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Quand l'arabe pâtit du mélange des langues au Liban



Le français et l'anglais s'affichent sur la rue Hamra, à Beyrouth.

Le français et l'anglais s'affichent sur la rue Hamra, à Beyrouth.

(Keystone)

Face au poids de l’anglais, le français se perd, selon certains. Mais d’autres langues connaissent un souci similaire à cause de l’anglais… et du français! L’exemple libanais à travers un article de Rana Moussaoui (AFP).

«Hi, kifak? ça va?»: si les Libanais se targuent d'être polyglottes, le mélange très courant de langues a sa contrepartie: la jeune génération est critiquée pour son manque de maîtrise de l'arabe, en faveur duquel une campagne de promotion a été lancée ce printemps.

Le Liban, qui a connu le mandat français (1920-1943), est souvent considéré comme le plus «occidentalisé» des pays arabes et le plus réceptif aux modes internationales. S'il est un bastion francophone au Moyen-Orient, la langue de Shakespeare a gagné du terrain et la majorité des écoles enseignent l'arabe, le français et l'anglais dès le plus jeune âge.

«L'arabe est une langue bien vivante mais les jeunes s'en éloignent», déplore Suzanne Talhouk, présidente de l'association «Fael Amer» (Impératif) qui a lancé une campagne intitulée «Je te parle en oriental, tu me réponds en occidental».

«Certains sont incapables d'écrire un texte correctement (en arabe) et beaucoup d'universitaires interrogés n'ont pas pu nous réciter l'alphabet», ajoute la jeune femme.

Plus ‘cool’ de parler français

Si les «merci ktir» (merci beaucoup), «bonjourein» (deux bonjours), «charchoura» (chérie version arabe) ou «yalla bye» font sourire, l'incapacité de tenir une conversation dans une même langue en agace plus d'un.

«Cours ‘el arabi’? Ca ne m'intéresse pas... ktir», affirme Nathalie, en classe de première. «Dans notre école, c'est plus ‘cool’ de parler en français, l'arabe est plutôt considéré avec dédain».

Pour Mme Talhouk, dont le slogan est «Ne détruis pas ton identité, préserve ta langue», «posséder une deuxième langue, c'est un atout, à condition de la maîtriser et de ne pas négliger sa langue maternelle».

Les professeurs d'arabe estiment que le problème naît en famille. «Beaucoup de parents ont tendance à parler en français ou en anglais à leurs enfants», affirme Hiba, institutrice à Beyrouth. «Le problème est que je me retrouve avec des enfants de six ans qui ne parlent pas leur langue maternelle et qui sont presque choqués par l'arabe littéraire», qui diffère de l'arabe parlé.

Pire, des parents ayant une double nationalité en profitent pour «dispenser» leurs enfants des cours d'arabe.

L’école en cause

«Certains disent au prof ‘parle à l'enfant en français ou en anglais s'il ne comprend pas l'arabe’. C'est triste, il ne faut pas rougir de sa langue», renchérit Mme Talhouk. «La Francophonie dépense des sommes énormes pour le français, pourquoi ne pas faire de même»?

L'école assume également une part de responsabilité, en «traitant souvent l'arabe comme une matière secondaire», affirme Henri Awaiss, directeur de l'Ecole de traducteurs et d'interprètes de Beyrouth (Université Saint-Joseph).

«Ecrire en arabe n'est plus à la mode, surtout avec Internet. On l'écrit en caractères latins: c'est l'arabe version Facebook», surenchérit Mme Talhouk.

La lecture se perd

L'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (Alecso) a proclamé le 1er mars dernier «Journée de la langue arabe» pour «préserver l'héritage de la nation arabe face à la mondialisation».

La lecture fait également défaut. «Je ne lis pas de romans arabes car ils ne m'interpellent pas en tant que jeune», dit Bilal, étudiant en audiovisuel.

Pour Leila Barakat, coordinatrice générale de «Beyrouth capitale mondiale du livre» (avril 2009-2010) qui finance la campagne, «il faut encourager la littérature de jeunesse, peu développée en arabe».

L'effort doit également se concentrer sur le développement de la terminologie scientifique et technologique, où abondent les emprunts.

«Les jeunes doivent sentir que cette très belle langue s'adapte aussi à leur époque», résume Mme Talhouk.

Rana Moussaoui (AFP) et swissinfo.ch

Les langues au Liban

Langue officielle. L'arabe classique est la langue officielle du Liban, l’arabe libanais (ou syro-libanais, ou leventin du Nord), la langue d’usage.

Arabe libanais. 98% de la population parle l’arabe ou l'une de ses variétés. La majorité de la population (93,7%) parle l'arabe leventin du Nord, appelé aussi arabe libanais ou arabe syro-libanais. Cette langue est partagée par les Libanais, les Syriens, les Palestiniens, les Druzes, les Alawites et une partie des Juifs.

Langues secondes. En raison de l’histoire du Liban, le français et l’anglais, en plus de l’arabe classique, demeurent des langues relativement pratiquées comme langues secondes. Si l’arabe classique est censé être parlé par tous les Libanais, ils sont 45% à parler le français et 40% l’anglais. En général, le français est répandu dans les familles chrétiennes et dans les couches aisées musulmanes; la majorité des musulmans ont tendance à être plutôt anglophiles.

Bilingues. Des études effectuées en 2000-2001 par la Commission des affaires culturelles du gouvernement français démontrent que les vrais bilingues arabe-français représenteraient 28,5 % de la population, alors que les bilingues arabe-anglais seraient 14 %.

Trilingues. Par ailleurs, 73% des bilingues arabe-français connaîtraient également l’anglais. Il s’agirait d’un trilinguisme où l’arabe serait utilisé à la fois comme langue maternelle et comme langue vernaculaire, le français servant essentiellement comme langue de culture et l’anglais comme langue fonctionnelle pour les communications avec l’extérieur.

D’après le site ‘Les archives françaises du Québec’

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