Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Les coulisses d'une victoire annoncée

Evelyne Binsack a grimpé aux côtés de Robert Bösch, alpiniste et photographe à la Schweizer illustrierte.

(Keystone Archive)

Une campagne de presse bien ficelée. Un sponsor conquis par l'enthousiasme de la jeune alpiniste. Et un solide esprit d'entreprise. Autant d'ingrédients qui ont permis à Evelyne Binsack de laisser son empreinte sur l'Everest.

Evelyne Binsack est donc la première Suissesse à avoir gravi le sommet de l'Everest. Depuis plusieurs mois déjà, la star des guides suisses faisait ses confidences à qui voulait bien l'entendre. Et justement, une partie de la presse alémanique n'a pas manqué de s'en faire largement l'écho.

Particulièrement actif, on trouve le pool formé par la Berner Zeitung, le Berner Oberländer et le Thuner Tagblatt. «Normal, déclare Jürg Spielmann, journaliste du Berner Oberländer. Evelyne habite l'Oberland Bernois. C'est une fille du pays et son histoire fait rêver.»

Pour les journaux locaux, l'épopée d'Evelyne Binsack se vend bien. D'autant que la jeune guide suisse n'en est pas à ses débuts médiatiques. En 1999, elle avait déjà participé à l'ascension télévisée de l'Eiger. Un spectacle qui avait littéralement fait exploser le taux d'audience de la DRS.

«Il est vrai que l'Everest ne représente plus un véritable exploit athlétique, poursuit Jürg Spielmann. Mais, nous avons un journaliste indépendant qui est en contact avec Evelyne. Ce qui nous permet de publier une sorte de journal plutôt sympathique.»

Le Berner Oberländer a versé 1000 francs pour avoir le privilège de suivre les aventures d'Evelyne Binsack. L'organisation est simple. Un journaliste indépendant - par ailleurs collaborateur d'une agence publicitaire - se charge de rédiger les articles qui seront distribués dans les rédactions locales. La couverture est plutôt bonne. Le rédacteur en question affirme ne recevoir aucune rétribution des mains de l'alpiniste.

Mais, ce ne sont pas les seuls atouts médiatiques d'Evelyne Binsack. En effet, même si tous les projecteurs sont tournés vers la première Suissesse qui a posé le pied sur le Toit du Monde, la jeune guide a grimpé aux côtés de Robert Bösch. Cet alpiniste chevronné est également photographe à la Schweizer Illustrierte.

«Par conséquent, nous sommes les sponsors officiels de Robert Bösch», explique Monique Ryser, responsable de l'information du magazine suisse alémanique.

«Mais notre contribution est plutôt faible. Elle vise surtout à nous assurer l'exclusivité du premier reportage photo de l'expédition.» Comme il se doit, en attendant les images finales, la Schweizer Illustrierte n'a pas manqué d'assurer la promotion de l'expédition.

Reste le dernier maillon de la chaîne qui a largement concouru à la réussite de l'aventure: le sponsor principal. «Je ne connais pas grand chose à la montagne mais j'ai vraiment été séduit par l'enthousiasme d'Evelyne Binsack lorsqu'elle est venue présenter son projet», avoue Dietmann Noelle, directeur de WNB Finanzanlagen.

Prix de ce coup de cœur: 62 000 francs par personne uniquement pour les frais d'organisation exigés par le guide Brice Russel, l'organisateur de l'expédition himalayenne. «Mais ce tarif n'englobe pas l'ensemble des dépenses», explique Dietmann Noelle. La facture globale devrait s'élever à quelque 200 000 francs.»

Une somme plutôt rondelette qui est également à inscrire au nombre des succès de la jeune guide. «Evelyne Binsack a un sens aigu du marketing, résume Jürg Spielmann. C'est une femme qui sait très bien se vendre.»

Vanda Janka


Liens

×