Locarno, impressions signées Bignardi

Irene Bignardi, le choix de la simplicité. swissinfo.ch

Pendant onze jours, la nouvelle directrice du Festival international du film de Locarno, la journaliste italienne Irene Bignardi, a arpenté les différents secteurs de la manifestation avec charme et tempérament. Rencontre, réalisée avant que le rideau et le verdict du jury ne fussent tombés.

Ce contenu a été publié le 13 août 2001 - 11:54

Lorsqu'elle arrive sur scène pour lancer un film et présenter les protagonistes présents, Irene Bignardi est systématiquement accueillie par de chaleureux applaudissements, dignes d'une star. «Oui... Je vois que le public m'aime beaucoup, je ne sais pas pourquoi, franchement», dit-elle. «J'ai eu une petite notoriété télévisuelle, en Italie il y a une quinzaine d'années, et j'ai peut-être appris quelques façons de communiquer avec le public, dont la simplicité. Mais c'est vrai que le public est très généreux avec moi. Merci.»

A propos de la programmation

On a tout entendu, qu'il s'agisse des professionnels ou des spectateurs, sur le ton pontifiant des uns ou avec la spontanéité des autres. Il y a ceux qui soulignent le génie d'Irene Bignardi, ceux qui sont nostalgiques de l'ère Müller... On a vraiment tout entendu, tout et son contraire, à tel point que cela en est presque drôle.

Edifiant: on a également pu découvrir un jury plus que partagé, déchiré, pour le choix du «Léopard d'or», attribué finalement à «Alla Rivoluzione sulla due cavalli», du réalisateur italien Maurizio Sciarra (voir les articles «Léopard d'or pour une sympathique Deux chevaux» et «Locarno à l'heure du road-movie»).

Et la principale intéressée, qu'en dit-elle, de sa programmation? «Je crois qu'il y a des films qui sortiront de ce festival. Le film iranien «Delbaran», les deux films italiens les plus importants, «Dervis» et «Non è giusto», les deux films français, «Comment j'ai tué mon père» et «Le lait de la tendresse humaine», «L'Afrance» également, le film anglais «Lawless Heart», ce sont des longs-métrages qui continueront leur chemin. Or le sens d'un festival, c'est de trouver des œuvres qui n'ont pas encore d'histoire, de profil, et de les proposer au public. Ce ne sont pas nécessairement des chefs-d'œuvre, mais ce sont des films intéressants, qui parlent aux gens. Si c'était à refaire, je les reprendrais, tous».

Si le Festival de Locarno a changé d'âme, comme certains le pensent - en bien ou en mal, c'est qu'il doit y avoir une Bignardi's touch. Comment la définir? «Je suis peut-être un peu moins intellectuelle, même si je suis une intellectuelle», répond-elle en riant. «Je pense surtout à un cinéma qui parvient à parler. Et mes erreurs, s'il y en a eu, proviennent de ma volonté de chercher un cinéma qui communique.»

Et d'ajouter: «Je souhaite que la simplicité du contact et du sourire caractérise les rapports à l'intérieur de ce festival. Je n'aime particulièrement pas les gens qui se cachent derrière des airs très intellos, très importants». Un profil dont le 7e Art, et surtout les milieux qui gravitent autour de lui, ne sont pourtant pas avares.

Bernard Léchot, Locarno

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