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La seule librairie française de Berne disparaît

(Keystone Archive)

Unique librairie indépendante de langue française de la capitale suisse, la «Nouvelle librairie française» va fermer ses portes.

Son personnel est licencié au 31 août. Consternation chez les francophones.

On en parlait depuis un certain temps, mais personne dans la communauté francophone ne voulait y croire. Plus de librairie française dans la capitale d'un pays dont la deuxième langue nationale est le français: impensable!

Cette fois, pourtant, c'est certain: La «Nouvelle librairie française», créée presque miraculeusement il y a sept ans après le départ de Berne de la librairie Payot, n'est plus rentable et va fermer.

Tous les détails ne sont pas encore connus. La propriétaire n'a pas pu être contactée, car elle est actuellement en vacances. Mais, une chose est sûre: tout le personnel de la librairie a été licencié au 31 août et les chances d'un sauvetage de dernière minute paraissent quasi nulles.

Une grande tristesse

Il y a, il est vrai, une section du livre français dans les grands magasins Stauffacher, géant multi-média de la capitale. Mais rien ne remplacera ce que la Nouvelle librairie française offre actuellement à ses clients en termes de diversité de l'offre, de conseils personnels, de gentillesse.

La tristesse est grande chez les francophones de Berne. A l'Ecole de langue française, par exemple, on regrette énormément cette fermeture. Cela pourrait compliquer à l'avenir l'approvisionnement en livres de langue française des élèves, des maîtres et des parents. On ajoute que la «Nouvelle librairie française» était aussi un carrefour culturel bienvenu.

Regrets similaires à l'Ambassade de France. Interrogé par swissinfo, le directeur de l'Office fédéral de la culture, David Streiff, déclare pour sa part que cette disparition – une perte du point de vue de la «diversité culturelle et du bilinguisme de Berne» – lui fait «beaucoup de peine».

Pourquoi maintenant?

Pourquoi cette fermeture maintenant? Plusieurs raisons peuvent l'expliquer. Premièrement, la population francophone de Berne est en recul. Elle constitue 3,6% de la population totale de la commune aujourd'hui contre 7% en 1950!

Ensuite, les librairies indépendantes meurent partout à un rythme accéléré.

A Lausanne, Genève et Fribourg, l'arrivée de la fameuse chaîne française Fnac explique en partie ce phénomène. La Fnac est, en effet, en mesure de casser les prix mais aussi d'attirer la clientèle potentielle «livres» par une offre impressionnante d'autres «produits» culturels (disques, vidéos, DVD, jeux électroniques, photo, etc.).

A Berne, il n'y a pas de Fnac. Mais la Fnac de Fribourg attire le public bernois et le géant Stauffacher est aussi un concurrent pour les petits.

Il faut savoir, en outre, qu'en Suisse francophone, les acheteurs de livres français vont de plus en plus s'approvisionner en France, le prix de vente des livres français étant nettement plus élevé en Suisse.

Et puis, il y a les achats par Internet, concurrence certaine pour tous les libraires.

Mais il y a peut-être aussi une raison plus profonde: la lecture est-elle toujours «la source principale de nos fantasmes?» - pour reprendre l'expression utilisée par l'écrivain jurassienne François Choquard – qui vit à Berne. En d'autres termes, lit-on moins?

Mais sur cette question, les spécialistes sont partagés. Et certains ne manquent pas de relever le formidable engouement des jeunes pour les «pavés» d’Harry Potter.

swissinfo, Michel Walter

Faits

L’unique librairie française de Berne, créée il y a sept ans, va fermer ses portes.
Le personnel est licencié au 31 août 2004.
Actuellement, seule 3,6% de la population de Berne est francophone (contre 7% en 1950).

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