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La chaîne francophone TV5 est sauvée

(Keystone)

Réunis à Lucerne, les Etats soutenant la télévision francophone TV5 ont décidé de dynamiser leur partenariat.

La France, qui avait suscité les craintes avec un projet de fusion interne, a rassuré ses partenaires - suisses, belges, québecois, qui se sont dits «satisfaits mais vigilants». Moritz Leuenbergerer, ministre suisse de la Communication, a même lâché que «La chaîne n'a jamais été menacée».

La rencontre ministérielle de Lucerne, qui s'est tenue jeudi et vendredi à propos de l'avenir de la chaîne TV5, avait démarré sur des discussions très tendues, a indiqué une participante en coulisses. La délégation française était montrée du doigt.

Car Paris, principal bailleur de fonds avec 66% - contre un peu plus de 11% chacun pour la Suisse, la Belgique et le Canada - avait annoncé cet été vouloir profiter de la réforme de son audiviosuel extérieur pour rapprocher TV5 de France 24, chaîne d'informations en continu.

Vague d'indignations chez les partenaires, qui ont vivement réagi, la dernière en date, la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey publiant une tribune dans le journal «Le Monde» pour dire l'inquiétude de la Suisse.

Sauvée

Vendredi, Catherine Noyer, déléguée de la Télévision suisse romande à la réunion, pouvait annoncer en sortant de la salle de discussions que TV5 était sauvée. Lors de la conférence de presse qui suivait, aucun officiel ne voulait explicitement parler de menaces.

«La chaîne n'a jamais été menacée», lâchait même le ministre suisse de la Communication Moritz Leuenberger. Belges et Québecois expliquaient toutefois ce qu'avait été leur inquiétude.

«Un beau bébé»

Fadila Laanan, ministre de la culture et de l'audiovisuel de la Communauté française de Belgique, la résumait ainsi. «TV5 est notre bébé, et c'est un beau bébé, a-t-elle déclaré. Puisque nous sommes partenaires, nous voulons être consultés sur son avenir.»

La ministre, qui dit avoir de la compréhension pour la recherche de synergies et d'économies budgétaires lancée par la France, estime en effet que le gouvernement français a fait là preuve d'une certaine «légèreté» en ne consultant pas ses partenaires.

Suisse, Canada et Belgique sont néanmoins conscients de la nécessité de «dynamiser TV5 dans un contexte audiovisuel mondial en pleine mutation», comme l'a dit Moritz Leuenberger, qui présidait la rencontre.

Réunion extraordinaire en 2008

Les participants ont donc décidé de préparer un nouveau rapport sur les nouveaux contours à donner à leur partenariat. Ce rapport devrait être terminé d'ici la fin de l'année et discuté lors d'une réunion extraordinaire au Canada au premier trimestre 2008.

Surtout, Paris a réussi à rassurer ses partenaires sur sa volonté de transparence. «Je n'ai pas été le grand méchant, a déclaré à swissinfo Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat chargé de la francophonie, j'ai même été le grand gentil car j'ai mis de l'huile dans tous les rouages possibles!»

Paris a ainsi garanti la pérennité des principes fondamentaux de la chaîne, multilatéralité, francophonie, diversité culturelle et, surtout, indépendance éditoriale. «Il est hors de question que TV5 devienne la voix officielle de Paris comme l'est France24», a déclaré Fadila Laanan. D'autant plus que, selon elle, les chaînes n'ont pas grand-chose en commun.

Défis technologiques

Les partenaires ont aussi décidé d'augmenter leur contribution financière de 2,5% au moins pour faire face aux nouveaux défis technologiques, mais aussi dans le domaine du marketing.

De nouveaux partenaires francophones pourraient être recherchés. «Outre des rapprochements techniques, de nouveaux services interactifs, par le biais d'internet ou l'optimisation de la distribution des chaînes peuvent être envisagées», a énuméré Moritz Leuenberger.

«Nous n'avons pas de modèle à suivre, mais, à l'arrivée, le résultat pourrait être similaire à ce que fait la BBC dans ce domaine», a indiqué Jean-Marie Bockel à swissinfo.

Selon Catherine Noyer, «nous sommes rassurés, mais il reste beaucoup de travail à faire très rapidement, car la réforme de l'audiovisuel extérieur français avance aussi rapidement...» Ou, selon la formule de la ministre québécoise Christine St-Pierre, «nous sommes ouverts au changement, mais nous restons vigilants.»

swissinfo, Ariane Gigon, Lucerne

En bref

Souhaitant réformer son audiovisuel extérieur, le gouvernement français a présenté cet été les propositions d'un groupe de travail consistant à rapprocher TV5 de France 24 et de Radio France Internationale.

France24 est une chaîne télévisée d'informations en continu lancée en décembre 2006.

Belgique, Canada et Suisse ont vivement réagi à ce projet, réclamant d'être consultés et s'opposant à ce que TV5 soit intégrée à une chaîne purement française.

La rencontre ministérielle de Lucerne a permis aux partenaires de se mettre d'accord sur la nécessité de dynamiser TV5, mais selon un processus transparent et en concertation.

Les principes fondamentaux – multilatéralité, francophonie, diversité culturelle et indépendance rédactionnelle - de la chaîne devront être respectés.

Des propositions devront être présentées d'ici la fin de l'année et discutée au premier trimestre lors d'une réunion extraordinaire.

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TV5

La chaîne télévisée TV5, opérateur francophone, offre des émissions 24 heures sur 24 dans le monde à plus de 181 millions de foyers.

Elle est ainsi, selon ses responsables, le 2e plus grand réseau mondial de télévision après MTV mais devant CNN.

TV5 est regardée quotidiennement par 26 millions de personnes dans le monde.

La chaîne est basée en France et soutenue par la France (66% environ), la Suisse, la Belgique et le Canada (chacun un peu plus de 11%).

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