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L'Irak en filigrane du dialogue américano-suisse

Pamela Willeford est ambassadrice des Etats-Unis à Berne depuis le 25 novembre 2003.

(swissinfo.ch)

L’ambassadrice des Etats-Unis à Berne, Pamela Willeford, évoque le rôle éventuel que la Suisse peut jouer dans la reconstruction de l’Irak et la lutte anti-terroriste.

Le 20 mars marque le 1er anniversaire du déclenchement de la guerre en Irak.

La nouvelle ambassadrice des Etats-Unis, Pamela Willeford, se réjouit du bon accueil fait à Washington à une délégation suisse venue proposer le modèle fédéraliste helvétique pour l’Irak.

L’Administration américaine a également salué les efforts de Berne pour traquer l’argent du terrorisme et la transmission d’informations qui ont permis l’arrestation d’un dirigeant d’Al-Quaïda en 2002.

Par contre les Etats-Unis sont moins enthousiasmés par l’Initiative de Genève sur le Proche-Orient, lancée avec l’appui de Berne. Quant au rôle des entreprises suisses dans la reconstruction de l’Irak, tout reste à faire.

swissinfo: Le fédéralisme suisse peut-il vraiment s’appliquer à un pays tel que l’Irak, qui doit reconstruire une démocratie?

Pamela Willefort: Nous saluons l’intérêt de la Suisse pour la reconstruction et le développement de l’Irak. Elle a très bien réussi à faire cohabiter plusieurs communauté au sein d’un seul Etat et constitue un magnifique modèle démocratique.

Je crois que les Irakiens pourraient en tirer des enseignements. Il existe de nombreux modèles démocratiques et les Irakiens devront déterminer quelle forme donner à leur gouvernement.

swissinfo: Jusqu’à quel point la Suisse peut-elle espérer être associée à la reconstruction de l’Irak – par exemple en obtenant des contrats du gouvernement américain - compte tenu du fait qu’elle n’a pas participé à la guerre et qu’elle est restée neutre?

P. W.: Certains contrats ne peuvent lui être attribués car ils sont couverts par des fonds spéciaux du Congrès américain. Mais la Suisse pourrait obtenir des contrats en sous-traitance et elle est la bienvenue.

Il y a beaucoup d’autres possibilités pour la Suisse. Les contrats gouvernementaux mis à part, nous essayons d’associer des entreprises privées du monde entier au développement économique de l’Irak.

swissinfo: La collaboration entre la Suisse et les Etats-Unis dans la lutte internationale contre le terrorisme semble avoir été fructueuse. La Suisse peut-elle faire plus?

P. W.: Je pense qu’on peut toujours faire plus. La coopération de la Suisse a certainement été précieuse – que ce soit de la part du gouvernement, des banques, de la police – et nous cherchons en permanence les moyens de l’accroître.

La Suisse a été très active, avec notamment l’arrestation en janvier de 8 personnes suspectées d’avoir participé à des actes terroristes.

Je pense que nous tous – la Suisse, les Etats-Unis, toutes les nations du monde – devons rester vigilants. Nous devons garder à l’esprit que le terrorisme est bien là, quelque part, qu’il peut se manifester n’importe où et toucher n’importe qui.

swissinfo: Quelle est la position de Washington sur l’Initiative de Genève sur le Proche-Orient, lancée avec l’appui de la Suisse le 1er décembre dernier?

P. W.: Chaque fois qu’il y a des individus qui discutent et proposent des idées, ou qui peuvent contribuer au processus de paix, cela nous intéresse certainement, nous, le gouvernement américain.

Je pense que c’est la raison pour laquelle le secrétaire d’Etat Colin Powell a rencontré deux des auteurs de l’Initiative de Genève en janvier dernier.

Mais nous restons attachés à la Feuille de route. Le président Bush est persuadé que nous devons trouver des solutions aux conflits régionaux et celui-ci est, bien sûr, l’un des plus importants.

Il faut donc faire des progrès avec la Feuille de route, mais, pour ce qui est de l’Initiative de Genève, nous pensons que ce genre de dialogue est très fructueux, utile et productif.

swissinfo: Plus personnellement, que saviez-vous de la Suisse lorsque vous y êtes entrée en fonction?

P. W.: Je savais une chose que le monde entier sait: c’est un pays magnifique. J’y étais venue dans le passé et ne l’avais pas oublié.

Ici, j’ai pu vérifier ce que j’avais lu sur la manière dont la Suisse a réussi à réunir différents groupes ethniques, religieux, linguistiques et autres en une démocratie qui fonctionne très bien.

swissinfo: Avez-vous eu des surprises?

P. W.: Je n’ai pas vraiment eu de surprises. Ici, j’ai beaucoup à apprendre, il se passe beaucoup de choses. D’aucuns pensent que la Suisse n’est pas intéressante pour la communauté internationale et les Etats-Unis. Mais je ne suis pas d’accord.

L’engagement de la Suisse dans la communauté internationale a été salué par les Etats-Unis et, en particulier, son adhésion à part entière aux Nations Unies.

La Suisse a une place importante dans le monde. Elle est considérée comme un pays qui a des valeurs morales et je pense qu’elle peut jouer un rôle important.

Il y a une chose qu’on oublie souvent quand on dit que la Suisse n’approuve pas certains aspects de la politique américaine, c’est que nous partageons des valeurs essentielles, comme la foi en la démocratie, les droits humains, le respect de la loi, l’encouragement à la paix et à la prospérité dans le monde ainsi que dans l’ouverture de la société.

Je pense que la Suisse et les Etats-Unis sont admirés pour partager ces valeurs importantes.

swissinfo, Jonathan Summerton
(traduction: Isabelle Eichenberger)

En bref

- Pamela Willefort est entrée en fonction le 25 novembre 2003.

- Elle a succédé à l’ambassadeur Mercer Reynolds.

- Auparavant, elle a travaillé pendant huit ans au Bureau de coordination de l’éducation supérieure de l’Etat du Texas.

- Dans son Texas natal, elle a passé sa carrière dans l’éducation et la promotion de services communautaires.

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