Peintres vaudois: trois femmes

Aloïse, «Bonne Année», crayons de couleurs. Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne

A voir à l'Espace Arlaud, à Lausanne: l'exposition «O vaste monde de lumière», qui réunit les oeuvres d'Aloïse, d'Alice Bailly et de Violette Diserens. Des artistes qui ont lutté doublement, en tant que femmes et en tant qu'artistes, au début du 20e siècle.

Ce contenu a été publié le 18 février 2001 - 11:05

Catherine Lepdor, directrice ad interim du Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, consacre une exposition à trois femmes peintres peu ou prou contemporaines, actives durant la première moitié du 20e siècle: Aloïse, devenue un nom incontournable de l'art brut, Alice Bailly, dont les tableaux ont été le plus à l'avant-garde, et Violette Diserens, à la peinture peut-être plus sage, mais bien volontaire.

Le propos consiste à confronter leurs œuvres, distinctes, mais aussi colorées et lumineuses les unes que les autres, et leurs parcours, en mettant en avant cette interrogation: comment chacune de ces femmes a-t-elle surmonté les obstacles qui se posaient à elle, en tant qu'artiste et en tant que femme? Or, répondre à cette question revient à cerner la personnalité, mais aussi le style propre, de chacune.

On sait qu'Aloïse, schizophrène, a trouvé dans le dessin et dans l'exacerbation de ses fantasmes, un exutoire.

Alice Bailly a choisi de mener sa carrière «comme un homme», en se confrontant à ses collègues masculins d'égal à égal. Et elle y a assez bien réussi, elle qui est considérée comme l'un des artistes romands les plus forts de la période concernée, elle qui a laissé de magnifiques tableaux cubistes et futuristes («Jeu d'éventail», 1913, ou encore «L'heure du thé», 1913-14, ou ce «Vol de mouettes sur la rade» de 1915).

Violette Diserens, pour sa part, a privilégié la lutte professionnelle et la solidarité, en s'investissant dans une structure associative, la Société suisse des femmes peintres, sculpteurs et décorateurs. Sa peinture, teintée de fauvisme, acquiert par la suite des tonalités étonnamment vives («Les tigres au cirque», 1945) et une simplicité qui rappelle celle du Douanier Rousseau.

Laurence Chauvy

L'exposition est présentée à l'Espace Arlaud à Lausanne (tél. 021/ 316 38 50) jusqu'au 22 avril.

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