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Recrosio, la tentation du «Cro-Magnon des stades»!

L'humoriste valaisan a décidé d'interrompre la tournée de son nouveau spectacle «Aimer, mûrir et trahir avec la coiffeuse – itinéraire de l'amour normal» durant le mois de juin afin de vivre l'Euro avec ses potes.

Pas vraiment fan de foot, Frédéric Recrosio aime surtout la vie sociale extraordinaire qu'engendre un tel événement. Dans les stades, mais aussi dans la rue et dans les cafés.

De retour sur les planches depuis la mi-janvier avec son nouveau one man show, l'humoriste valaisan a décidé de s'octroyer une petite pause en juin. Pour ne pas trop souffrir de la concurrence du football d'une part, mais principalement pour vivre pleinement l'événement. Interview.

swissinfo: Frédéric Recrosio, comment allez vous vivre cet Eurofoot?

Frédéric Recrosio: Je me réjouis énormément car comme tous les événements, qu'ils soient sportifs ou culturels, il y a une vie sociale extraordinaire qui se fabrique autour.

J'ai un ou deux billets pour aller voir des matches dans les stades. Mais je vais surtout profiter de sortir et d'aller regarder des rencontres diffusées dans des lieux publics.

J'aime ces moments car ils me donnent l'occasion de retrouver des amis et de passer du temps avec eux. Ce sont des heures où nous sommes ensemble. Cela me rappelle mon adolescence, quand j'allais au stade avec mes copains – j'y vais d'ailleurs encore de temps à autre - et que nous nous préoccupions plus d'évoquer nos vies et nos états d'âmes plutôt que de nous intéresser à ce qui se passait sur la pelouse.

swissinfo: Vous n'êtes donc pas un vrai supporter?

F.R.: Non pas vraiment. Je ne passe par aucun des états d'âme que peut connaître un supporter normal qui se laisse envahir par la passion.

Mais tout de même, il y a un truc qui me frappe! On nous dit déjà aujourd'hui que ce serait fantastique que la Suisse arrive en demi-finale... Je trouve cela absolument typique d'une attitude certaine helvétique, et assez intolérable par rapport à la pratique d'un sport. Deuxième, c'est être le premier de ceux qui ont perdu !

Après le Mondial, je me souviens que l'hebdomadaire «L'Illustré» avait titré: «Merci de nous avoir fait rêver !» Mais rêver quoi? De ne pas avoir atteint le stade des quarts de finale? Non mais ! On doit donc être content de nous parce que l'on est de tels bouseux, à la base? Je trouve cela bizarre.

swissinfo: Vous aviez donc déjà bien suivi la compétition en Allemagne?

F.R.: Oui, et je suis même allé voir un match de l'équipe de Suisse. C'était à Dortmund contre le Togo et franchement, il fallait voir ça.

Comme peu de Togolais étaient présents en Allemagne, tout le stade était de couleur rouge. Et la ville était envahie de Suisses qui avaient juste envie d'être ensemble et de fuir la grisaille de leurs quotidiens.

Je trouve que le football a ceci de magnifique qu'il fabrique un esprit de corps impressionnant. On peut regretter d'ailleurs qu'il n'y ait pas un idéal derrière. Car tout à coup, on voit des gens, ensemble, qui s'attrapent les bras, qui ont une écharpe de la même couleur et qui chantent.

Avec huit de mes amis, cela nous a permis de partager un moment précieux et de revenir, de manière tout à fait volontaire, à la «bêtise» du supporter moyen qui hurle comme jamais dans le train et dans le stade pour encourager son équipe.

Par rapport à la vie normale, tout est très simplifié dans un match de football. Il suffit simplement de crier pour les Rouges contre les Verts. Et puis le football, c'est un thème universel.

swissinfo: Et les filles dans tout cela?

F.R.: J'aime le discours de la femme sur le ridicule du «Cro-Magnon des stades».

J'aime même beaucoup, car cela nous permet de leur renvoyer la balle sur leur délicatesse insupportable, parfois, et leur petite fascination pour la sophistication. Au final, le combat est relativement équilibré. Reste que les filles que je côtoie, eh bien, elles viennent aussi au stade !

swissinfo: Vous-même, pratiquez-vous un sport?

F.R: Aujourd'hui plus vraiment, mais j'en ai fait beaucoup jusqu'à l'adolescence. J'ai même subi une blessure qui a été plutôt salutaire, car c'est à partir de ce moment-là que je me suis mis à écrire énormément.

Auparavant, je n'avais pas vraiment le temps, car il y avait quatre entraînements par semaine plus le match le week-end. Je faisais du basket et, comme je n'étais pas un surdoué, je devais multiplier les heures entraînement. Avec le recul, je comprends que ce que j'allais chercher dans une équipe, c'était plus le fait d'être «ensemble», avec des copains, que la pratique d'un sport.

Aujourd'hui, je porte une attention particulière à mon hygiène de vie. Je suis très discipliné concernant la nourriture ou mon sommeil. Comme un sportif, je suis obligé d'avoir une bonne préparation pour réaliser de bonnes performances.

Quand je suis en tournée, je fais très attention aux excès car j'aime bien me réveiller avec la tête qui fonctionne. Et lorsque j'ai beaucoup de travail, je me rajoute volontairement des heures de sport parce qu'après, je mange mieux et je dors mieux. Avec l'âge, être dans un corps en santé permet aussi d'être mieux mentalement.

Interview swissinfo, Mathias Froidevaux

PARCOURS D'UN HUMORISTE

Frédéric Recrosio est né à Sion il y a 32 ans. Son père, un Italo-Suisse de la seconde génération, y a longtemps possédé un magasin de confection pour hommes.

Licencié en sociologie de l'Université de Lausanne, l'humoriste a commencé sur scène dans un duo (Los Dos) qu'il composait avec Frédéric Mudry.

Protagoniste de plusieurs émission à la Radio Suisse Romande («La Soupe» notamment) et à la Télévision suisse romande («Revue d'Axel» ou «Scène de ménage»), il a aussi écrit des chroniques pour des journaux.

Frédéric Recrosio a également collaboré activement aux éditions 2004 et 2006 de la «Revue de Cuche et Barbezat».

Joué depuis 2002, son one man show «Rêver, grandir et coincer des malheureuses» lui a permis d'atteindre le haut de l'affiche en Suisse mais également à Paris (au théâtre Trévise). Une adaptation littéraire du spectacle vient de sortir de presse.

Etabli à Lausanne, il passe en règle générale deux jours par semaine dans la ville lumière puisqu'il office comme chroniqueur sur les ondes de France Inter («Les fous du roi» de Stéphane Bern) et pour une émission TV de Canal+.

Frédéric Recrosio va d'abord jouer son nouveau spectacle «Aimer, mûrir et trahir avec la coiffeuse – itinéraire de l'amour normal» en Suisse avant d'aller le présenter en France.

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