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Un composant des biberons à nouveau mis en cause



La substance utilisée pour la fabrication des biberons serait dangereuse pour le développement des bébés, selon certains scientifiques.

La substance utilisée pour la fabrication des biberons serait dangereuse pour le développement des bébés, selon certains scientifiques.

(swissinfo.ch)

Certains biberons contiennent trop de bisphénol A (BPA), un composant chimique présent dans de nombreux objets de la vie quotidienne, selon une étude suisse. Certains pensent que cette substance peut même provoquer des maladies, mais ils ne sont pas d’accord sur la quantité nécessaire pour en arriver là.

Pour Natalie von Götz, chercheuse de l’Ecole polytechnique fédérale (EPF) de Zurich, les niveaux de bisphénol A (BPA) ingérés en moyenne par la population sont bel et bien inférieurs aux normes de l’Union européenne. Mais la chercheuse dénonce néanmoins le fait que l’on ne sait pas assez de choses sur les effets d’une exposition à long terme.

Le BPA se trouve dans les polycarbonates, un plastique transparent utilisé pour les biberons, les disques compact ou encore dans les revêtements internes des boîtes de conserve et des canettes de boisson. On l’associe, sans preuves jusqu’ici, à l’obésité, au cancer, à des problèmes thyroïdiens et à des déformations génitales, entre autres.

D’abord par la nourriture

«Le BPA est considéré comme ayant un impact sur le développement humain et est classé comme un produit chimique perturbant l’endocrine», explique l’étude zurichoise. Les enfants exposés seraient particulièrement en danger.

Se basant sur des études sur la manière dont le BPA se tapit dans les biberons et comparant avec les niveaux trouvés dans la nourriture des boîtes de conserve, dans l’air, la poussière et d’autres sources, Natalie von Götz en a conclu que la première source d’absorption était la nourriture.

«Avec des tomates en boîte, par exemple, nous avons mesuré la concentration de BPA dans les boîtes et l’avons multipliée par l’absorption standard par personne», explique Natalie von Götz.

Résultats: les bébés de six mois ont les niveaux d’exposition au BPA les plus élevés. «Ce n’est pas la première fois que l’on découvre que ce sont les petits enfants et les bébés qui ont les taux les plus élevés, précise la chercheuse. Par rapport à leur poids, leur ingestion est plus importante. Mais je n’aurais pas pensé que la différence serait si grande…», constate la chercheuse.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de limiter le BPA à 50 microgrammes par kilo de poids corporel et par jour, tout comme les autorités sanitaires américaines. Nathalie von Götz a trouvé des valeurs de «seulement» 0,8 microgramme par jour chez les tout petits.

«Il y a eu beaucoup d’études toxicologiques depuis que la limite a été posée, mais les études hormonales sont très difficiles à interpréter. C’est une des raisons qui ont conduit l’EFSA à ne pas tenir compte de ces études», explique la chercheuse de Zurich.

Pas de preuve

Les autorités suisses ont suivi leurs homologues européens avec une limite de 50 microgrammes. «Nous continuons à penser que l’estimation de l’EFSA est correcte», rétorque Otmar Zoller, de l’Office fédéral de la santé publique. Il n’existe aucune preuve d’effets à long terme sur les enfants.»

Le Canada a cependant décidé d’être beaucoup plus prudent. Il a cherché à restreindre les importations de biberons en plastique polycarbonate après que l’agence nationale de la santé eut, en 2008, classé le BPA parmi les substances nocives pour la santé humaine et pour l’environnement.

La Suisse ne songe pas à suivre cette voie. «Ce serait abuser du principe de précaution», affirme Otmar Zoller. «Et, ajoute-t-il, cela ne serait pas justifiable, car nous n’avons aucune donnée qui étaierait une telle décision.» L’OFSP conseille toutefois aux parents qui veulent réduire l’exposition au BPA d’opter pour des biberons en verre.

Divergences

Jusqu’ici, de nombreuses publications scientifiques se sont penchées sur la toxicité et les effets du BPA sur les hormones des animaux. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), «il y a des divergences considérables sur les résultats de ces études, que ce soit sur les effets observés ou sur les niveaux d’exposition.»

Une controverse a éclaté entre scientifiques. L’OMS et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture tiendront en octobre 2010, au Canada, une réunion d’experts sur le bisphénol A.

Même en cas d’interdiction globale, «il faudra probablement 20 ans, selon Otmar Zoller, pour débarrasser le marché des objets en polycarbonate, et encore plus longtemps pour que cette substance disparaisse de l’environnement.»

Clare O’Dea, swissinfo.ch
(Traduction de l’anglais: Ariane Gigon)

BISPHENOL A (BPA)

Le BPA est une substance chimique de synthèse qui entre dans la fabrication de nombreuses matières plastiques destinées au contact alimentaire.

II est un constituant des revêtements internes des boîtes de conserve et des canettes de boisson. On le retrouve aussi dans la production de certains biberons.

Quelque trois millions de tonnes sont produites dans le monde chaque année. Outre l’ingestion directe, le BPA est également ingéré par l’air, par l’eau et même des matériaux dentaires.

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