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La presse d'opinion revient par la bande web

«L’avancée grégaire, et presque joyeuse, d’une foule bêlante de moutons…».

(geo.ucalgary.can)

En Suisse romande, la presse d’opinion pointe à nouveau le bout de son nez, via le web.

Qu’ils marchent à droite ou à gauche, les créateurs de ces sites veulent sortir des sentiers battus par les médias traditionnels.

«En Suisse, la droite a gagné les élections, elle est majoritaire depuis longtemps, et pourtant aucun média romand ne véhicule cette voix». Fort de ce diagnostic, Philippe Barraud a lancé sur la toile un «e-magazine contre le néo-conformisme».

«L’ambition de Commentaires.com, écrit-il, c’est de faire entendre une voix différente, c’est d’aller obstinément à contre-courant de la pensée prêt-à-porter que distillent les médias romands.»

Sus aux gauchistes



Revendiquant l’étiquette de conservateur, le journaliste fustige dans ses billets le laxisme de la politique à l’égard des étrangers – qu’elle soit fédérale ou cantonale – pour affirmer à l’instar de l’UDC (le parti de la droite dure): «il n’y a qu’un moyen efficace et crédible de s’intégrer: c’est la naturalisation».

Applaudissant la liquidation du cheik islamiste Yassine par Tsahal, Philippe Barraud épingle par contre Micheline Calmy-Rey «libre de saper allègrement et sans retenue nos relations avec Israël».

Poussant la cohérence jusque dans ses goûts musicaux, Philippe Barraud déplore que la Radio suisse romande (RSR) consacre si peu de place aux fanfares du terroir helvétique.

Philippe Barraud estime donc que les médias de Suisse romande ignorent largement ce genre de point de vue. «La plupart des journalistes se fondent dans le moule d’une pensée de gauche bien pensante qui défend les droits de l’homme, la veuve et l’orphelin».

Dans un billet repris par Commentaires.com, le journaliste Pascal Décaillet approuve avec lyrisme ce jugement sommaire. «C’est l’avancée grégaire, et presque joyeuse, d’une foule bêlante de moutons vers le précipice de la médiocrité», assène-t-il à propos de ses confrères.

A se demander comment le talentueux animateur de l’émission phare de la RSR réussit à travailler au milieu d’un tel troupeau: quel sens de l’abnégation!

Haro sur l’UDC



Bien qu’à gauche, Pierre Kolb pense également que les journalistes – en Suisse – obéissent majoritairement à une pensée unique.

Mais, selon ce journaliste fribourgeois, le pasteur de ce troupeau serait plutôt Christophe Blocher, le leader nationaliste de l’UDC. «La SSR – soit l’ensemble des radios et des télévisions de service public – a favorisé la poussée de l’UDC lors des dernières élections fédérales», estime en tous cas Pierre Kolb.

«Les médias sont piégés, poursuit-il, par le climat général dans lequel baigne la Suisse. Ils propagent les thèses de l’UDC. Et ce, même s’ils les critiquent».

Raison pour laquelle ce conservateur de gauche, comme il se qualifie lui-même, vient de lancer Courant d’Idée, un site sans «obédience particulière», mais néanmoins opposé aux «régressions sociales de ces dernières années».

Pierre Kolb regrette également la disparition de la presse d’opinion et remet en cause la prétention à l’objectivité des journalistes. «Les articles les plus objectifs sont les commentaires. Car le journaliste y dévoile ses références politiques», affirme-t-il.

Le rôle du web



De fait, surfer d’un site à l’autre permet de mesurer les similitudes et les divergences de deux pensées, certes un brin nostalgiques, qui reflètent bien le débat en cours dans les chaumières et dans l’arène politique.

Ces sites sont également révélateurs de la place que prend Internet dans l’expression de subjectivités diverses et variées. Un genre initié en Suisse romande par Largeur.com.

Reste à savoir si la presse traditionnelle est aussi conformiste que l’affirment Philippe Barraud et, dans une moindre mesure, Pierre Kolb.

Rien n’est moins vrai, selon Claude Torracinta. «Si vous la lisez attentivement, vous découvrez une grande diversité d’opinions, à travers aussi bien ses comptes-rendus, ses reportages ou ses éditoriaux», estime l’ancien responsable de l’information à la Télévision suisse romande.

«On assiste même, poursuit le journaliste, à un retour de la polémique et à l’expression d’opinions plus tranchées, reflets d’une Suisse inquiète».

Le temps du mépris



Mais voilà, certains de ces points de vue virent parfois au mépris et à la haine. Claude Torracinta cite l’exemple de Charles Poncet. Cet avocat genevois a en effet commis un billet incendiaire dans les colonnes de L’Hebdo contre la paysannerie suisse qualifiée de «vieille catin ridée».

«Nous sommes encore loin des polémiques sanglantes des années 30, juge l’auteur du Temps des passions. Mais il ne faudrait pas que les polémiques actuelles virent à l’affrontement de personnes».

swissinfo, Frédéric Burnand à Genève


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