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Les chercheurs se rebellent contre l’Europe



Olivier Küttel en a marre de la paperasserie européenne.

Olivier Küttel en a marre de la paperasserie européenne.

Trop paperassière, l’administration des programmes de recherche de l’Union européenne (UE), auxquels participe la Suisse? C’est l’opinion de plus de 13'500 chercheurs, dont quelque 830 Helvètes, qui ont signé une pétition réclamant une simplification du système.

La pétition a été remise le 5 juillet au ministre de l’Economie et de l’Emploi de la Région bruxelloise, Benoît Cerexhe, qui dirigera jusqu’à la fin de l’année les réunions ministérielles de l’Europe des Vingt-Sept consacrées à la recherche – la Belgique a pris le 1er juillet la présidence tournante de l’UE.

Les signatures ont été récoltées par l’association Trust Researchers, co-fondée – à titre personnel, insiste-t-il - par un Suisse, Olivier Küttel, le directeur d’Euresearch, le réseau suisse d’informations sur les programmes de recherche européens.

«Si seulement les banques étaient surveillées aussi étroitement que les chercheurs…», soulignent les pétitionnaires, qui se plaignent de la lourdeur des procédures administratives de l’Union, de contrôles excessifs et de temps d’attente trop longs pour bénéficier des financements communautaires.

Enorme paperasserie

«Tout est beaucoup trop compliqué», témoigne Olivier Küttel. «La paperasserie est énorme; on doit souvent attendre un an entre la présentation d’un projet et le moment où on peut le démarrer.» Et puis, déplore le Suisse, «l’Union ne fait pas confiance aux chercheurs, qui doivent justifier leur moindre dépense au centime près. L’UE part du principe que certains fonds seront mal utilisés et impose donc aux chercheurs les mêmes règles que celles qui doivent être respectées par les agriculteurs ou lors de l’achat de chaises ou de tables. Elle ignore le fait que faire de la recherche, c’est prendre des risques. On ne peut jamais affirmer qu’un projet aboutira.»

Benoît Cerexhe le reconnaît lui-même: «Tout cela finit par décourager les chercheurs de participer aux programmes de l’UE» – les PME, notamment, les boudent. «Tant dans le monde des entreprises qu’au sein des universités, ils passent parfois plus de la moitié de leur temps à remplir des formulaires. Or, les chercheurs ont besoin de se gratter les méninges, pas du papier!», déclare le ministre belge.

Le sujet sera évoqué le 16 juillet, lors d’une réunion informelle des ministres de la Recherche des Vingt-Sept, et des propositions concrètes seront faites par la Belgique le 12 octobre.

«Il faut trouver le juste équilibre entre la confiance et le contrôle de l’usage des fonds publics. L’une des voies que nous voulons explorer consiste à passer de l’approche actuelle fondée sur les coûts à une approche fondée sur les résultats, tout en sachant que la recherche contient toujours une part d’incertitudes», explique Benoît Cerexhe. «Ne pourrait-on pas octroyer des sommes forfaitaires aux chercheurs, plutôt que de réclamer des justifications détaillées de leurs dépenses?»

Mécontentement, mais bilan flatteur

Le mécontentement des chercheurs européens contraste avec le bilan intermédiaire flatteur que vient de dresser la Suisse de sa participation au 7e programme cadre de recherche (PCR) de l’Union, doté d’un budget de quelque 54 milliards d’euros - 82 milliards de francs environ - pour la période 2007-2013.

La participation de la Suisse au financement du 7e PCR devrait s’élever à plus de deux milliards de francs, en sept ans. En date du 15 octobre 2009, alors que 18% du budget global du programme européen à peine avaient été alloués, les chercheurs suisses avaient déjà obtenu des fonds européens pour un montant de 561,8 millions de francs.

Tanguy Verhoosel, Bruxelles, swissinfo.ch

La recherche suisse et l’UE

Depuis 2002, les universités, les entreprises et les chercheurs suisses participent de plein droit aux programmes de recherche de l’Union européenne, ce qui leur permet notamment de diriger des projets internationaux avec le soutien financier de l’UE. Auparavant, leur participation se faisait au cas par cas.

Le 7e Programme cadre de recherche (PCR) de l’Union couvre la période 2007-2013 et s’articule autour de quatre programmes spécifiques: «Coopération», qui vise à promouvoir la collaboration entre l’industrie et les universités, «Idées», qui vise à soutenir la recherche fondamentale, «Personnes», qui vise à faciliter la mobilité des chercheurs, et «Capacités», qui vise à soutenir les infrastructures de recherche.

Le programme «Coopération» forme le noyau dur du 7e PCR (64% du budget total, qui s’élève à 56,4 milliards d’euros au total en sept ans). Il est lui-même subdivisé en dix domaines thématiques. Les Suisses excellent dans plusieurs d’entre eux: les technologies de l’information; la santé; les nanosciences, nanotechnologies, matériaux et nouvelles technologies de production. Ils sont également très présents dans le programme «Idées».

Les Ecoles polytechniques fédérales sont les principales bénéficiaires des aides européennes (42% des fonds), devant les universités cantonales (27%) et les entreprises du secteur privé (21%).

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