Le terrorisme anime aussi la scène théâtrale

Explication houleuse entre David Valère (le jeune espion) et François Rochaix (le vieil espion). «Opération Métastases»

Dominique Ziegler, fils de Jean, met en scène, à Genève, «Opération Métastases». Une pièce qu'il a écrite sous forme de thriller politique.

Ce contenu a été publié le 05 octobre 2004 - 14:45

Solidement chevillé à l'actualité, son spectacle met face à face deux agents de la CIA. Suspense assuré.

C'est un jeune homme féru d'histoire politique, comme l'est son père, politicien et universitaire. Une chose est sûre: Dominique Ziegler, fils de Jean, épluche la presse, lit les historiens et les sociologues et s'intéresse aux débats que leur réflexion suscite.

Encore une certitude: D.Ziegler aime, comme son jeune héros, les films de James Bond et les productions hollywoodiennes où la fiction devance tragiquement la réalité.

Un espion en herbe

Comme son héros également, il pourrait dire que c'est parce qu'il a vu «trop de conneries au cinéma» qu'il a décidé de démonter les rouages de l'espionnage dans «Opération Métastases».

Une pièce qu'il a écrite sous forme de thriller politique, qu'il met en scène au Théâtre de Carouge à Genève, et qui fait irrésistiblement penser à «Spy Game», le film de Tony Scott.

Sauf qu'ici, il n'y a ni Robert Redford ni Brad Pitt. Mais deux acteurs bien de chez nous: François Rochaix, vicieux comme il faut dans le rôle d'un vieux lascar de la CIA, et David Valère, son cadet, nettement moins convaincant dans celui d'un espion en herbe.

Il flotte David Valère dans son «habit» d'apprenti-sorcier, trop grand pour son jeu étriqué. Mais oublions un moment ces considérations d'interprétation.

Car l'intérêt de la pièce demeure avant tout dans son sujet: un face à face entre deux agents de la CIA. Au fil d'un dialogue haletant, Dominique Ziegler récapitule les récents exploits et bavures des services secrets américains et leurs conséquences sur le monde.

Efficace mais sans dimension poétique

Le monde moderne, le nôtre, et sa tragique réalité sont ici historicisés dans un duo qui, hélas, évacue toute dimension poétique, mais qui reste efficace.

Car c'est le terrorisme, question ô combien brûlante, qui constitue le nerf de cette «Opération Métastases». Hasard du calendrier: le spectacle tombe à pic avec l'actualité, rehaussée par le 6e Forum annuel sur la sécurité internationale, organisé à Montreux.

Pour une fois qu'une pièce est chevillée aux problèmes politiques du moment, on ne va pas s'en plaindre. Rares sont, en effet, les auteurs de théâtre francophones qui écrivent à chaud, dans le but de réagir aux grands événements.

Ce genre d'initiative est plus courant en Grande Bretagne (Harold Pinter) ou dans les pays germaniques (Peter Handke).

Les dramaturges romands, français ou belges se montrent à cet égard plutôt frileux. On souhaite donc que Dominique Ziegler puisse un jour entrer dans la cour des grands. Pour cela, il lui faudra donner à ses textes une ambiguïté lyrique. Celle qui élève le trivial au niveau de la grande tragédie.

Cette même ambiguïté manquait d’ailleurs déjà à sa première pièce «N'Dongo revient», elle aussi politique, créée il y a deux ans, et prévue au Théâtre de Carouge également, à partir du 19 octobre.

swissinfo, Ghania Adamo

«Opération Métastases»: jusqu'au 10 octobre, puis
«N'Dongo revient», du 19 octobre au 14 novembre.
Genève, Théâtre de Carouge. Tél: 022 343 43 43

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