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La collection Im Obersteg retourne à Bâle

Parmi les œuvres réunies par Karl Im Obersteg, cet autoportrait de Chagall peint en 1914. ( Kunstmuseum de Bâle)

Après un «exil» dans le canton de Berne, la collection d’art moderne Im Obersteg a retrouvé sa ville d’origine.

Composé d’œuvres de Picasso, Chagall ou Jawlensky, le fond a pris ses quartiers au Musée des Beaux-Arts, dans des conditions optimales.

Elle existe depuis bientôt 90 ans, et pourtant les Bâlois ne l’avaient jamais vue, la collection d’art moderne Im Obersteg.

Présentée lors de l’Exposition nationale de Lausanne en 1964 puis, pour la première fois de manière large, à Berne en 1975, la collection n’avait en effet jamais été exposée dans sa ville d’origine.

Karl Im Obersteg, né en 1883 à Bâle et propriétaire d’une entreprise de transports, a commencé, à l’instar de nombre de ses contemporains aisés dans la capitale rhénane, à acheter des œuvres d’art dans les années 1915.

Aujourd’hui, sa collection est un joyau de 188 oeuvres, acquises «sans concept» mais au fil de coups de cœur et des amitiés avec les artistes, parmi lesquels Chagall, Jawlensky, Soutine, Klee, Picasso, Buffet, Tapiés, Modigliani et bien d’autres.

Concurrence avec Berne

Le Musée des Beaux-Arts de Bâle, qui abrite de nombreux fonds privés, l’a emporté sur celui de Berne pour pouvoir accrocher les œuvres à ses cimaises.

Il faut dire qu’il offrait des conditions de visibilité que les Bernois, pour des raisons de place, n’auraient pas pu proposer.

Quarante toiles seront en effet intégrées aux collections permanentes de l’institution bâloise, permettant de nouveaux dialogues et de nouvelles mises en perspective.

Réunion d’Arlequins

Ainsi, l’«Arlequin assis» de Picasso, acheté par Karl Im Obersteg en 1923, est aujourd’hui propriété... du musée bâlois. Or le collectionneur l’avait échangé peu de temps après contre une autre version du même thème peinte par Picasso.

Cas rare, cette deuxième version avait ensuite été vendue pour assurer la pérennité de toute la collection, explique la conservatrice Henriette Mentha.

L’acheteur, Rudolf Staechelin, était lui aussi collectionneur. Son fond se trouve également au Kunstmuseum de Bâle, permettant ainsi, après des années, la réunion des deux «Arlequin».

Importance mondiale

«Grâce à ces collections privées, le Musée des Beaux-Arts de Bâle peut se targuer, plus que jamais, d’être un centre mondial pour le classicisme moderne», déclare fièrement le directeur Bernhard Mendes Bürgi.

L’exposition consacrée à la collection Im Obersteg pour fêter son installation au musée s’ouvre sur un autre Picasso célèbre, «La buveuse d’absinthe» (1901).

La première salle montre à elle seule la richesse de la collection: les «Trois Juifs» de Chagall sont là, trois tableaux déclinant le thème en vert, en rouge et en noir et blanc. Un Rodin aussi, «La petite ombre» (1880), a pris place devant Picasso.

Mélancolie

Les sculptures restent cependant rares. La collection dresse un large panorama pictural de la première moitié du siècle dernier, voire légèrement au-delà.

Un magnifique Tapiés («Pintura clara») de 1957 fait écho à «La feuille noire» de Antoni Clavé (avant 1960). Les deux peintres révèlent le goût des Im Obersteg (le fils Jürg avait repris la collection) pour les thèmes mélancoliques.

Grand ami du collectionneur, Alexej von Jawlensky fait exception avec ses œuvres colorées, qui remplissent deux salles.

Bâle abritera ainsi un des plus grands fond Jawlensyky, avec des oeuvres de toutes les périodes. Les portraits de la période tardive tirent vers l’abstraction.

C’est un des nombreux mérites de cette exposition, à voir jusqu’au 2 mai, de permettre la (re)découverte d’œuvres qui ont posé les jalons de l’histoire de l’art, tout au long du 20e siècle.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Bâle

En bref

- Karl im Obersteg (1883-1969), entrepreneur bâlois, a acheté son premier tableau, une nature morte de Cuno Amiet en 1916.

- Son fils Jürg (1914-1983) a repris la collection et l’a complétée notamment avec des œuvres constructivistes.

- La collection compte aujourd’hui 188 œuvres et est un témoignage exceptionnel du classicisme moderne, avec des toiles de Picasso («La buveuse d’absinthe»), Chagall (les «Trois Juifs»), un important fond Jawlensky, de nombreux Soutine et bien d’autres.

- Abritée à Genève jusqu’à la fin des années 60, la collection avait rejoint la maison de la famille Im Obersteg à Bâle. Transformée en fondation en 1992 par la veuve de Jürg, la collection a pris ses quartiers au bord du lac de Thoune entre 1995 et 2002.

- Les Musées des Beaux-Arts de Bâle et de Berne étaient en concurrence pour offrir un lieu définitif à la collection privée.

- Bâle, qui propose une intégration de 40 tableaux dans ses collections permanentes et s’engage à présenter une exposition tous les cinq à huit ans, l’a emporté.

- Après la collection Staechelin, la ville rhénane retrouve ainsi un autre fond né dans ses murs. Le Musée asseoit aussi sa place de choix dans les collections mondiales.

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