Jean-Claude Grumberg rabote le racisme avec sa plume caricaturale

Michel Favre met en scène à Genève «Les Vacances» et «Rixe». Deux pièces du dramaturge français qui déclenchent un rire libérateur.

Ce contenu a été publié le 15 janvier 2001 - 11:19

Telle que vue par le dramaturge Jean-Claude Grumberg, la petite bourgeoisie française est une grande gueule bâillonnée qui, lorsqu'elle se libère, éclabousse nos oreilles de ses cris xénophobes.

Enfermée dans ses misérables certitudes, elle cherche une sortie. Grumberg lui en offre deux dans «Les Vacances» et «Rixe», courtes pièces présentées en une même soirée au Caveau (Genève), dans la mise en scène de Michel Favre.

Dans «Les Vacances», une famille, en villégiature au bord de la mer (en Turquie) s'installe dans un restaurant et fait la fine bouche. Bien sûr, en France c'est mieux. Qu'est-on donc venu faire dans ce pays où les gens sont des «vraies sous-merdes»?

Dans «Rixe», un homme, qui a cogné la voiture d'un «bougnoule», craint les représailles de ce dernier. Il s'enferme chez lui et alimente sa peur de considérations racistes qui le poussent au crime.

Dans l'une comme dans l'autre pièce, toute tentative d'explication psychologique de l'acte raciste tournerait court. Michel Favre l'a compris qui joue sur une belle idée scénographique.

Le décor rappelle, donc, une planche très colorée de caricaturiste où les personnages portent des costumes aux motifs gravés à la main; où les accessoires sont dessinés à même le mur.

On rit beaucoup dans «Rixe». On rit un peu moins dans «Les Vacances». Sans doute parce que le comique se prend par moments les pieds dans la vulgarité des gestes ou se dilue dans une tentative d'illustration manichéenne dont Grumberg n'a que faire.

Ghania Adamo

«Les Vacances» et «Rixe». Genève, Le Caveau; jusqu'au 21 janvier. Tel: 022/ 328 11 35.

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