Un 1er août en avance à... Paris

L'ambassadeur de Suisse à Paris Ulrich Lehner et le président du Conseil d'Etat tessinois Marco Borradori au moment de chanter l'hymne national. swissinfo.ch

Dans la capitale française, cette année, le 1er août tombait... un 26 juillet. Plus de 400 suisses de la région et leurs amis se sont retrouvés, comme tous les ans, à la Fondation Suisse, le bâtiment construit par Le Corbusier au cœur de la cité universitaire.

Ce contenu a été publié le 31 juillet 2008 - 07:51

C'est un samedi après-midi assez chaud, un peu moite. La Cité internationale semble endormie. Au détour d'un virage, au bout du chemin, vous distinguez les drapeaux à croix blanche et les banderoles aux couleurs des cantons. Un peu plus près, on commence à entendre un accordéon. Encore un peu plus près, l'odeur de la raclette atteint vos narines. C'est bon, vous avez trouvé vos compatriotes.

Pas de doute: certains portent des foulards aux couleurs de la Suisse, d'autres des badges Pro Patria, ou encore la panoplie t-shirt - casquette rouges. Il y a même un original avec sa carte d'identité accrochée en broche. Pour la plupart, ces Suisses habitent en région parisienne mais certains sont venus de Marseille ou de Clermont-Ferrand.

«J'adore la fête nationale, c'est l'occasion de retrouver des amis qu'on ne voit qu'une fois par an», explique Nicole. «On vient tous les ans. Sauf si on est déjà en Suisse, bien sûr!», s'exclame Isabelle.

17 heures

Les appareils chauffent sans s'arrêter. Une raclette, deux raclettes, trois... 'servez-vous en cornichons et tomates'. Déjà une centaine de personnes occupent les longues tables installées sous l'auvent créé par l'architecture creuse du Corbusier.

Ce soir, ces invités feront disparaître15 kilos de viande séchée, 6 meules de fromage à raclette et 350 saucisses de veau. Le tout, directement importé de leur pays d'origine. Même la moutarde est helvétique: des bocaux de Thomy trônent fièrement sur le stand à saucisses. Il y a bien un intrus... le pain! Il vient de la célèbre boulangerie parisienne Poilâne: «Une manière d'associer nos amis français à notre fête nationale», explique-t-on malicieusement.

L'ambiance est détendue. Ulrich Lehner, l'ambassadeur de Suisse à Paris, se promène entre les tables, un petit appareil photo à la main, pour immortaliser sa deuxième fête nationale en France. Quelques adolescents discutent, en petit comité: «On a fait connaissance aujourd'hui. Mais ça fait longtemps que nos parents nous parlent l'un de l'autre», racontent Alexandre et Mélanie, Franco-suisse et Suisse-italienne.

Les présidents d'associations helvétiques en profitent pour faire leur marché. Simo s'est fait aborder par Martin Strebel: à la rentrée, il ira jouer au football avec l'Union Sportive Suisse. Gérard Solari, de Pro Ticino, sème le programme de son club sur les tables occupées par des tessinois.

18 heures trente

L'heure des choses sérieuses: les discours. Serge Lemeslif, le président de l'Union des Associations Suisses de France, et Ulrich Lehner laissent rapidement la place à l'invité d'honneur: le canton du Tessin. (Rien à voir avec l'origine tessinoise de son épouse, assure l'ambassadeur... même s'il admet avoir être sensibilisé à la cause des Italophones).

Face à un échantillon de la 5ème suisse, Marco Borradori, le président du Conseil d'Etat tessinois, adapte ses propos: il rappelle que c'est grâce aux suisses de l'étranger qu'est née l'institution de la fête nationale, du '1er août' en tant que fête annuelle de la Confédération Helvétique. En 1899. Les Suisses d'aujourd'hui se retrouvent grâce à eux...

Des feuilles de papier sont apparues comme par magie entre les mains de l'assistance. C'est l'hymne national. «Ah, celui-là je ne le connais pas», se désole un monsieur «mais l'ancien, celui qu'ils ont changé il y a 25 ans, je peux encore vous le réciter!» Le chœur se met en place, et c'est parti. On ne chante que la première strophe. Mais trois fois: pour les tessinois, les romands et les alémaniques.

20 heures

Les premiers arrivés ont cédé la place, le ventre plein. Moins de personnes âgées, moins d'enfants en bas âge: ils ont été remplacés par des jeunes. Des Suisses? Un ou deux. Et une coréenne, des français, des marocains, un guadeloupéen, un algérien... ce sont des habitants de la Cité internationale, attirés par l'odeur des saucisses. Ils s'installent sur l'herbe, avec une raclette, une bouteille de vin et une plaque de chocolat Lindt... «C'est sympa, ça fait rustique, un peu campagne avec cette musique traditionnelle.»

Les Suisses aussi apprécient ce mélange de populations : «L'année dernière, on avait passé plusieurs heures à discuter avec des étudiants colombiens et mexicains – je parle un peu espagnol», glisse avec un sourire l'une des habituées.

Mais un 1er août, on mange suisse, on parle suisse, on gagne suisse! «Le quatre-vingt-quatorze», appelle Serge Lemeslif. «Le nonante-quatre », le reprend quelqu'un. «Le nonante-quatre», reconnaît-il. Même pour les prix de la tombola, on sent percer une pointe de chauvinisme: «Quatre canettes de Rivella et un sac à dos», «Une glacière Rivella et un swiss memory».

Ah! si: entre la montre Tag Heuer et le Panettone, on offre «Une vérité qui dérange», le livre d'Al Gore. Mais qu'est ce qu'il vient faire là?

Silvio l'accordéoniste et Flavio le guitariste reprennent place au milieu de l'assemblée. Le bal s'ouvre. Ça tourne timidement. La majorité du public préfère s'offrir un biscuit amaretto en attendant le feu qui clora la soirée.

Il n'y aura eu ni marche aux lampions, ni de feux d'artifice mais les Suisses de France ont passé une bonne journée. Certains se réjouissent même de fêter le 1er août une deuxième fois... dans les prochains jours, de retour au pays.

swissinfo, Miyuki Droz Aramaki à Paris

Faits

En 2007, un Suisse sur dix vivait à l'étranger, soit plus de 668'000 personnes immatriculées.

La France accueille le plus gros contingent (176'723 personnes). Viennent ensuite l'Allemagne (75'008) et les Etats-Unis (73'978).

Près de 80% des Suisses qui vivent en France sont binationaux.

A l'inverse, environ 160'000 Français vivent en Suisse.

L'Union des Associations suisses de France (UASF) a été créée en 1958.

Elle rassemble aujourd'hui entre 85 et 90 organisations.

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La Pavillon suisse

Fondation Suisse, Cité internationale universitaire de Paris, 7k, boulevard Jourdan, 75014 Paris (Métro: Cité Universitaire)

Téléphone: (0)1.44.16.10.10.

6500 étudiants environ logent à la Cité universitaire, et 46 dans le Pavillon suisse.

Aux 'maisons d'étudiants' s'ajoutent des infrastructures communes – restaurant universitaire, piscine, tennis, théâtre, bibliothèque, banque...

Coût du logement au Pavillon suisse: 350 euros par mois (pour les moins de 30 ans), 430 euros (pour les plus de trente ans).

Durée maximale du séjour: 3 ans pour les étudiants, 2 ans pour les chercheurs.

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