Pluie de galettes romandes

Sarclo, de retour en grande forme. Sarclo

De Sarclo l'aîné aux plus jeunes Laurent Brunetti ou Hervé Lenoir, la chanson romande fait sa rentrée d'automne. Dans la diversité.

Ce contenu a été publié le 23 octobre 2001 - 18:16

Si la chanson en provenance de Romandie n'est pas assez étoffée pour connaître une «rentrée» au sens littéraire du terme, plusieurs artistes sortent presque simultanément le fruit de leurs efforts en studio.

Effort est d'ailleurs bien le mot pour Laurent Brunetti, visage sage et pochette lisse pour un album intitulé «Chaque instant» (Disques-Office) qui ne l'est pas moins. Le jeune homme affirme avoir toujours eu envie de chanter. Il s'est fait la voix sous la baguette de Pierre Huwiler, notamment dans le cadre de comédies musicales.

Fan de Balavoine, il en reprend deux titres («L'amour gardé secret» et «Pour faire un disque»), qu'il accompagne notamment de reprises de Michel Berger, Claude Léveillée, Charles Aznavour ou Jean-Jacques Goldman. Rien que ça. A l'arrivée, une chose un peu molle et synthétique qui ressemble davantage à un radio-crochet façon M6 qu'à un véritable album.

Cool Lenoir

Nettement plus personnel, Hervé Lenoir, qui a déjà joué dans moult formules musicales, signe quant à lui «La saison des hommes» (Disques-Office), un disque dont chaque titre balance gentiment, entre funk tranquille et ballade sautillante, sous la houlette d'une guitare acoustique prédominante.

La voix douce, un peu maniérée, égrène notes et mots avec un certain détachement. Car Lenoir ne dit rien de fondamental. Il se plaît plutôt à évoquer des ambiances, et les états d'âme qui vont avec: «Je larve allongé sur le sofa, à jouer au ver de terre, Je garde une petite place pour toi, peut-être» («Les principes du règne végétal»).

A noter sa reprise réussie de «Destination me and you» du groupe americano-neuchâtelois Bee Bee Honey, qui se transforme chez Lenoir en «Transsibérien».

Sarclo multiple

Enfin, Sarclo nous revient avec un 9e opus sobrement intitulé «L'amour est un commerce, mais la décharge est municipale» (EPM/Universal). Un disque qui ne contient pas moins de 18 titres (dont un, il est vrai, n'est constitué que d'un seul mot: «merde», preuve que Sarclo reste fidèle à lui-même). «Les journalistes trouveront ce disque un peu long, et nous espérons que les gens qui aiment les chansons le trouveront au poil», écrit-il dans le booklet.

Long, ça n'est pas. Et cela d'autant moins que, d'un point de vue musical, le chanteur genevois alterne les climats: titres en solo, arrangements étoffés par le multi-instrumentiste Jean-Christophe Gaillard ou par le guitariste et chanteur Stéphane Blok.

Long, cela ne l'est pas non plus du point de vue des mots. Car Sarclo aime la diversité. Du carrément dégueu tendance gag de collégien («Le bubon»), au rigolo coquin («L'impétueux petit bâton») en passant par le franchement tendre («Amours toujours», et ce profond besoin d'amour qui nous hante depuis l'enfance).

Sarclo a des choses à dire, qu'il dit bien. Ainsi celles qu'il dit à ses filles pour les prévenir de ce que peuvent être les garçons («Tri sélectif»). Il a également, face aux images télévisées qui nous assaillent, des questions brutales à poser: «Le jour où l'horreur va venir, Saura-t-on seulement réagir, Faut-il apprendre à nos enfants comment violer les mamans des autres?».

Enfin, il faut indéniablement lui reconnaître le sens du constat: «Quand je suis heureux, je me sens idiot, mais j'en profite pour être content» suivi un peu plus loin de: «On meurt tous d'une maladie courte et rigolote: la vie». Fort.

A noter que Sarclo chantera à Paris, au Sentier des Halles, du 6 novembre au 8 décembre, avant de reprendre le cours de sa tournée helvétique.

Bernard Léchot

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article