quoi».

White & red

Le premier tome de «James Healer» (Le Lombard, collection «Troisième vague») est paru il y a peu. Il s'intitule «Camden Rock», du nom de la petite ville américaine où se déroule l'action.

Personnage central, James Healer est un blanc qui, enfant, a été recueilli puis élevé par des Indiens, en particulier un vieux «medicine man». A son tour doté de pouvoirs de guérisseur («healer»), James, blanc dehors et rouge dedans, aura pour rôle «de rétablir un équilibre et une harmonie dans le monde des blancs», explique Yves Swolfs.

James Healer, guérisseur, mais aussi voyant... Dans ce premier volume, il est amené à collaborer avec la police et le FBI pour l'aider à trouver le(s) coupable(s) de plusieurs crimes sexuels.

James Healer, «profiler»? Pas vraiment: «Les flashes qu'il a ne sont pas des vues du crime. Il ressent des intuitions face aux personnes avec lesquelles il est mis en présence. Et donc ses flashes ont toujours une signification qui est d'ordre psychanalytique», répond le scénariste.

Comme au cinéma

Personnage fort, intrigue à suspense, le polar psycho-indiano-spirituel de Swolfs est enrichi par le remarquable dessin de De Vita, furieusement cinématographique, tant par les cadrages que par le découpage de l'action. Swolfs a une explication: «J'ai donné à Giulio un scénario comme je le fais d'habitude, prédécoupé, qui avait déjà une dimension cinématographique. Mais ce qui m'a étonné avec lui, c'est qu'il m'a renvoyé des planches qui étaient encore beaucoup plus cinématographiques, surtout dans les scènes d'action.»

Et d'ajouter: «Dans ce cas-ci, je suis donc scénariste et dialoguiste, mais j'ai reculé d'un pas dans les prérogatives. Alors qu'en BD généralement, c'est le scénariste qui joue le rôle de metteur en scène, là, c'est lui qui prend en charge cet aspect». A noter également la qualité de la mise en couleur, réalisée par Sophie Swolfs, la femme du scénariste.
Le 9e Art tendance 7e Art se décline donc sur les murs de la librairie-galerie Raspoutine, à Lausanne, jusqu'au 20 avril. Son patron, le passionné Lorenzo Pioletti, publie à cette occasion un tirage de luxe limité à 399 exemplaires.
swissinfo/Bernard Léchot

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