Les couleurs de l'Afrique du Sud dansées à Berne

Le passage de la compagnie franco-indienne Accrorap restera un des tous grands moments de ces Tanztage. Keystone

Les 15èmes Tanztage se sont achevées par la prestation très colorée de la compagnie sud-africaine Robyn Orlin. Dont c'était le premier passage à Berne, samedi soir. Comme durant tout le festival, la Dampfzentrale était archicomble.

Ce contenu a été publié le 09 septembre 2001 - 11:32

La danse a vraiment trouvé son public en la capitale helvétique. Quelque 13 600 spectateurs ont assisté à la 15e édition des Tanztage, si l'on compte l'acrobatie nocturne en plein air programmée finalement onze fois (trois supplémentaires) sous le Kirchenfeldbrücke qui surplombe l'Aar.

Ce qui revient à dire que la fréquentation des lieux de spectacles du festival s'est élevée à 95%. C'est considérable pour un art comme la danse contemporaine. Aux dires des organisateurs, «cela fait deux ans que les Berner Tanztage ont trouvé leur rythme de croisière».

Le Lac du cygne noir

Une image restera gravée dans les mémoires. Celle d'une danseuse sud-africaine qui, non contente de la blancheur de son tutu, saupoudre sa peau de farine, afin de conjurer le sort (son tort?) d'être née Noire.

La séquence est à la fois belle, forte et drôle. Sur l'inévitable «Lac des cygnes» de Tchaïkovski, la danseuse trace de ses pieds nus un cercle d'empreintes qu'elle laisse derrière elle dans la poudre blanche.

Que la chorégraphe Robyn Orlin passe aujourd'hui les frontières n'a donc rien d'étonnant. Son travail est décapant et généreux. Elle vient d'ailleurs de remporter à Paris le Prix Jan Fabre récompensant l'œuvre la plus subversive au Concours chorégraphique de la Seine-St-Denis.

Revendications politiques

Mais si sa revendication politique contre toute forme d'apartheid est bien sûr légitime, elle n'excuse pas le niveau très moyen de sa chorégraphie, pauvre et rudimentaire au possible.

En fait, son spectacle relève plutôt du burlesque que de la danse. Il fourmille de saynètes toutes plus farfelues les unes que les autres. «La danse ne m'intéresse que parce qu'elle est politique», déclare Robyn Orline. «Il n'y a pas une mais des milliers de façons de bouger».

Certes, mais pourquoi nous prendre la tête avec un incessant verbiage doublé d'un titre interminable «Daddy, I 've seen this piece six times before and I still don't know how they're hurting each other"?

La troupe Robyn Orline est évidemment composée de six danseurs et danseuses noirs et blancs. Elle pointe le doigt avec dérision sur les tensions entre les différentes communautés en Afrique du Sud. L'actuelle montée de la xénophobie envers les réfugiés de pays voisins. Et la détermination des femmes au gouvernement.

Anokha, le clou du festival

Reste qu'un tel spectacle ne nous fera pas oublier de si tôt l'envoûtant et spectaculaire «Anokha» de la compagnie franco-indienne Accrorap. De loin la chorégraphie la plus réussie de ces 15èmes Berner Tanztage. Ne serait-ce que par son étonnant mariage entre l'époustouflant hip hop des rues et les subtiles danses sacrées hindoues.

Emmanuel Manzi

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