Locarno franchit un nouveau pas

Le Festival du film doit continuer d'explorer de nouveaux territoires, selon la directrice, Irene Bignardi. Pour rivaliser avec les grands, Cannes ou Venise...

Ce contenu a été publié le 03 août 2002 - 11:31

Irène Bignardi vit sa deuxième année à la direction artistique du Festival international du film de Locarno. Son souhait: «J'adorerais que les spectateurs se sentent comme s'ils venaient de traverser des mondes inconnus. Pas au sens romantique, mais plutôt politique, humain et social.»

La longue liste des participants étrangers lui donne sans doute raison. Lorsqu'on voit les noms de pays comme la Mongolie, le Sri Lanka ou l'Afghanistan, on se sent déjà un peu 'explorateur'. Une sorte d'encouragement à voir le monde autrement, selon elle: «Personne ne peut rester indifférent face à un film qui parle de conflits religieux en Inde ou de ce qui arrive aux enfants d'Afghanistan.»

Lorsqu'elle a été nommée directrice, l'année dernière, Irene Bignardi déclarait que le festival devrait continuer à promouvoir le travail de jeunes réalisateurs inconnus, tout en étant aussi une plate-forme pour les films de pays et de cultures moins présentes dans le monde du cinéma.

La cour des grands

Les grands comme Cannes, Venise ou Berlin ont bien sûr une influence sur Locarno. Mais pas négative, selon la directrice artistique.

Les réalisateurs ne voudraient certainement pas s'impliquer à Locarno avant un grand rendez-vous comme Cannes. Mais une fois la manifestation française passée, Locarno peut intervenir. Il obtient alors ce qu'on pourrait appeler 'le meilleur des restes'.

Cela dit, il ne faut pas surestimer les grands... «Quelques fois, Cannes renonce à certains films parce qu'ils ne font pas partie du système, ou parce que le festival ne les a pas bien compris. Nous ne devons pas faire les mêmes erreurs», commente Irene Bignardi.

Plus tard, à fin août, arrive un autre grand festival: Venise. Mais ce n'est pas un problème pour la directrice. Elle estime que ses choix sont suffisamment différents de ceux du nouveau directeur artistique de Venise, le Suisse Moritz de Hadeln.

L'Afghanistan

Les événements du 11 septembre n'ont pas eu une influence directe sur le choix des films. Mais Irene Bignardi reconnaît qu'ils ont tout de même pesé dans la décision de consacrer une journée entière à l'Afghanistan.

La redécouverte de films d'archives à Kaboul, en janvier, a été suivie d'une discussion entre la directrice artistique, le président du festival Marco Solari et la Direction du développement de la coopération (DDC) pour savoir comment intégrer au mieux ces films au festival.

«Même si les pellicules ne sont pas en bon état, ces archives nous donnent l'occasion de découvrir ce qu'était l'Afghanistan, avant l'ère des Taliban», ajoute Irene Bignardi.

A côté de la pellicule, le festival projettera également une quarantaine de vidéos. Et proposera des débats sur l'Afghanistan avec des intervenants de milieux culturel ou politique, et des représentants d'organisations humanitaires.

Envoyer un message

Cette journée va précisément dans le sens du Festival de Locarno. Vers une grande diversité culturelle. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de place pour des films à grand succès.

Irene Bignardi ne se considère pas comme une «intellectuelle». Elle estime qu'elle n'a pas de temps à perdre à tout intellectualiser à tout prix. Comme le font certains directeurs artistiques. Elle préfère choisir des films qui offrent «une bonne histoire».

Peu importe s'ils sont moins originaux. Ce qui compte c'est qu'il y ait un petit plus. «Le film anglais 'Bend it like Beckham' est sans doute conventionnel, précise Irene Bignardi. Mais il évoque si bien la relation des adolescentes avec leur famille. C'est un film fort. Alors il est bienvenu à Locarno.»

swissinfo/Jonathan Summerton

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