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Ludwig Hohl, l'air pur des cimes

Ludwig Hohl, qui marqua aussi bien Frisch que Dürrenmatt ou Muschg.

(snl.ch)

L'écrivain glaronnais, dont on fête le centième anniversaire de la naissance, est à l'honneur dans deux théâtres romands.

Outre l'exposition qui lui est consacrée à Berne, son récit, «Une Ascension», est lu à Genève puis Lausanne par Jean-Luc Bideau et Jacques Probst.

«Une Ascension» est un récit exposé à l'air pur des cimes. Il y a dans ce texte, commencé en 1926, terminé en 1979 et mille fois remanié, une aspiration très forte vers le haut. Une volonté ferme d'«échapper à l'enclos du monde».

En aval de cette «Ascension», les prés verdoyants d'une vallée «dans l'attente du faucheur». En amont, un glacier sur lequel glissera tantôt un rêve. Entre la vallée et le glacier, une route à parcourir qui ressemble à un chemin de croix.

Deux alpinistes

La montagne s'offre ici à deux alpinistes, Ull et Johann, imaginés par Ludwig Hohl comme dans un documentaire de fiction.

Le premier des deux personnages est téméraire, absolutiste. Le second cède à sa volonté velléitaire. Aux deux, Jean-Luc Bideau et Jacques Probst prêtent leur voix de comédiens genevois, dans une lecture de ce récit proposée à Genève (Théâtre Saint-Gervais) puis à Lausanne (Grange de Dorigny).

Pour se mettre dans un état favorable à cette «Ascension», il convient d'approcher la montagne par sa face cachée. C'est-à-dire d'escalader son versant symbolique.

S'ouvre alors au lecteur une pluralité de sens dont on retiendra notamment l'élévation de l'âme. Ou, mieux encore, la recherche du sublime. Celle-là même qui tenta Ludwig Hohl sa vie durant.

Rigueur obsessionnelle

L'écrivain glaronnais (1904-1980), dont on fête le centième anniversaire de la naissance, visait les sommets. Non pas ceux que procure la gloire - qu'il ne connut guère de son vivant. Mais ceux auxquels mène une rigueur morale, devenue presque une obsession chez l'auteur des «Notes».

Admiré par Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt, frère en littérature de Robert Walser, Ludwig Hohl vécut comme ce dernier dans une méfiance orgueilleuse qui l'éloignait de ce bas monde et de ses vanités. Au point qu'il choisit pour demeure une cave dans laquelle il travailla durant 25 ans, à Genève.

L'exposition («Ludwig Hohl: Alles ist Werk») que lui consacre aujourd'hui la Bibliothèque nationale suisse à Berne met à la lumière du jour la pensée d'un homme qui intitula «Chemin de nuit» un recueil de textes courts écrits entre 1931 et 1938.

Ce «Chemin»-là a ouvert la voie à «Une Ascension». Dans la «nuit» évoquée par le Glaronnais s'esquissaient déjà des ombres effrayantes.

On les retrouve ici sous la forme de rocs, de pics et d'arêtes: sculptures monstrueuses que la montagne engendre et contre lesquelles les deux alpinistes se battent désespérément.

swissinfo, Ghania Adamo

En bref

- «Une Ascension» est à voir à Genève, Théâtre Saint-Gervais, du 24 au 26 mars. Puis à Lausanne, Grange de Dorigny, du 1er au 4 avril.

- L'écrivain Ludwig Hohl est né le 9 avril 1904 à Nestal, canton de Glaris. On commémore donc cette année les cent ans de sa naissance.

- Après des séjours en France, en Autriche et aux Pays-Bas, il a vécu et travaillé durant 43 ans à Genève, où il est mort en 1980. Ses écrits sont conservés et exploités depuis 1994 par les Archives littéraires suisses à Berne.

- Pour marquer cet anniversaire, la Bibliothèque nationale consacre une exposition à l’écrivain. Intitulée «Ludwig Hohl: tout est oeuvre», elle montre la lutte inlassable de Ludwig Hohl pour aboutir à son oeuvre principale, «Les Notes».

- L'exposition est à voir jusqu'au 15 mai à la Bibliothèque nationale suisse à Berne. Elle a été réalisée en collaboration avec le Museum Strauhof de Zurich, où elle sera reprise en automne.

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