Les migrants vus par Sebastião Salgado

Le photographe brésilien lors du vernissage de son exposition "migration". Keystone

Le célèbre photographe brésilien Sebastião Salgado expose à Berne. Sur le thème de la migration.

Ce contenu a été publié le 02 février 2002 - 13:26

«L'humanité est en marche dans l'urgence et dans le chaos. Au cours des dernières décennies, la pauvreté, les guerres et la répression ont déplacé des millions de personnes partout à travers le monde. Quelques personnes fuient pour sauver leur peau et d'autres risquent leur peau pour fuir la misère.»

Ce texte figure dans l'introduction du catalogue de «migration», l'exposition de photographies que Sebastião Salgado présente au Kornhaus de Berne jusqu'au 17 mars. Le Kornhaus n'est d'ailleurs qu'une étape, puisque cette exposition comporte huit versions différentes qui sont présentées dans le monde entier.

Durant sept ans, Sebastião Salgado a traversé 45 pays en photographiant des personnes déplacées. «Souvent, on m'a demandé comment j'ai supporté autant de misère, raconte le photographe. Mais je n'ai pas rencontré la misère. J'ai rencontré des gens dignes qui avaient tout perdu et qui ne comprenaient pas pourquoi.»

Seulement la réalité

L'exposition est constituée uniquement de photographies qui illustrent la réalité. Sebastião Salgado insiste d'ailleurs sur le fait qu'il n'y a aucun montage dans ses clichés et qu'aucune personne immortalisée sur sa pellicule n'a pris la pause.

La force des photos de Sebastião Salgado vient aussi de sa propre expérience. «J'ai été moi-même déplacé de la campagne vers la ville, explique-t-il. Je me suis ensuite transformé en immigré. Et, aujourd'hui encore, je vis dans un pays dont les langues ne sont pas les miennes.»

Photographe et militant

Le photographe brésilien se fait aussi militant. «Nous vivons dans un système qui exclut une bonne partie de l'humanité». Et Sebastião Salgado de donner l'exemple du chocolat suisse: le prix de ce produit n'a jamais baissé alors que le cacao n'a jamais été aussi bon marché.

«Cette exposition parle des effets néfastes de la globalisation et représente les 80% de l'humanité, affirme le photographe. J'aimerais que les politiciens suisses voient ces photos, parce que je crois qu'un processus plus humain est possible.»

Claudinê Gonçalves

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