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Philippe Saire: danser l'imposture pour se livrer

Chacun des personnages aura son quart d'heure de gloire "à la Warhol". (Compagnie Philippe Saire)

A Lausanne, au Théâtre Sévelin 36, huit danseurs pour huit personnages en quête d'identité composent le nouveau spectacle du chorégraphe lausannois Philippe Saire.

Perchée sur de hauts talons et moulée dans une jupe serrée, une femme attend. C'est peut-être une hôtesse de l'air, qui vante ses charmes, mais se sent seule dans son univers.

Tendue vers une quête de changement de vie, la danseuse s'abîme désespérément dans l'espérance. Elle se cherche et caresse tout en même temps le désir de rencontrer l'homme. Mais surtout: «ne plus être celle que l'on prend, mais celle qui décide!»

Le début du solo d'Anne Delahaye est chargé d'une série de mouvements répétitifs et très carrés. Qui illustrent sa vie hyper organisée, hyper stéréotypée. La dame se protége.

Puis, sa danse se fait plus romantique. Son style chorégraphique plus coulé et délié. Elle se libère, se métamorphose. Ses mouvements deviennent plus amples et suaves. Elle se fait câline, puis carrément féline. Prête à conquérir l'homme, le monde, la vie qui coule en elle.

C'est là l'un des extraits - interprété par la danseuse Anne Delahaye - du nouveau spectacle «Impostures» du chorégraphe lausannois, Philippe Saire. Il compte, au total, huit solos d'un quart d'heure, dont trois féminins et cinq masculins.

Chacune de ces huit performances dansées est un peu considérée comme le quart d'heure de gloire à la Andy Warhol. A chaque fois, le personnage est en prise directe avec son époque et sommé d'assumer les contradictions de sa personnalité.

Belle démarche que celle de Philippe Saire qui, partant des préoccupations de ses danseurs, les emmène tous vers un personnage à développer. Pour mieux dévoiler leur propre personnalité. On pourrait appeler ce cheminement artistique le détour qui mène à soi-même.

«J'ai eu envie de travailler en profondeur avec chacun des danseurs, explique Philippe Saire. Je suis donc parti de leurs propres propositions, en pensant que leurs préoccupations personnelles pouvaient aussi devenir universelles.»

Le spectacle «Impostures» tend à démontrer que, comme l'a écrit Lord Byron, «le mensonge, c'est la vérité sous le masque». Pour Philippe Saire, «un interprète en danse ou en théâtre est, en effet, tout simplement quelqu'un qui parle de lui à travers un rôle».

Emmanuel Manzi

La Compagnie Philippe Saire donnera «Impostures» à Lausanne, au Théâtre Sévelin 36, du 9 au 20 mai.


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