Thomas Scheibitz ou l'abstraction réinventée

Vue de l'exposition de Thomas Scheibitz, Centre d'Art Contemporain de Genève, 2003. Illmari Kalkkinen

Cinquante dessins et vingt huit sculptures de l'artiste allemand, né en 1968, sont exposés au Centre d'Art contemporain, à Genève.

Ce contenu a été publié le 28 avril 2004 - 15:45

Présentées pour la première fois en Suisse romande, ces réalisations entrecroisent les différents genres de l'art moderne.

«ABC I II III», les trois premières lettres de l'alphabet suivies des trois premiers chiffres: l'intitulé de l'exposition en dit long sur Thomas Scheibitz.

C'était comme si ce sculpteur allemand annonçait son intention de reprendre dès le début. Le début du 20e siècle qui donna naissance à l'art moderne, réinterprété au fil de 50 dessins et 28 sculptures de l'artiste.

Multiples filiations

De multiples filiations sont ici revendiquées par Scheibitz, dont l’œuvre se situe entre figuration et abstraction. Seulement notre homme a son propre style qu'il entend bien faire éclater.

Il lui est donc inutile d'imiter ses prédécesseurs. Il peut toujours les citer mais en compilant les formes (géométriques) de leurs oeuvres; en retravaillant aussi leurs couleurs et leurs tonalités. Puis en distillant le tout jusqu'à ce que seule demeure l'inspiration originale.

Et les inspirations sont nombreuses chez Scheibitz qui, de Exter à Picasso, en passant par Kandinsky et Malévitch, entrecroise les genres pour faire apparaître des structures végétales, animales ou minérales.

La frontière entre ces trois mondes demeure néanmoins vaporeuse. Un flou, sans doute intentionnel, flotte sur les réalisations de Scheibitz, qui demeurent sans appellations.

Libre donc au visiteur de les nommer comme il l'entend. D'y projeter aussi son imaginaire en voyant, par exemple, un oiseau dans une planche à la forme d'équerre ou un fossile dans une ouverture dentelée pratiquée au cœur d'un grand rectangle de bois.

Univers chamarré

Si les sculptures de Scheibitz relèvent de l'abstraction géométrique, ses dessins empruntent au cubisme son caractère anguleux. Dans tels cônes, carrés ou triangles, on croit reconnaître la griffe d'un Léger ou d'un Picasso.

Plus loin, on voit la palette d'un Kandinsky réinventée à travers quelques bâtonnets multicolores. Bref, tout un univers chamarré à découvrir au Centre d'Art Contemporain, à Genève, où Scheibitz, fils d'un tailleur de marbre, éduqué dans les écoles d'art de Berlin, est exposé jusqu'au 30 mai.

swissinfo, Ghania Adamo

Faits

«ABC I II III», exposition Thomas Scheibitz.
Lieu: Genève, Centre d'Art Contemporain
Date: jusqu'au 30 mai.

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